Femmes indigènes posant nues au Maroc

FEMMES INDIGÈNES.

Au début des années 1920, les autorités coloniales décidèrent de mettre en place à Casablanca une solution inédite au « problème de la prostitution » en faisant construire en périphérie de l’agglomération un vaste quartier enclos dédié au commerce du sexe. Bousbir, puisque tel est son nom, fut le quartier réservé de Casablanca entre 1924 et 1955 (Bernard 1935, Mathieu et Maury 1951).

 Il devint rapidement « un rendez-vous mondial [dont le] décor si varié, si substantiel, satisfait celui qui recherche la couleur locale ».

Au Maroc comme dans bien d’autres parties des Empires européens, la prostitution coloniale était vue comme un « mal nécessaire » (Lauro 2005, Levine 2003, Taraud 2003).

Considérée comme la seule réponse possible aux « besoins » sexuels de la population masculine européenne mais aussi comme un foyer d’infection vénérienne, de contamination morale et de troubles sociaux, la prostitution ne devait pas être éradiquée mais plutôt contrôlée, pour en limiter les nuisances.

Casablanca était la vitrine de l’Empire français et un lieu d’expérimentation urbaine (Cohen et Eleb 1998). Il était logique qu’on y cherche une réponse moderne et rationnelle à la question de la prostitution (Maghraoui 2008), et attendu qu’on la formule en termes spatiaux. Des quartiers réservés existaient dans nombre de villes d’Europe ou des colonies, mais aucun n’avait comme Bousbir été construit à cette fin.

Le quartier forme un quadrilatère de 160 mètres sur 150, ceint d’un haut mur aveugle ne s’ouvrant que sur une seule porte (fig. 1). La clôture de Bousbir et sa localisation en périphérie de l’agglomération garantissaient de bonnes conditions de contrôle et une certaine discrétion.

Entre 450 et 680 femmes, maures ou juives, y vivaient et vendaient des services sexuels à 1 000 à 1 500 visiteurs par jour (Bernard 1935).

Bousbir comptait un cinéma, un hammam, des cabarets, des restaurants, des cafés, nombre de boutiques, un poste de police et de gendarmerie, une prison et un dispensaire médical.

Le quartier était organisé comme une ville autonome mais possédait clairement un caractère carcéral.

Les travailleuses du sexe ne pouvaient en sortir qu’une fois par semaine, après avoir obtenu un permis de la police et du médecin ; 37% d’entre elles avaient été conduites à Bousbir après avoir été arrêtées comme prostituées clandestines dans les rues de la ville ; 70% des travailleuses de Bousbir étaient lourdement endettées auprès de la « Madame » qui les logeait, si bien qu’elles ne pouvaient quitter le district.

Source : Blog de Roland Benzaken, 30 juin 2014

Tags : Maroc, prostitution, Bousbir, Protectorat, esclavage sexuel

3 Comments

  1. Bonjour Maroc -leaks

    Est-ce que le site a été bloqué pendant un certain temps aujourd’hui, ou c’était juste une erreur d’ordinateur ?
    Et bravo pour votre courage et pour l’excellent travail que vous faites pour la liberté de la presse au Maroc.

  2. Merci. Non, le site n’a pas été bloqué à aucun moment.

  3. Le bousbire esperansa est bien d’autre nom de cette de Casablanca ou cette population à étais formater à se système de débauche même aujourd’hui encore rien à disparue la progéniture de la débauche tente bien que mal diesel se trouver est de gagner sont pain quotidien bref c’est la continuité des Sultan…mais je ne comprend pas pourquoi mes articles ne sont pas vue dans vôtres site à bonne entendeur chers rédaction. ??????

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