Acculé, le Makhzen fait dans la tergiversation

Le régime marocain a toujours utilisé la question du Sahara Occidental comme soupape pour absorber la pression des revendications démocratiques au Maroc. Une méthode initiée par le Hassan II, le roi le plus sanguinaire dans l’histoire du Maroc qui avait menacé les rifains et les a appelé « aoubach » qui veut dire « racaille ».
Le fantôme des tueries de 1984 place sur le Maroc depuis le cruel assassinat du jeune Mohcine Fikri, mort broyé par une benne à ordures à Al Hoceima. 
Les événements de la région du Rif arrivent à un moment où le Makhzen tire les dernières cartouches dans sa quête de garder le phosphate du Sahara Occidental sous contrôle du Maroc. Le régime essaie de rappeler qu’il se bat contre les sahraouis en exhumant la question de la délimitation des eaux territoriaux avec l’Espagne, aux Iles Canaries. L’Espagne, étant toujours la cible des attaques de colère de Rabat contre l’Union Européenne.
Les assauts des subsahariens contre les grillages de Ceuta et Melilla se multiplient. Le Makhzen a ouvert le robinet et il n’a pas l’intention de le refermer tant que l’Europe lui tourne le dos dans la question des ressources naturelles du Sahara Occidental. D’ailleurs, le Parlement Européen vient de réitéré son attachement á « l’arrêt de la CJUE au sujet du Sahara occidental ». Une référence au jugement émis le 21 décembre par la Cour de justice européenne selon lequel « les accords d’association de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara ».
A Addis Abeba, le 29ème sommet de l’Union Africaine a adopté une résolution approuvant l’envoi d’une mission d’enquête sur les droits de l’homme aux territoires occupés de la RASD.
A New York, le sulfurant représentant du Maroc auprès de l’ONU tente d’exhumer une carte brûlée que Rabat utilisait pour attirer les faveurs des Nations Unies : la participation des militaires marocains dans les contingents des casques bleus. 
Au niveau intérieur, les caisses de l’Etat sont vides, les dettes accaparent plus de 80% de PIB du pays, les institutions financières internationales font pression, le Makhzen hésite entre dévaluer le dirham ou pas, la panique a déjà regagné les milieux financiers, des milliards en devise quittent le pays devant des perspectives très peu reluisantes. C’est dire que le pouvoir despotique du Maroc n’a jamais été aussi près de la fin.

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