I-Boycott : regoupons-nous pour faire entendre nos voix

I-BOYCOTT : REGROUPONS-NOUS POUR FAIRE ENTENDRE NOS VOIX

écrit par Louise NICOLAS 2 juillet 2018

Saviez-vous que lorsque vous faites vos courses, votre carte bancaire est un véritable bulletin de vote ? C’est le constat de la plateforme i-boycott, créée en 2015 par les frères Levent & Bulent Acar.

En matière de consommation, des informations dérangeantes parviennent régulièrement à nos oreilles. Telle entreprise fait travailler des enfants dans des conditions abjectes. Telle société participe activement au saccage de la forêt Amazonienne. L’une se sert de lobbys et fait pression sur les responsables politiques pour contourner la réglementation ; l’autre ne paye tout simplement pas ses impôts. Les exemples ne manquent pas : certains acteurs économiques ont une imagination débordante lorsqu’il s’agit d’accroître leurs profits. Cette logique financière à court terme justifie tous les moyens. Peu importe les conséquences sur le long terme en matière d’environnement et de droits de l’Homme.

En tant qu’individu, on peut se sentir complètement dépassé par cette façon de faire. Petit consommateur, dois-je vraiment obéir à l’injonction : « achète et tais-toi » ?

 

Comment exprimer mon mécontentement et me faire entendre ?

On en revient à cette idée centrale : ce que l’on achète façonne le monde qui nous entoure. La carte bleue est un bulletin de vote et nous l’utilisons tous les jours ou presque, sans mesurer la signification profonde de nos achats. Le site i-boycott est ainsi parti d’un constat : quelle que soit l’ampleur des mobilisations contre leurs pratiques, les entreprises restent sourdes aux revendications des citoyens. Comment forcer ces sociétés à écouter, et à changer leurs pratiques ? En parlant leur langage : l’argent.

Autrement dit, en choisissant de ne pas acheter un produit donné. Ainsi, nous avons tous le pouvoir de sanctionner efficacement l’entreprise qui le fabrique. En plus, c’est une méthode de contestation tout à fait légale : personne ne peut nous forcer à acheter le produit Bidule. L’avantage, c’est que les marchés sont concurrentiels (la plupart du temps): si je décide de me passer du produit A, je peux me tourner vers les produits B ou C car ils sont interchangeables. Ce qui nous permet de faire du buycott en plus du boycott : c’est-à-dire opter pour une alternative plus saine / respectueuse de l’environnement / des travailleurs / de la société civile / etc. Parce qu’heureusement, il existe des entreprises qui se soucient des conditions de production et des conséquences à long terme de leur activité.

Toutes ces notions sont parfaitement illustrées sur le site i-boycott : je vous invite à découvrir leur mini bande-dessinéeludique et explicative. Et pour les flemmards, voici la vidéo :

i-boycott, la plateforme citoyenne

i-boycott est une plateforme qui a compris la force du boycott en tant que moyen d’action collectif, pacifique et percutant.Elle offre la possibilité d’organiser des campagnes visant les entreprises aux procédés abusifs. Chacun peut ainsi créer une campagne, en respectant certaines consignes : aucune contrefaçon, diffamation, dénigrement ni discrimination (punis par la loi). L’objectif : présenter des faits étayés, de la manière la plus neutre possible pour souligner les preuves et permettre à chacun de se forger un avis.

Cette campagne n’est publiée que si elle parvient à réunir 1000 boycottants en un mois. Vous l’avez compris, c’est le nombre qui fait la force. Ensuite, elle doit convaincre un maximum de personnes (par exemple en devenant virale sur les réseaux sociaux). Lorsqu’un seuil de boycottants est atteint, l’entreprise visée est informée du boycott et dispose d’un droit de réponse. En fonction de celle-ci les participants à la campagne décident de poursuivre ou non leur action.

Vous l’aurez compris : plus on est de fous (vraiment ?), plus notre opinion pèse dans la balance. Après tout, l’océan n’est qu’une multitude de gouttes :). Prenons un exemple : si, du jour au lendemain, les français arrêtaient d’acheter les produits d’une marque, imaginez la panique parmi les dirigeants de cette société ! Dans ces conditions, difficile d’ignorer les revendications de la société civile. C’est ce qui s’est produit récemment au Maroc : les citoyens se sont mis à boycotter trois marques, avec des conséquences désastreuses pour les finances de ces entreprises.

Ne nous laissons plus marcher sur les pieds : regroupons-nous pour faire entendre nos voix ! Et rappelez-vous : acheter, c’est voter – faites-le en conscience.

Tags : Boycott, Maroc, facebook, réseaux sociaux

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