Il avait osé inventer l’avenir : Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987

« Reconnaître notre présence au sein du Tiers Monde c’est, pour paraphraser José Marti, « affirmer que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde ». Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublé. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se soient revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles. »

Il y a 30 ans, jour pour jour, le capitaine Thomas Sankara était assassiné avec douze autres militants de la révolution burkinabé à Ouagadougou. Son assassin, Blaise Compaoré, resté au pouvoir 27 ans avant d’en être chassé par un soulèvement populaire, joua le rôle qui lui avait été assigné par les maîtres de l’empre françafricain : celui de successeur de Houphouët-Boigny comme gouverneur général et maître-artisan en coups tordus de toutes sortes – à commencer par les guerres civiles au Libéria, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire.
4 août 1983-15 octobre 1987 : ces 4 années révolutionnaires dans l’histoire de la haute-Volta rebaptisée Burkina Faso sont à classer dans la catégorie des « années qui bouleversèrent le monde ». Leur message commence à peine à être entendu aux quatre coins de l’Afrique et du monde, des Canaries au Chiapas, de l’Afrique du Sud au Mali.
Thomas Sankara avait à peine 37 ans à sa mort, partageant avec d’autres révolutionnaires le privilège de mourir avant l’âge de 40 ans, en plein processus révolutionnaire : Emiliano Zapata, Augusto César Sandino, Ernesto Che Guevara, Malcolm X.
Météore dans le ciel africain, il continue d’illuminer la nuit de l’oppression et de l’exploitation par de brèves fulgurances d’éclairs.

 

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