Comment Mounir Majidi s’est assuré le monopole de la publicité au Maroc

F.C COM a voulu le monopole et les officiels ont suivi, violation de la loi, passe-droits, marchés faussés, les autorités n’avaient rien à refuser au secrétaire particulier du roi Mohammed VI. Un scandaleux comportement qui a décrédibilisé tous le discours en vogue prétendant une nouvelle ère.

La publicité est un moyen de communication qui a pour principal but d’attirer l’attention du consommateur sur un produit ou un service. Elle est le fait de rendre public un produit. La publicité c’est aussi l’ensemble des moyens utilisés pour faire connaître au public un produit, une entreprise industrielle ou commerciale.

Au Maroc, depuis 1999, date de l’intronisation de Mohammed VI, c’est le boom et c’est normal pour un secteur en développement. D’ailleurs, F. Oualaâlou, à l’époque ministre de l’Economie et des finances avait déclaré : «l’avènement de l’affichage urbain renseigne sur la vitalité économique d’un pays».

F.C COM est une société appartenant à Mounir Majidi, connu pour ses relations. Son discours au départ était attirant. Il voulait, disait-il, faire de l’affichage une composante urbanistique. Cependant, il a surtout prouvé qu’il recherchait une situation de rente, au mépris de l’intérêt général et des intérêts privés de ses concurrents.

La majorité des responsables locaux ont cédé à des pressions. Majidi a eu ainsi hors marchés les emplacements qu’il voulait dans toutes les villes du Maroc. Il choisit les emplacements et fixe la quantité de panneaux de manière qui dépasse de loin ses possibilités, juste pour en priver ses concurrents. Déloyal ? Il y a pire. Une fois le seigneur servi, les roturiers doivent eux passer par les fourches caudines de l’appel d’offres pour se partager les miettes quand Majidi le rapace daigne en laisser. Pire, à Tanger, il s’est permis le luxe d’enlever certains panneaux de sociétés concurrentes pour les remplacer par les siens.

Les faits sont têtus

Dans beaucoup de villes, ce comportement a attiré l’attention de la presse et a donné lieu à des scandales, qui ne l’ont pas bousculé le moins du monde.

A Casablanca, au mépris des lois, il avait passé un accord avec la communauté urbaine. La seule commune qui avait réagi était celle du Maârif. Après un bras de fer homérique, il a été obligé de passer des contrats avec les communes et de reconsidérer les redevances ridicules que l’ex-patron de la C.U.C lui avait concédées.

A Rabat, l’ex-wali Guedira est intervenu personnellement, et avec insistance, auprès des présidents de Communes pour qu’ils autorisent le sieur M. Majidi à implanter des panneaux à sa guise à travers la capitale. Il est resté en situation monopolistique par le fait du Prince. Tous les observateurs s’accordaient à dire que son contrat n’était pas valable.

La commune d’Agdal avait mis deux ans pour organiser l’ouverture sur les autres concurrents. Majidi est monté sur ses chevaux pour demander aux autorités de démanteler les panneaux installés en vertu d’un contrat valable, dans les règles de l’art : ce qui n’est pas le cas de celui dont il se prévaut.

Le scandale d’Agadir est dans toutes les mémoires. Les élus d’Agadir ont décidé de faire un appel d’offres. Ils n’ont pas mené l’opération jusqu’au bout parce que le représentant du Wali de l’époque voulait déclarer F.C COM gagnante, sans même y mettre les formes. Les élus ont même élevé une vive protestation, une sorte de manifestation spontanée pour dénoncer le scandale.

A Fès, les élus ont appliqué la loi. Majidi n’ayant pas soumissionné à temps, ils l’ont exclu du marché. Ils ont subi des pressions énormes, mais ont tenu bon pour le respect de l’éthique.

Partout, dans toutes les villes qui l’intéressent, Mounir Majidi a transformé les autorités locales en supplétifs de son service commercial.

Même les établissements publics

On aurait pu imaginer que tout cela était le fait de responsables locaux, abusés par un homme bien en vue. Mais le mal est plus grave.

Il a obtenu, sur intervention du ministre des transports de l’époque, de l’ONDA un contrat d’exclusivité, ce qui est interdit pour un établissement public. L’entreprise qui était déjà sous contrat a été priée de plier bagages. Il avait réussi le monopole des aéroports et des environs pour une période de dix ans. El Biaz, à l’époque directeur général de l’ONDA, révélait à qui voulait l’entendre, qu’il ne pouvait que s’exécuter devant les instructions de ses supérieurs.

De la même manière, Majidi a obtenu le monopole pour 30 ans, sur les autoroutes, tenez-vous bien, existantes ou à construire. Ridicule, ne serait-ce que parce que l’évaluation du coût de la concession est impossible. Là aussi, c’est un ex-ministre de l’équipement qui a imposé le contrat léonin, au mépris de l’intérêt général.

L’ONCF a cédé gentiment ses gares, monopole assuré pour Majidi. Ni les contrôleurs financiers, ni les conseils d’administration de ces établissements n’ont contesté ces contrats oukase. Le pire c’est que tout le monde se cachait derrière la même litanie. L’activité étant nouvelle, il y avait un vide juridique qui permettait ces dépassements. Sauf qu’ils ne profitent qu’au même ogre et que ce n’est pas n’importe qui.

Obligation éthique

Le cas Majidi est devenu un problème politique le jour où Mounir Majidi a été nommé à la tête de Siger, la société appartenant à la famille Royale. Cet honneur, cette position devraient le pousser à l’exemplarité. Telle la femme de César, il n’a même plus le droit d’être soupçonné.

La nouvelle ère était porteuse d’un espoir: celui du règne de l’équité. Le premier discours du Trône a été clair, il prônait l’enterrement de l’économie de rente. Or comment peut-on qualifier toutes les largesses dont a bénéficié Mounir Majidi ?

En tant que citoyen, il a bien évidemment le droit de faire des affaires. Mais, il a aussi les mêmes devoirs de transparence, d’éthique. Il doit être placé sur le même pied d’égalité que ses concurrents.

Or ceux-ci ne dénoncent pas seulement les passe-droits à l’affectation des emplacements. Ils attribuent aux employés de F.C COM plusieurs détériorations de matériel et un comportement au-dessus des lois. L’un de ses concurrents, ulcéré, a même lâché : “ même du temps d’Oufkir, on n’a jamais vu un phénomène pareil ”. C’est dire si le phénomène Majidi est coûteux politiquement.

Le pire c’est que Majidi se comporte en véritable prédateur. Il ne lui suffit pas d’user de passe-droits pour assurer le développement de son entreprise et de sa fortune personnelle, mais il utilise tout son entregent pour “ tuer ” ses concurrents. Or, ceux-ci sont des promoteurs qui ont investi, et qui emploient des gens. Son attitude dans le contexte actuel participe du mouvement de démobilisation des investisseurs. Comment faire confiance à un Etat où prolifèrent encore des prédateurs voraces, sans foi ni loi, avec le soutien des autorités ? Restaurer la confiance des investisseurs exige la fin des situations de rente. Celle de Majidi est encore plus scandaleuse, il y va de l’avenir du pays d’y mettre fin.

C’est ainsi qu’il a transformé sa société FC COM en unique agence de publicité pour devenir une arme utilisée par le Makhzen pour museler la presse. Elle a servi de potence pour l’exécution de plusieurs journaux indépendants : Le Journal, Le Journal Hebdomadaire, Demain, Tel Quel, Lakome, Nichane…

Le peuple marocain, conscient de la réalité de la situation politique et économique, n’a pas hésité, lors du Printemps Marocain de 2011, à demander à Majidi de dégager. A côté de Fouad Ali El Himma.

Mohammed VI, faisant fi des revendications de son « cher peuple » continue de garder ses deux fiels serviteurs. L’un devenu magnat de l’économie, l’autre de la politique.

 

Tags  : Maroc, Makhzen, Mounir Majidi, publicité, rente, monopole, presse, répression

One Comment

  1. MONEY’R ALFASSIDI C’EST UN RAT À EXTERMINER ,COMME SON MAITRE ESCROC D’AILLEURS ,ILS VONT LENTEMENT MAIS SÛREMENT EN DIRECTION DES GIBETS,CHAQUE HEURE QUI PASSE EST UN PAS DE PLUS VERS CETTE CONCLUSION TANT MÈRITÈE ET ATTENDUE AVEC IMPATIENCE DE LA PART D’UN PEUPLE QU’EST AU BOUT DU ROULEAU.
    https://www.republiquedumaroc.com/aujourdhui

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