Au Maroc, le pouvoir découvre l’existence d’une opinion publique

Selon Driss El Kanbouri, écrivain et analyste politique marocain, « la notion d’opinion publique n’était pas claire ».

« Malgré les échéances électorales, les discours populistes et les programmes des partis politiques, L’État et les partis ne donnaient aucune intérêt à l’opinion publique marocaine », a-t-il précisé dans une déclaration accordée à une émission de la chaîne de télévision allemande DW.

Au Maroc, le peuple est sorti à la rue pour exprimer sa colère et sa douleur. Il a réussi à transmettre son malaise aux politiciens et aux entreprises qui se trouvent derrière l’augmentation des prix. Une protestation pacifique, silencieuse qui s’est avérée beaucoup plus dangereuse que la protestation bruyante.

Incapable de mettre fin à cette protestation avec les outils classiques de la répression, le Makhzen s’est vu, du jour au lendemain, menacé par une nouvelle forme de résistance contre l’oligarchie et la prédation économique qui, probablement, renversera l’équilibre des forces.

Ainsi, selon El Kanbouri, « les politiciens, partis, syndicats et autres acteurs sociaux découvrent l’existence d’une opinion publique nationale capable d’évoluer pour devenir plus menaçante envers le régime ».

Soudain, le pouvoir se retrouve incapable d’imposer ses choix avec la violence dans une conjoncture économique difficile caractérisée par les mesures d’austérité imposées par le FMI que le citoyen lambda appelle « véritable ministère de l’économie au Maroc ». Une austérité qui devrait commencer par réduire les dépenses du gouvernement et imposer des mesures de lutte contre la malversation de l’argent publique, la corruption et l’enrichissement illicite.

 

Tags : Maroc, boycott, répression, opinion publique

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