Maroc-France, Sahara Occidental

Éconduit par Donal Trump : La gratitude de Mohammed VI à Hollande

par Mokhtar Bendib

Le Courrier d’Algérie, 03/05/2017

Éconduit par le président américain Donald Trump, après avoir longtemps attendu, sous couvert de vacances à Miami et après un détour par Cuba, Mohammed VI a fini, et là aussi après une semaine de négociations, a être reçu hier mardi par le président François Hollande à l’Élysée, pour un entretien et un «déjeuner privé».
Mohammed VI a sans doute tenu à rencontrer François Hollande pour lui faire part de sa gratitude pour le soutien sans faille de la France et de la diplomatie française à la politique coloniale marocaine du Sahara occidental. Cette rencontre avec le chef d’État français, qui achève un mandat sans éclat, devrait permettre au souverain marocain de s’assurer de la permanence du soutien de Paris à la politique coloniale de Rabat au Sahara occidental, et ce, quel que soit le nouveau locataire de l’Élysée. Elle sera sans doute aussi l’occasion de s’en prendre à l’Algérie auprès de Hollande qui se veut, à tort, le mentor du vainqueur potentiel de la Présidentielle française, Emmanuel Macron.
Ainsi, et à l’issue de l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité, le 28 avril 2017, d’une Résolution prorogeant d’un an le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), l’inénarrable représentant du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, s’est livré avec son ton fielleux habituel à une attaque en règle contre l’Algérie.
Dans une litanie de contre-vérités, de contradictions, d’injures et de formules vaseuses et ubuesques, ce serviteur servile et zélé du Makhzen, agent sans foi ni loi, connu pour son comportement de mercenaire et ses pratiques de voyou intimidant et corrupteur, comme le révèlent les câbles fuités par le célèbre hacker «Chris Coleman», a fait un show minable en égrainant une série de griefs à l’endroit du Polisario et, en particulier, de l’Algérie, en présentant son pays comme un modèle de « démocratie ».
Cet «ambassadeur» qui ne s’attendait pas à une question de la correspondante de l’APS qui l’interrogeait sur la situation insurrectionnelle au Rif sur fond de mal-vivre et de répression policière, et dont la spécialité première est d’altérer la vérité (y compris dans les notes qu’il adresse à sa hiérarchie), quand il ne reprend les éléments de langage de son homologue français a voulu présenter son pays comme un «modèle de démocratie». Il a omis de citer la répression sanglante qui s’abat sur les populations du Rif et l’épisode horrible du marchand de poisson broyé par une benne à ordures sur ordre d’un représentant de l’ordre marocain. Pour rappel, le Maroc a pu compter sur le précieux soutien de la France et de l’Espagne, membres influents du «Groupe des amis du Sahara occidental», qui prend traditionnellement l’initiative de présenter, avec les autres membres du Groupe (États-Unis, Russie, Chine et Royaume-Uni), au reste des membres du Conseil de sécurité, un projet de résolution sur le Sahara occidental, avec pour consigne implicite de ne pas le modifier. Ces deux alliés inconditionnels du Maroc ont de par le passé ferraillé dur pour empêcher l’inclusion dans la Résolution du Conseil d’un appel à la mise en place d’un mécanisme de monitoring des droits de l’Homme et pour biffer toute formule de condamnation suite à l’expulsion par le Maroc de la composante civile de la Minurso.
La probable élection d’Emmanuel Macron, qui a faussé tous les pronostics, peut-elle pousser à un changement de la position inconditionnelle de la France à l’égard du Maroc ? Rien n’est moins sûr, tant le lobby israélo-marocain est très présent dans l’entourage de Macron, sans parler de ces soutiens médiatiques et des patrons de presse, natifs du Maroc ou y vivant l’année.
Mokhtar Bendib    

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