La crainte du «Libye’s land» – Alger et Tunis multiplient les contacts

Les derniers développements survenus dans la région ont incité Alger et Tunis à intensifier leur coopération sur le plan sécuritaire. L’objectif principal étant d’éviter à tout prix l’instauration d’un «Libye’s land» sur un territoire tout proche.


Abla Chérif – Alger (Le Soir)

Si les échanges en matière politique demeurent à la traîne, notamment lorsqu’il s’agit du suivi des réunions de coordination des efforts diplomatiques pour la résolution du dossier libyen, la coopération en matière sécuritaire se fait extrêmement dense entre les deux pays.
A ce niveau, la lutte antiterroriste est une préoccupation première, essentielle même, et mobilise, depuis de longs mois, les services concernés, tout autant en Algérie qu’en Tunisie. Le principal du travail, apprend-on auprès de personnes bien au fait du travail qui se mène, s’effectue en matière d’échanges d’informations.
Ce travail a, d’ailleurs, permis d’établir une liste précise des groupes terroristes activant en territoire libyen et surtout susceptibles d’étendre leurs actions au-delà des frontières. Une situation qui mobilise, comme on le sait, au plus haut degré, les forces armées des deux pays.
Militaires algériens et tunisiens tentent en permanence d’éviter l’intrusion de groupes terroristes en provenance du territoire voisin. Pour ce, des embuscades sont fréquemment tendues dans les zones pouvant constituer des lieux de passage des terroristes. Quelques jours avant le Ramadhan, un communiqué du ministère de la Défense algérien annonçait que trois terroristes avaient été abattus dans la wilaya d’Illizi. Un accrochage avait eu lieu entre les forces de l’ANP et le groupe en question. Deux kalachnikovs, des chargeurs et 1 400 balles ont été récupérés.
Cette opération est intervenue moins de deux semaines après la mise hors d’état de nuire d’un autre groupe qui tentait de s’infiltrer dans la même zone, indiquait à ce moment la même source. Il faut, cependant, savoir que les tentatives d’intrusion des terroristes s’effectuent de manière beaucoup plus régulière sur la zone frontalière entre la Libye et la Tunisie.
Le voisin tunisien est d’ailleurs considéré comme étant «le maillon faible de la région», celui sur lequel les groupes armés libyens ont surtout jeté leur dévolu en raison de sa proximité avec la Libye. «Alger, affirment nos sources, est très préoccupée par la sécurité des installations gazières situées aux frontières algéro-libyennes, mais elle redoute aussi et surtout de voir son voisin tunisien plonger dans une situation d’instabilité sécuritaire. Imaginez un instant que des groupes de Daesh investissent les villes du Sud tunisien, ce serait une catastrophe et pour eux et pour nous. Un scénario de ce genre a déjà été tenté il y a plus d’une année lorsque des groupes terroristes ont tenté de s’accaparer d’une des villes du Sud heureusement que l’armée tunisienne a pu réagir de manière très rapide et très professionnelle. De ce fait, la concertation entre les services de sécurité des deux pays devient primordiale. Les intérêts sont partagés.»
Notre interlocuteur rappelle que l’Algérie a même accepté d’intervenir sur le sol tunisien à la demande des autorités de ce pays. «Cette concertation entre les deux pays est très importante, elle se poursuit tout en sachant qu’en Europe circule l’idée d’une nouvelle intervention occidentale destinée à empêcher Daesh d’étendre son territoire.»
Depuis peu, une autre idée circule : celle de la possibilité de mener des actions concertées pour limiter le champ d’action du groupe terroriste. Des actions terrestres mais aussi aériennes ne sont plus à écarter.
A. C.

Le Soir d’Algérie

 

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