Coup d’Etat manqué en Guinée Equatoriale: Le président Obiang Nguema accuse la France et le Tchad

Le président Obiang Nguema accuse la France et le Tchad mais magnifie le soutien de Paul Biya: «Le financement venait de certaines personnalités de la France… J’ai informé le président Biya on a pris des actions conjointes»

Dans une interview accordée à RFI et France 24 et diffusée par RFI ce 17 janvier 2018, le Chef de l’Etat équato-guinéen affirme que des personnalités françaises ont soutenu financièrement le groupe de mercenaires qui a tenté de prendre le pouvoir par les armes fin décembre 2017. Teodoro Obiang Nguema lance également des piques au Tchad.

Question : Selon la version officielle, à la fin du mois de décembre, un commando armé venu du Cameroun a tenté de pénétrer en Guinée-Equatoriale. Mais certains ont émis de sérieux doutes sur cette version. Alors, a-t-on vraiment tenté de vous attaquer dans votre palais de Mongomo ?

Question : Eh bien merci beaucoup pour votre présence. Surtout au moment où nous sommes inquiets pour une situation d’insécurité dans notre pays. Un groupe de terroristes de nationalités tchadiennes et centrafricaines, notamment Seleka aujourd’hui converti à un groupe terroriste avec un groupe de soudanais, préparaient (le coup d’Etat) avec certaines personnalités en France. Le problème a commencé en France, le financement vient de certaines personnalités pour recruter des mercenaires dans les pays que je viens de citer. Mais c’est lui (le commando) qui a commencé les factions depuis la frontière tchadienne avec la Guinée Equatoriale, plus de 1000 km, pour arriver jusqu’à la frontière. Certains groupes avaient passé la frontière clandestinement avec l’implication de certains citoyens de Guinée Equatoriale. Derrière, j’ai pris la décision d’informer le Président Biya. On a pris une action conjointe pour commencer à arrêter ces mercenaires. C’est comme cela qu’on a fait échouer cette « opération mercenaires ».

Question : Vous avez parlé de la France. Vous dites que l’action a été déclenchée depuis la France. Qu’est-ce ça veut dire, pouvez-vous être plus précis ?

Obiang Nguema : Je ne suis en ce moment, en mesure de citer des personnes. Je demande la collaboration du gouvernement français pour faire l’enquête. Les éléments que j’ai en ce moment, c’est que le financement venait de certaines personnalités de la France.

Question : Autre piste, celle du Tchad, le chef présumé du commando, Mahamat Kodo Bani, aurait été membre, il y a 15 ans, de la garde présidentielle tchadienne. Par ailleurs, votre ambassadeur au Tchad serait rentré en Guinée Equatoriale juste avant Noël et cela sans vous prévenir – il est aujourd’hui en prison- Est-ce que selon vous, les autorités tchadiennes sont impliquées dans cette affaire ou est-ce qu’elles sont totalement étrangères à tout cela ?

Obiang Nguema : je pense que l’enquête va révéler quelles sont les implications des personnes, des institutions, de certains organismes terroristes. Je sais qu’il y a certains agents qui ont commencé à recruter certains mercenaires depuis le Tchad et la Centrafrique. J’avais même prévenu le Président Touadera et il m’avait répondu qu’il n’a pas la possibilité de contrôler leur territoire. Mais ce que je ne pouvais savoir, c’est quand on avait recruté des terroristes et mercenaires du Tchad. C’est le problème au sujet duquel je dois demander la collaboration du gouvernement tchadien de voir  comment a pu recruter des terroristes et mercenaires dans leur territoire ?

Question : Est-ce que vous soupçonnez Idriss Deby d’avoir su certaines choses et de ne les avoir pas arrêtées à temps ?

Obiang Nguema : Je ne peux pas donner la réponse. Je n’ai pas la réponse parce que je sais que le recrutement a été dans le territoire tchadien. C’est mon souci. Parce que dans mon pays, je contrôle tous les éléments.

Par Africa24monde

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