François Cleret, le médecin qui en savait trop sur la monarchie marocaine

Le docteur François Cléret, ancien médecin personnel du roi Mohammed VI, est décédé à Paris à l’âge de 96 ans.

Né en février 1918 en Indochine d’un père catalan et d’une mère tibétaine, cet Eurasien, qui a échappé à la mort sur les champs de bataille asiatiques à peu près autant de fois que le nombre de décorations qui lui ont été remises, termine ses études de médecine à Hanoï en 1939. Quelques semaines plus tard, il est appelé sous les drapeaux et, comme il le dit, classé « un peu rapidement » dans la rubrique « illettré » en raison de son métissage. Bien décidé à réparer cette injustice, il se porte candidat à un stage accéléré d’officiers d’infanterie, dont il sort major. Il devient ensuite l’émissaire du général français Philippe Leclerc auprès de Ho Chi Minh au début de la première guerre d’Indochine. Convaincu de l’inéluctabilité de l’indépendance du Vietnam, il s’installe en France fin 1946 avec sa famille avant d’être muté à Madagascar.

Médecin et ami de Mohammed V

C’est à Antsirabé où il exerce, qu’il est prié, le 28 janvier 1954, de se rendre au centre d’accueil militaire où viennent d’arriver en « exil » le sultan alaouite Mohammed Ben Youssef et une partie de sa famille, dont son fils aîné Hassan, le futur roi Hassan II, qui a une forte fièvre et un mal de gorge insupportable.

Cléret porte un diagnostic précis et donne le traitement adéquat. Il ne sait pas encore que sa vie va être bouleversée et qu’il sera désormais et pour plus de treize années au service de la monarchie alaouite. Le lendemain, en effet, satisfait de la prestation du médecin-commandant, le sultan demande au Haut-commissaire de la République à Madagascar de bien vouloir détacher auprès de sa famille le docteur Cléret. Autorisation accordée.

Très vite, le médecin devient le confident et l’ami du futur Mohammed V. Ce dernier le tient au courant des affaires du Makhzen comme de celles de sa propre famille. Cléret prend vite conscience de l’ambition dévorante du prince héritier Hassan et de la rivalité qui l’oppose à un père très méfiant…

Le docteur était présent en 1955 à Saint Germain en Laye au moment des négociations pour « l’indépendance dans l’interdépendance » du Maroc et a assisté aux luttes de pouvoir qui opposaient la monarchie alaouite à une partie de l’élite bourgeoise dite « nationaliste ».

Quand Hassan II tentait d’éliminer le docteur Cléret

La mort de Mohammed V qu’il vénérait le traumatise à tel point qu’il reprendra quelques années plus tard des études d’anesthésie pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. A l’instar d’un certain nombre de personnalités marocaines, dont la plus connue était le fqih Basri, quatre fois condamné à mort par le régime de Hassan II, il est convaincu que Mohammed V a été éliminé.

Après la disparition de son père, Hassan II, précisément, l’empêche de quitter le territoire marocain, car le bon docteur sait trop de choses… A deux reprises, Hassan II essaiera de l’éliminer dans des circonstances incroyables : en l’enfermant au milieu de montagnes de liasses de billets de banques dans le sous-sol d’une villa qui lui sert de coffre-fort et dont il lui a demandé de faire l’inventaire, puis en lui injectant à son insu un poison à effet lent. Il est temps de quitter cette Cour, qui ressemble furieusement à celle des Borgia… A moitié aveugle, avec l’aide de son épouse, il parvient à s’enfuir du Maroc en 1967 grâce à la complicité du général Oufkir qu’il avait connu en Indochine. Le professeur Wolfrom lui donnera à Paris l’antidote qui le sauvera.

L’affaire Ben Barka

En mars 2000, François Cléret a publié un bouquin intitulé « Le cheval du roi » dans lequel il affirmait sa conviction que le leader de l’opposition Mehdi Ben Barka avait été tué « accidentellement » par le général Oufkir, alors homme des basses de besognes du roi Hassan II.

Selon François Cléret le lendemain de l’enlèvement en plein Paris de Mehdi Ben Barka, le 26 octobre 1965, il avait été conduit dans une villa en région parisienne et le général Oufkir avait tenté de l’emmener de force au Maroc. Mehdi Ben Barka s’est battu et le général Oufkir lui assène un coup mortel fracturant sa colonne vertébrale. Et toujours selon Cléret, le corps de Mehdi Ben Barka avait ensuite été découpé en morceaux, puis ramené au Maroc, dans des valises diplomatiques, puis éparpillé et enterré dans plusieurs endroits secrets…

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Tags : Maroc, Hassan II, François Cléret, Mohammed V,

2 Comments

  1. Attendons le testament explosive du Docteur qui mettra un terme définitives au intrus régnant donc ils sont illégitimes par Dieu est ses êtres terrestres.
    vive la Republique est a bas la monarchies de la débauches.

  2. Il n’ y a jamais eu d’exil. Ce n’était qu’une tactique Fraco-alaouite dont le but était d’inciter les sujets du MV à le réclamer haut et fort afin qu’il rétablisse une certaine légitimité envoyée aux égouts via le protectorat.

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