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Entretien avec Christopher Ross كريستوفر روس في حوار

Source : Centre d’Actualités de l’ONU

Entretien avec Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental

3 février 2012 – En janvier 2009, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a nommé Christopher Ross comme Envoyé personnel au Sahara occidental, un territoire disputé depuis des décennies. Des combats y ont éclaté en 1976 entre les forces marocaines et le Front Polisario suite au retrait de l’administration coloniale espagnole. La violence a rapidement poussé des centaines de milliers de Sahraouis à fuir en Algérie voisine, où ils se trouvent encore à ce jour.

Des décennies plus tard, il n’y a plus de violence mais les deux protagonistes sont toujours opposés malgré la poursuite de pourparlers sous l’égide de l’ONU. Alors que le Maroc soutien une autonomie pour les Sahraouis, le Front Polisario insiste sur le fait que le statut final du territoire doit être déterminé par un référendum sur la question de l’indépendance.

M. Ross, qui est un ancien diplomate américain avec une longue carrière derrière lui, déclare dans l’entretien qu’il est grand temps de mettre un terme au conflit au Sahara occidental et à la tragédie humaine qu’il a engendré.

Centre d’actualités de l’ONU : Pouvez-vous nous expliquer ce conflit au Sahara occidental?

Christopher Ross : Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole, qui a environ la même superficie que la Grande Bretagne mais avec une population de quelques centaines de milliers de personnes. Son statut juridique a fait l’objet de différends bien avant le retrait des Espagnols en 1975-76. Les parties prenantes à ce différend sont actuellement le Royaume du Maroc et le Front Polisario. Le Maroc, qui contrôle la plus grande partie du Sahara occidental depuis les années 1970, affirme que le Sahara occidental doit devenir une région autonome du Maroc sur la base de négociations avec le Front Polisario et un référendum oui/non.

Le Front Polisario, de son côté, affirme que le peuple sahraoui doit être libre de choisir librement son propre avenir grâce à un référendum qui inclut l’option de l’indépendance. De 1975 à 1991, il y a eu des affrontements entre les deux parties, mais en 1991 un cessez-le-feu a été mis en œuvre grâce aux efforts menés par l’ONU. Même s’il n’y a plus de combats ouverts, la situation demeure tendue et dangereuse. L’ONU continue d’œuvrer pour trouver une solution définitive et pour améliorer les conditions de vie des gens qui ont été affectés de façon tragique par le conflit.

Centre d’actualités de l’ONU : Que fait l’ONU?

Christopher Ross : Depuis le milieu des années 1980, l’ONU a adopté deux approches différentes concernant ce conflit, suivant l’orientation décidée par le Conseil de sécurité. La première approche, qui a duré jusqu’en 2004, était basée sur plusieurs plans de règlement du conflit qui ont été soumis aux parties prenantes. Aucun de ces plans n’a fonctionné. Ils appellent tous à un référendum mais les parties prenantes ne se sont jamais mises d’accord sur les personnes ayant le droit de prendre part au vote. En 2004, une seconde phase a commencé et elle continue à ce jour. Cette approche se base sur des négociations directes entre les parties prenantes. Chaque année, le Conseil de sécurité émet des résolutions appelant les parties prenantes à obtenir, je cite, « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Pour aider les parties prenantes à réaliser des progrès, le Secrétaire général a nommé un Envoyé personnel qui sert de médiateur et de facilitateur.

Donc, pour résumer, le Conseil de sécurité attend maintenant des parties prenantes qu’elles négocient une solution politique avec l’aide de l’ONU, des pays voisins et de la communauté internationale au lieu de simplement réagir à des propositions formulées par d’autres.

Dans le contexte de cette nouvelle phase, les deux parties prenantes avaient présenté leurs propositions de résolution du conflit au Conseil de sécurité en avril 2007 et depuis lors, ces propositions ont servi de base pour les discussions. Je précise que ces efforts politiques pour arriver à une résolution ne sont pas les seuls exemples d’engagement de l’ONU. Le système des Nations Unies a été activement engagé sur plusieurs fronts. Il a apporté un soutien vital aux milliers de réfugiés qui se sont réfugiés en Algérie pour échapper aux combats entre le Maroc et le Front Polisario dans les années 1970.

L’ONU a travaillé pour mettre en œuvre des mesures de renforcement de la confiance pour faciliter le retour des réfugiés une fois un accord conclu. L’ONU a également maintenu une petite force dans le Sahara occidental connu sous le nom de MINURSO, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Enfin, l’ONU s’est intéressée de plus en plus aux droits de l’homme puisque les parties prenantes au conflit s’accusent mutuellement de ne pas respecter ces droits.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle est la dimension humaine de ce conflit?

Christopher Ross : Malheureusement, les crises urgentes à travers le monde et l’absence d’urgence au Sahara occidental font que ce conflit est privé de l’attention qu’il mérite de la communauté internationale. Un règlement du conflit se fait en effet attendre. Mon premier objectif est d’assurer le retour en toute sécurité des réfugiés sahraouis en Algérie dans leurs foyers. J’ai visité les camps de réfugiés pour la première fois dans les années 1970. J’y suis retourné en 2009 et j’ai découvert avec consternation que pas grand chose n’a changé.

Il est à mon avis inacceptable que ces réfugiés vivent dans des conditions misérables depuis 37 ans à cause d’un différend politique pour lequel les protagonistes se sont livrés à des batailles sans fin sur le terrain, à la table des négociations et dans les forums internationaux. Je pense que nous ne devons jamais perdre de vue les gens qui se retrouvent coincés entre les parties prenantes à ce conflit.

Centre d’actualités de l’ONU : Pourquoi le conflit est-il si difficile à résoudre? Pourquoi cela prend-il si longtemps?

Christopher Ross : Essentiellement, les deux parties prenantes ont maintenu leurs positions qui sont mutuellement exclusives et aucune d’entre elles n’est disposée à céder. Le Front Polisario continue d’affirmer que le statut final du Sahara occidental doit être décidé par son peuple, le Maroc continue d’insister que la seule solution possible est une forme d’autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Conseil de sécurité a encouragé les protagonistes à négocier mais s’est abstenu de vouloir imposer une solution. Donc, chacun est libre de rejeter les propositions de l’autre. Les parties prenantes sont chacune convaincue du bien fondé de leur position autant d’un point de vue historique que juridique et chacun bénéficie d’un soutien important aux niveaux national et international. Ils maintiennent donc leurs positions sans chercher à engager un processus réel de négociations.

Centre d’actualités de l’ONU : Que pouvez-vous faire en tant que médiateur de l’ONU pour faire avancer le processus?

Christopher Ross : Mon rôle d’Envoyé personnel du Secrétaire général est de promouvoir une solution en apportant un cadre pour le dialogue et ensuite en encourageant de réelles négociations sans prendre position sur la substance. Je ne peux pas imposer une solution, les parties prenantes doivent elles-mêmes y arriver avec mon aide et l’aide d’autres acteurs.

Quand j’ai pris mes fonctions, nous avons mis fin aux négociations formelles qui se faisaient entre de grandes délégations. Nous avons préféré des pourparlers informels entre délégations plus restreintes. Nous avons fait ce choix car les négociations formelles n’avaient abouti à rien, à part des polémiques. Nous étions déterminés à créer une atmosphère respectueuse dans laquelle les négociations seraient plus fluides et plus propices au dialogue.

Cet effort a abouti mais il a été insuffisant pour sortir de l’impasse et les deux parties prenantes étaient incapables de dépasser leurs propositions initiales. Donc, plus récemment nous avons tenté de diviser ces propositions en thèmes spécifiques que les protagonistes peuvent discuter sans inquiétude pour le statut final. Ils ont convenu de commencer par la question de la gestion ressources naturelles et du déminage avant de s’attaquer à d’autres questions. C’est encore trop tôt pour dire si cette tactique permettra d’avancer sur les questions centrales.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelles seraient les conséquences s’ils ne parviennent pas à trouver une solution politique ?

Christopher Ross : L’absence de solution augmente les risques et le coût pour les parties prenantes, pour la région du Maghreb et pour la communauté internationale.

Parmi les risques pour les parties prenantes se trouvent celui d’un regain des hostilités militaires, l’éclatement de soulèvements populaires, et le risque de recrutement de jeunes Sahraouis désabusés et au chômage dans les rangs de groupes terroristes ou criminels. L’absence de solution entraînera aussi des souffrances pour les réfugiés, entraînera des questions croissantes sur les droits de l’homme, imposera le maintien d’une importante présence militaire à grands frais et empêchera l’utilisation des ressources naturelles du Sahara occidental. Au niveau régional et pour la communauté internationale il y a le risque d’une escalade militaire et d’une recrudescence des activités terroristes et criminelles. Là aussi, il y aurait des coûts, dont l’incapacité à récolter les fruits d’une plus grande intégration économique et l’absence de coordination dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité, qui a grandi depuis la chute du régime Qadhafi en Libye et la dispersion des armes et des combattants dans l’ensemble de la région du Sahel.

Centre d’actualités de l’ONU : Pensez-vous qu’une solution puisse être trouvée ?

Christopher Ross : Il y a ceux qui pensent que le conflit au Sahara occidental n’est pas mûr pour l’instant pour un règlement en des termes acceptables pour les parties prenantes et pour la communauté internationale. Il est cependant clair qu’une solution est nécessaire si la région du Maghreb doit se développer pour relever les défis du 21ème siècle. Il est possible que les évènements récents puissent encourager les parties prenantes à entamer des négociations plus sérieuses. Nous avons vécu le printemps arabe, nous avons vu des signes de désaffection grandissante parmi les jeunes et nous avons relevé un désir de raviver le mouvement pour l’unité du Maghreb. Nous avons aussi vu une prise de conscience plus forte concernant la menace terroriste. Ces éléments pourraient pousser les parties prenantes à un engagement plus solide et cela pourrait aussi pousser les acteurs régionaux et internationaux à s’engager davantage à la recherche d’une solution.

Pour notre part, nous allons continuer nos efforts pour promouvoir un processus de négociation réel. La prochaine rencontre entre les parties prenantes est prévue pour février et elle aura lieu à Greentree, Long Island, près de New York.

Centre d’actualités de l’ONU : La communauté internationale peut-elle aider ?

Christopher Ross : Oui, je pense qu’il y a des choses qui doivent être dites non seulement aux parties prenantes, mais aussi aux pays voisins et à la communauté internationale. En ce qui concerne les protagonistes, nous espérons voir un engagement plus solide sur les sujets centraux concernant le statut futur du Sahara occidental dans l’année à venir. Il ne suffit pas de parler sur la base de positions figées. La solution doit refléter une volonté politique et des initiatives concrètes. Nous espérons également que les gens du Sahara occidental qui se trouvent sur le territoire ou dans des camps de réfugiés puissent bénéficier pleinement des droits de l’homme y compris la liberté d’expression sur leur avenir et que leur opinion soit prise en compte dans les négociations.

Pour les Etats du Maghreb et pour la communauté internationale, nous espérons qu’ils verront avec plus de clarté qu’auparavant les bénéfices d’un soutien actif à la recherche d’une solution acceptable pour tous.

Après 37 ans, il est grand temps de mettre un terme au conflit du Sahara occidental et à la tragédie humaine qu’il a engendré.

 

كريستوفر روس في حوار وثيقة: لا يمكن استمرار التفاوض على أساس مواقف جامدة

الاثنين, 09 أيلول/سبتمبر 2013 13:26 

ترجمة: موقع « لكم. كوم »

في الوقت الذي تتداول فيه مصادر إعلامية الحديث عن وجود صعوبات في المفاوضات التي يديرها كريستوفر روس، المبعوث الشخصي للأمين للأمم المتحدة، المكلف بقضية الصحراء، ينشر موقع « لكم. كوم » نص حوار- وثيقة مع المبعوث الأممي سبق أن أجري معه مطلع عام 2012، ولم يسبق له أن نشر في أية وسيلة إعلام، كما أنها المرة الأولى التي يترجم فيها إلى العربية، وفيه يطرح كريستوفر روس وجهة نظر من الصراع: كيف وجده، مقاربته لإدارة التفاوض، رؤيته للمستقبل.

وبالرغم من مضي سنة وثمانية أشهر على الحوار الذي أجري يوم 25 يناير من عام 2012 (نص الحوار موجود بالموقع الإعلامي للأمم المتحدة) فإنه ما زال يمتلك راهنيته السياسية، سيما انه تنبأ بما يقع في دول جنوب الصحراء والساحل. لكن الميزة الكبرى للحوار هي أنه يضع قضية الصحراء في مسارها الحقيقي بعيدا عن الآراء والآراء المضادة … ولا شك أن القارئ المتابع للملابسات السياسية والدبلوماسية للملف تجعله يقف على صلب الخلاف والمؤشرات الحقيقية للتسوية السياسية العادلة.

سياق إعادة نشر هذا الحوار يأتي في الوقت الذي تسربت فيه أنباء عن كون الأمم المتحدة تدرس صيغة جديدة لتحريك مفاوضات السلام للبحث عن حل لنزاع الصحراء، وقد تكون بتولي أو مشاركة الأمين العام لهذه المنظمة بان كيمون جلسة المفاوضات المقبلة، وذلك بعدما يروج حول فشل مبعوثه الشخصي في النزاع كريستوفر روس الجمع بين الأطراف المعنية بالنزاع والخوف من انفلاته من السيطرة السياسية إلى المسلح.

وفيما يلي نص الحوار الوثيقة:

 ما هي بنظركم أسباب الخلاف في إقليم الصحراء الغربية؟

كما تعلمون، فإن الصحراء الغربية – التي تقارب مساحتها مساحة بريطانيا العظمى وتتوفر على سكان لا يتراوح عددهم بعض مئات الآلاف من السكان – كانت في السابق مستعمرة إسبانية. أما وضعها القانوني فقد ظل مثار خلاف حتى قبل الانسحاب الإسباني في العام 1975/1976. وأن طرفي النزاع في هذا الصراع هما المملكة المغربية وجبهة البوليساريو. فالمغرب الذي سيطر على أغلب أراضي الصحراء الغربية منذ 1970 يشدد عل أن الصحراء الغربية يجب أن تحظى باستقلال ذاتي تحت إمرة السلطة المغربية وخلال المفاوضات مع البوليساريو كان يعتمد صيغة نعم/ لا للاستفتاء.

أما بالنسبة للبوليساريو فإنها تشدد على أن شعب الصحراء الغربية يجب أن يمنح حرية اختيار مستقبله الخاص عبر استفتاء يتضمن من بين ما يتضمن خيار الاستقلال. فمنذ 1975 إلى 1991 كانت هناك مواجهات مسلحة مفتوحة وقوية بين الطرفيين. لكن في عام 1991 تم التوصل إلى اتفاق لوقف إطلاق النار بين الطرفين ضمن جهود الأمم المتحدة الرامية للتوصل إلى حل لهذه القضية. لكن يجب التذكير هنا أنه في الوقت الذي لم يعد الأمر يتعلق بحرب مسلحة فإننا مازلنا نواجه مرحلة تتسم بكثير من القلق والخطورة. فالأمم المتحدة تواصل جهودها لحث الطرفيين للتوصل لاتفاق والعمل على تحسين أوضاع الناس الذين تضررت حياتهم بهذه الوضع المأساوي.

– إذن، ماذا يمكن للأمم المتحدة أن تقوم به في هذا الباب؟

– منذ منتصف 1980 اعتمدت الأمم المتحدة تحت وصاية مجلس الأمن مقاربتين مختلفتين لهذا الصراع . المقاربة الأولى والتي استمرت لغاية متم 2004 كانت تقوم على مجموعة اتفاقات إطار تم وضعها أمام الطرفين للمصادقة عليها. لكن كل هذه الاتفاقات الإطار لم تحقق ما كان مرجوا منها. فكل الاتفاقات كانت تدعو لاعتماد الاستفتاء كحل . لكن طرفي النزاع لم يتوصلا قط إلى اتفاق لمن له الصفة القانونية للتصويت في هذا الاستفتاء .وفي العام 2004 تم اعتماد مرحلة ثانية ، وهي المقاربة التي مازالت مستمرة حتى يومنا هذا، وتقوم على مفاوضات مباشرة بين الطرفين. وكان مجلس الأمن في قراراته السنوية يدعو الأطراف إلى التوصل الى ما أسماه بـ « الحل السياسي الدائم والمقبول من الطرفيين لتمكين شعب الصحراء الغربية من تقرير مصيره » وقد عين الأمين العام للأمم المتحدة ممثلا شخصيا ووسيطا لتحقيق نوع من التقدم وتدليل الخلافات بين الطرفين.

وباختصار، فإن مجلس الأمن ينتظر اليوم من طرفي النزاع وبمساعدة دول الجوار والمجتمع الدولي أن يتم التفاوض حول حل سياسي بمساعد الأمم المتحدة وذلك بدل تقديم ردود فعال تجاه اتفاقات الإطار السابقة.

وضمن سياق هذه المرحلة الجديدة وفي أبريل من عام 2007، قدم الطرفان لمجلس الأمن مقترحاتهم من أجل التوصل إلى حل للصراع . وعلى ضوئها تم اعتماد أساس المباحثات . وتجدر الإشارة هنا إلى أن هذه الجهود السياسية لدعم التوصل إلى اتفاق لا تمثل الشكل الوحيد لتدخل الأمم المتحدة، فأسرة الأمم المتحدة كانت حاضرة في العديد من الجبهات حيث كان لها دور حيوي في دعم آلاف اللاجئين الذين فروا من الحروب بين المغرب وجبهة البوليساريو في عام 1970.

كما عملت الأمم المتحدة على التوصل إلى اعتماد إجراءات بناء الثقة لتسهيل عودة اللاجئين عندما يتم التوصل إلى اتفاق. هذا إلى جانب المحافظة على عدد محدود من قوى حفظ السلام الأممية لإقامة الاستفتاء في الصحراء الغربية والذين يعرفون تحت مسمى (المينورسو). وأخيرا أولت الأمم المتحدة اهتماما متواصلا بحقوق الإنسان بناء على اتهامات متبادلة بين الطرفين بانتهاكات جسيمة لحقوق الإنسان .

– ماذا عن البعد الإنساني في هذا الصراع المستمر؟

– مع الأسف إن مطالب القضايا الملحة عبر العالم وغياب أزمة حقيقية في الصحراء الغربية كلها عملت على حرمان هذا الصراع من الاهتمام الذي يستحقه من المجتمع الدولي. لكن في واقع الأمر إن هذا الحل الذي يبدو أنه تأخر كثيرا لا يجب أن يكون على حساب الأوضاع الإنسانية. فتأمين عودة اللاجئين الصحراويين من الجزائر إلى بيوتهم في ظروف إنسانية مشرفة تمثل أهم الأهداف التي أسعى لتحقيقها. فقد زرت مخيمات اللاجئين في عام 1970 وعدت هناك في العام 2009 ووجدت حينها أن مؤشرات الخوف والقلق عندي لم تتغير كثيرا.

فمن غير المقبول في نظري أن يبقى هؤلاء اللاجئون أكثر منذ 37 سنة في ظروف إنسانية سيئة بسبب خلاف سياسي دخل أطراف الصراع فيه في حرب مفتوحة وغير منتهية على الأرض أولا ثم انتقلوا بعدها إلى مائدة المفاوضات ثانيا. فالمجتمع الدولي وأنا شخصيا لا يجب أن نترك هؤلاء الناس الذين حوصروا في معمعة هذا الصراع عرضة لمزيد من الضياع.

– لماذا يصعب في نظركم التوصل إلى حل لهذه القضية، ولماذا أخذت كل هذا الوقت؟

– الأمر يعود بالأساس إلى أن الطرفيين معا مصران على موقفين متباعدين وأن أي منهما لم يقدم على خطوة واحدة إلى الأمام. فالبوليساريو تواصل تأكيدها على أن الحل النهائي للصحراء الغربية يجب أن يتم تحديده من قبل مواطنيها (الصحراويين) ، في حين أن المغرب يؤكد بدوره أن الحل الوحيد الممكن هو حكم ذاتي متفق عليه وتحت السيادة المغربية.

إن مجلس الأمن يسعى إلى تشجيع الأطراف على التفاوض وينأى بنفسه عن فرض حل ما. ومادامت الأمور على ما هي عليه فإن كل طرف هو حر في رفض مقترح الطرف الآخر وذلك بناء قاعدة ومبدأ المفاوضات المعروف. وهذا الأمر يكشف أن كل طرف يتمسك بموقفه الذي يعتبره قائما على أسس تاريخية قوية، ويعزز طرحه بالقانون الدولي ويستمرئ أي نوع من أشكال الدعم داخلية كانت أم خارجية. وبالتالي فإنهما يكتفيان بالتمسك بموقفهما دون الدخول في مسار مفاوضات حقيقي.

– ماذا يمكنكم القيام به كوسيط للأمم المتحدة للدفع بهذا المسار إلى الأمام؟

– إن دوري كمبعوث شخصي للأمين العام للأمم المتحدة هو البحث عن التوصل لاتفاق ما، وذلك من خلال أولا إيجاد إطار للمفاوضات وثانيا تشجيع الأطراف على تبني مفاوضات حقيقية دون أن أكون صاحب موقف في الموضوع. أنا شخصيا لا يمكنني أن أفرض حلا على الأطراف المعنية، فهم المعنيون بالتوصل إلى الحل، وأنا هنا فقط للمساعدة.

فمنذ اللحظات الأولى لتسلمي لهذه المهام، قمنا بوقف آلية المفاوضات الرسمية السابقة التي كانت تعتمد على أساس وفود كبيرة، وفضلنا بالمقابل عقد مباحثات غير مباشرة بوفود تمثيلية صغيرة نسبيا. وذلك لأن المفاوضات الرسمية السابقة لم تخلف سوى كم هائل من السجالات السياسية الفارغة. فنحن مصرون على خلق جو من الاحترام أثناء المفاوضات حتى نصل إلى نوع من النقاشات الهادئة والمفاوضات السلسة. فقد توالت الجهود تباعا، لكنها لم تكن كافية لكسر حالة الجمود. لأن الطرفان – بكل بساطة – لم يخرجا بعد من إطار مقترحاتهما السابقة. وما قمنا به في الآونة الأخيرة هو محاولة تحطيم هذه المقترحات والانتقال إلى وضع واحد بعينه يمكن للطرفان من البحث فيه دون أحكام مسبقة بصرف النظر عن الوضع النهائي. وقد اتفقوا على أنه يمكن البدء بمناقشة الثروات الطبيعية وإزالة الألغام في الصحراء الغربية وبعدها الانتقال إلى قضايا أخرى .لكن الأمر ما زال في حاجة إلى البحث فيما إذا كانت هذه المقاربة قد تقود إلى القضية الأساس.

– لكن، ماذا سيقع في حال ما لم يتم التوصل إلى حل سياسي؟

– إن عدم التوصل إلى حل سياسي زاد م من حجم الأخطار المتنامية وتكلفتها سواء بالنسبة لطرفي النزاع أو على مستوى المنطقة المغاربية أو حتى على صعيد المجتمع الدولي.

فالأخطار المرتبطة بطرفي النزاع تشمل إمكانية العودة إلى المواجهات المسلحة واندلاع الاحتجاجات الاجتماعية وكذا إمكانية انخراط الشباب الصحراوي المحبط والمعطل في تنظيمات إرهابية أو مجموعات إجرامية. أما بالنسبة لتكاليف هذا الوضع فتشمل زيادة محنة اللاجئين الصحراويين المحاصرين، وتنامي الأسئلة المتعلقة بأوضاع حقوق الإنسان إلى جانب استمرار النفقات العسكرية المتزايدة، وعدم القدرة في وضع مخطط لاستثمار الثروات الطبيعية في الصحراء الغربية على الوجه الأكمل.

أما بالنسبة للمنطقة المغاربية والمجتمع الدولي فهناك خطر التصعيد العسكري إلى جانب إمكانية ارتفاع معدلات الإرهاب والأنشطة الإجرامية. أما بالنسبة للتكاليف فتتحدد في فشل الاستفادة من نتائج اندماج اقتصادي كبير وغياب التنسيق الشامل للاستجابة الفورية للإرهاب والجرائم المتوقعة، يبدو أنها تصاعدت بوثيرة كبرى منذ سقوط نظام معمر القذافي وانتشار الأسلحة والمقاتلين إلى عمق منطقة الساحل.

– وهل تعتقدون بإمكانية التوصل إلى حل معين؟

– هناك من يعتقد بأن الصراع في الصحراء الغربية غير ناضج بما فيه الكفاية للوصول إلى حل مقبول بالنسبة للطرفين والمجتمع الدولي. لكن من الواضح أيضا أن المنطقة المغاربية في حاجة إلى اتفاق يدفعها إلى الأمام لمواجهة تحديات القرن الواحد والعشرين.

ومن الواضح أيضا أن التطورات الأخيرة قد تشجع الأطراف لبدء مسلسل جديد من المفاوضات. فالربيع العربي ، وهذا الصعود المتنامي لحالة عدم الرضا لدى الشباب، إلى جانب الانتخابات المزمع إجراؤها في أكثر من مكان، وهذه الرغبة الجامحة في تفعيل هياكل اتحاد المغرب العربي، وكذا الوعي المتزايد بأخطار الإرهاب، كل هذه العناصر إلى جانب تطورات أخرى قد تدفع أطراف النزاع التزام حقيقي وربما تدفع باللاعبين الأساسيين في المنطقة المغاربية والدولية على العمل أكثر في البحث عن حل.

أما من جهتنا نحن، فسنواصل جهودنا لإيجاد مسار مفاوضات حقيقية. والجولة المقبلة ستكون مباحثات غير رسمية وهي مبرمجة في فبراير المقبل.

– وماذا بإمكان المجتمع الدولي أن يقوم به للمساهمة في إيجاد الحل؟

– اعتقد أن هناك أشياء يمكن أن توجه ليس فقط لطرفي النزاع ولكن لدول الجوار وللمجتمع الدولي:

فبالنسبة لطرفي النزاع نأمل أن نرى التزاما أكبر حول القضية الأساس المتعلقة بمستقبل وضعية الصحراء وذلك خلال السنة المقبلة، فلا يمكن الاكتفاء بمباحثات مستمرة على أساس مواقف جامدة. فالحل السياسي يجب أن يعكس إرادة سياسية وخطوات حقيقية إلى الأمام. كما نأمل أن يتم تأمين الاحترام الكامل لحقوق الإنسان لدى شعب الصحراء الغربية سواء الموجودين منهم تحت سلطة المغرب أو أولئك الذين يقيمون في مخيمات اللاجئين، بما في ذلك حق حرية التعبير عن آرائهم بشأن مستقبلهم، وسيأخذ المفاوضون هذه الجوانب بعين الاعتبار في جولات التفاوض.

أما بالنسبة لدول المغرب العربي وباقي المجتمع الدولي، فإننا نأمل بأن ينظروا اليوم قبل أي وقت مضى لمصالح كافة الأطراف المعنية والمساهمة بفعالية في يجاد حل مقبول.

بعد 37 سنة، فقد حان الوقت لإنهاء الصراع في الصحراء الغربية والمأساة الإنسانية التي خلفتها.

ترجمة: موقع « لكم. كوم« 

Interview with Christopher Ross, Personal Envoy of the Secretary-General for Western Sahara

25 January 2012 – In January 2009 Secretary-General Ban Ki-moon appointed Christopher Ross as his Personal Envoy for Western Sahara, a territory that has been under dispute for several decades. Fighting erupted there in 1976 between Morocco and the Polisario Front following the Spanish colonial administration’s withdrawal. The violence quickly drove hundreds of thousands of Saharawi refugees to flee across the border and into neighbouring Algeria, where they remain to this day.

Almost two decades later, the violence has subsided but both parties are still at odds despite ongoing UN-mediated talks. While Morocco supports autonomy for the Saharawis, the Polisario Front says the territory’s final status should be decided in an independence referendum.

Mr. Ross, a former United States diplomat with a long and distinguished career, says in the interview that it is high-time to end the Western Sahara conflict and the human tragedy that it has engendered.

UN News Centre: What is the conflict in the Western Sahara all about?

Christopher Ross: Well, as you know the Western Sahara is a former Spanish colony, roughly the size of Great Britain but with a population of just a few hundred thousand. Its legal status has been in dispute since well before the Spanish withdrawal in 1975-76. The parties to this dispute currently are the Kingdom of Morocco and the Polisario Front. Morocco, which has controlled most of Western Sahara since the 1970s, insists that the Western Sahara must become an autonomous part of Morocco on the basis of negotiations with the Polisario and a yes/no referendum.

The Polisario, for its part, argues that the people of Western Sahara must be free to choose their own future through a referendum that includes the option of independence. From 1975 to 1991 there were open hostilities between these two parties, heavy fighting, but in 1991 a ceasefire was implemented as part of a UN-led settlement effort. It should be noted that while this is no longer a fighting war, it is still a tense and dangerous situation. The UN continues to work to encourage a settlement and to improve the well-being of the people whose lives have been tragically affected.

UN News Centre: So, what is the UN doing?

Christopher Ross: Well, since the mid-1980s the UN has taken two distinct approaches to this conflict under the guidance of the Security Council. The first, which lasted until 2004, was based on several settlement plans that were put forward to the parties for their approval. None of these settlement plans worked. They all called for a referendum but the parties were never able to agree who would be eligible to vote. In 2004, a second phase began and this phase continues to this day. This one is based on direct negotiations between the parties. In resolutions every year, the Security Council has called on the parties to achieve, and here I must quote, “a just, lasting, and mutually acceptable political solution, which will provide for the self-determination of the people of Western Sahara.” […] To assist the parties in making progress, the Secretary-General has appointed a Personal Envoy to act as a mediator and facilitator.

So, to summarize, the Security Council now expects the parties themselves to negotiate a political solution with the help of the UN, with the help of the neighbouring States, with the help of the international community and to do so instead of reacting to settlement plans others have drawn up.

In the context of this new phase, in April 2007, the two parties put forward their proposals for a settlement of the conflict to the Security Council, and ever since then these have formed the basis for discussion. I should note that these political efforts to foster a settlement are not the only forms of UN involvement. The UN family has been active on several fronts. It has provided vital support to the thousands of refugees who fled into Algeria to escape the fighting between Morocco and the Polisario in the 1970s.

It has worked to implement confidence-building measures to facilitate the return of the refugees once a settlement is reached. It has also maintained a small peacekeeping force in Western Sahara known as MINURSO, the United Nations Mission for the Referendum in Western Sahara. And, finally, it has taken an increased interest in human rights as the parties to the conflict have increasingly accused each other of serious violations of these rights.

UN News Centre: What about the human dimension to this ongoing conflict?

Christopher Ross: Unfortunately, the demands of burning issues around the world and the absence of imminent crisis in Western Sahara have worked to deprive this conflict of the attention it deserves from the international community. But a settlement is, in fact, long overdue not least because of its human dimension. Ensuring a safe return of the Sahrawi refugees in Algeria to their homes under honourable conditions has been my highest objective. I first visited the refugee camps in the 1970s. I returned there beginning in 2009 and I found, much to my dismay, little had changed.

It is unacceptable, in my view, that for 37 years, these refugees have lived in miserable conditions because of a political dispute whose main actors have engaged in endless battles on the ground, at the negotiating table, in international fora. And I think we should never lose site of the people caught in the middle of this conflict.

UN News Centre: Why is this proving so difficult to solve? Why is it taking so long?

Christopher Ross: Essentially, the two sides have maintained positions that are mutually exclusive and neither has been willing to yield one inch. Polisario continues to insist that the final status of Western Sahara must be determined by its people; Morocco continues to insist that the only possible solution is an agreed autonomy under Moroccan sovereignty.

The Security Council has been encouraging the parties to negotiate and has refrained from considering imposing a solution. So, as matters stand, each party is free to reject the proposal of the other as the basis of negotiations. And this is partly a reflection of the fact that each party is convinced that its position is well grounded in history and in international law and enjoys significant domestic and international support. So, they go on maintaining their positions without entering into a genuine negotiating process.

UN News Centre: So, what can you do as the UN mediator to move this process forward?

Christopher Ross: Well, my role as Personal Envoy of the Secretary-General is to promote a settlement by first providing a framework for dialogue and, second, by encouraging genuine negotiations without myself taking a position on the substance. I cannot force a solution on the parties; they themselves must work it out with my help and that of others.

Now, when I first took on these duties, we suspended formal negotiations that had been taking place earlier with large delegations and preferred, instead, to convene informal talks with smaller delegations. This was because the formal negotiations that had gone on had resulted in little more than very strong polemics. We were determined to foster an atmosphere of respect in which much more fluid negotiations and discussions could occur. This effort succeeded but it wasn’t enough to break the impasse. And the two parties simply could not move beyond their two proposals. So, what we have done more recently is try to break down these proposals into individual topics that the parties might be able to discuss without prejudice to whatever the final status might be and they’ve agreed that they could begin by discussing natural resources and demining and then moving on to other subjects. But it really remains to be seen whether this approach will, in fact, lead to movement on the core issue.

UN News Centre: And what will happen if a political solution isn’t found?

Christopher Ross: Well, the fact is that the absence of a solution has imposed growing risks and costs for the parties, the Maghreb region, and for the international community.

The risks for the parties include the possible renewal of military hostilities, the possible outbreak of popular unrest, and the possible recruitment of frustrated young and unemployed Sahrawis into terrorist or criminal groups. The costs include the humanitarian plight of the refugees, increasing questions about human rights, the expense of maintaining significant military forces, and an inability to plan for the use of the natural resources of Western Sahara in a proper way.

Now, for the region and the international community there is the risk of military escalation and there is the possibility of increased terrorist and criminal activity. There, too, there are costs. Among the costs are a failure to achieve the benefits of greater economic integration and the absence of full coordination in responding to threats of terrorism and crime which, in fact, have grown since the collapse of the [Muammar] al-Qadhafi regime and the dispersal of arms and fighters into the Sahel region.

UN News Centre: Do you think a settlement can be reached?

Christopher Ross: Well, there are some people who think that the Western Sahara conflict really is not ripe for settlement on terms acceptable to the parties and to the international community. But it’s clear that a settlement is needed if the Maghreb region is to move forward to meet the challenges of the 21st century. Now, it’s possible that recent developments may encourage the parties to begin a more serious process of negotiation. We’ve had the Arab Spring. We’ve had increasing signs of disaffection among youth. We’ve had recent and forthcoming elections in several places. We’ve had a desire to revive movement toward Maghreb unity. And we’ve seen a growing awareness of the threat of terrorism. So, these and other developments may push the parties to substantive engagement and may also prompt the key regional and international players to become more active in the search for a settlement.

We, for our part, are going to continue our efforts to promote a genuine negotiating process. And the next round of informal talks is scheduled for February at the Greentree Estate in Long Island.

UN News Centre: Is there anything the international community can do to help out?

Christopher Ross: Well, indeed. I think there are things to be said not only to the parties but to the countries in the neighbourhood and to the international community. For the parties, we hope to see a much greater engagement on the core issue of the future status of Western Sahara in the course of the coming year. It’s not enough to keep talking on the basis of fixed positions; the solution must reflect a political will and concrete steps to move. We also hope that the people of Western Sahara, whether they be in the territory or in the refugee camps, will enjoy full human rights, including the freedom to express their views on their future and that the negotiators will take these views into account.

For the States of the Maghreb and the wider international community, we hope that they will see more clearly than ever the benefits for all parties concerned of actively helping to find a mutually acceptable solution.

After 37 years, it’s high-time to end the Western Sahara conflict and the human tragedy that it has engendered.

Source : UN News

 

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