Des pâtes pour le roi du Maroc

Des pâtes pour un roi

Étrangement, les journaux français parlent assez peu du roi du Maroc actuel, Mohammed VI, alors qu’ils traitaient souvent des aventures de son père, Hassan II. Sans doute parce que le Maroc est plutôt en froid avec la France, et que le roi, se désintéressant de la politique, a fait de son pays une nation qui n’a plus aucun poids international.

Or Mohammed VI est un personnage assez curieux, n’ayant plus grand-chose de commun avec le prince héritier qu’il fut du vivant de son père : courtois, prévenant… et malheureux de vivre sous la coupe d’un père tyrannique et qui le méprisait. Débarrassé de son géniteur, M6 (c’est son surnom) a plutôt bien commencé, nettoyant son pays d’une dictature atroce et limogeant très vite l’âme damnée de celui-ci, le ministre de l’Intérieur, Driss Basri, qui dut s’exiler à Paris.

Mais cela ne dura pas, car M6 est tombé… dans l’affairisme le plus vulgaire, et ne fait pas son travail de roi : il ne réunit jamais le Conseil des ministres, ne parle à personne en dehors de ses anciens camarades de classe devenus ses intermédiaires obligés, n’a jamais fait de conférence de presse, jamais reçu un journaliste, passe le plus clair de sa vie en voyages très coûteux, et ne songe qu’à grossir sa fortune personnelle, déjà prodigieuse : 2,5 milliards de dollars en 2009, six fois plus que l’émir du Qatar, qui vit pourtant sur un océan de pétrole (il a retenu, dit-on, la part d’héritage de ses frère et sœurs, qui n’en ont jamais vu la couleur !).

Et puis, il est devenu brutal et grossier : il frappe son entourage (deux fois, devant témoins, il a battu son secrétaire particulier et homme de confiance, Mounir Majidi, et lui a craché dessus) ; croisant son cousin Hicham qu’il déteste parce que c’est un homme de gauche – qui a préféré vivre à l’étranger et qui ne lui parle plus depuis dix ans –, il lui a fait un bras d’honneur ; et il exige les plus grands égards, puisque même les membres de sa famille sont obligés de l’appeler « Majesté », détail, soit dit en passant, qui en dit long sur sa connaissance de la langue française, car c’est une hérésie sémantique.

Une seule personne est dispensée de cette formalité, et c’est… Johnny Hallyday ! Le roi est dingue du chanteur. Au point qu’un soir, invité à dîner chez lui à Paris, il s’entend dire par Johnny : « C’est sympa, cette soirée. Dommage qu’il faille vous dire “Majesté” », à quoi le royal personnage répondit « Mais vous, Johnny, vous pouvez me tutoyer ! ». Si bien que, quelques instants plus tard, Johnny, toujours nature, lui demanda « Tu veux encore des pâtes, Majesté ? ».

Je l’adore, ce Johnny. Dommage qu’il chante.

Source : Yves André Samère

Publié le 

Tags : Maroc, Mohammed VI, Johnny Hallyday

2 Comments

  1. Pour moi je voix que Mohamed 6 est par ordre social et historique de la hiérarchie de la monarchie de la noblesse allawite,n’est ni un malik(roi) comme Mohamed 5(par exemple),ni comme un sultan(l’autoritaire) comme moulay Ismaïl(comme exemple)

  2. « C’est sympa, cette soirée. Dommage qu’il faille vous dire “Majesté” », à quoi le royal personnage répondit « Mais vous, Johnny, vous pouvez me tutoyer ! ». Si bien que, quelques instants plus tard, Johnny, toujours nature, lui demanda « Tu veux encore des pâtes, Majesté ? ».

    C’est vrai cette histoire avec Johnny. Je l’ai déjà lue comme beaucoup de monde, il y a plusieurs années.
    Ô tristesse….Ô consternation !
    Il est dingue du chanteur, dit l’article.
    Si dingue qu’il lui permet de se foutre ouvertement de sa gueule d’homonarque, chose qu’il aurait fait condamner par de la prison, si chuchotée par l’un de ce qu’il considère comme ses ‘Sujets’ marocains. (Lorsqu’un maniaque considère qu’un homme est Un ‘ Sujet’, et Son ‘Sujet’ de surcroit, alors il n’y a pas de limite à sa démence)
    Un pochard inculte comme Johnny, connu dans son milieu pour être épais et trivial, fuyant les rencontres publiques parce qu’il n’avait pas grand-chose à dire, et dès qu’il ouvrait la bouche c’était pour vociférer dans un micro ou pour faire rire de lui. Il était la coqueluche du non moins inculte et pitoyable auto-proclamé ‘commandeur des croyants’ أميرالمؤمنين….
    Johnny était son idole !..
    Rions plutôt …..pour évacuer la rage.

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