Khalid Jamai: « le boycott est un début d’Intifada »

Dans une interview accordée au site d’information Achkayen, le journaliste et écrivain Khalid Jamai  a commenté les dernières évolutions de la scène politique marocaine, notamment la récentedemande de démission présentée à son parti par Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance.

Pour Khalid Jamai, il s’agit d’un « événement inédit dans l’histoire politique du Maroc dans la mesure où une partie du peuple marocain a contraint un ministre à présenter sa démission sous la pression d’une campagne de boycott ».

Les marocains ont pris conscience que le boycott est « une arme » qui produit ses effets.

Khalid Jamai a qualifié la campagne de boycott de « hirak » qui s’inscrit dans la même logique des différents « hirak » menés par le peuple marocain dans plusieurs régions du Maroc (Rif, Zagoura, Sidi Ifni, Sefrou, etc…) contre la détérioration des conditions de vie. Selon Jamai, il s’agit d’un « début d’Intifada » et pas d’un simple boycott, car les marocains ont pris conscience que leur action constitue « une arme » qui produit ses effets.

Par ailleurs Jamai a déclaré que « le gouvernement actuel semble disloqué et incohérent dans ses positions au sujet du boycott ce qui lui fait perdre sa crédibilité au fur et à mesure que le temps passe ». Toutefois, Jamai a remarqué que le PJD dispose d’une démocratie interne contrairement aux autres formations politiques composant la coalition gouvernementale.

Sur l’avenir de la démission présentée par Lahcen Daoudi, Jamai n’a pas écarté l’hypothèse d’un refus royal de cette démission conformément à ses prérogatives constitutionnelles.

Le PJD défend l’investissement et le capital étranger qui exploitent les ressources marocaines.

Concernant la position du PJD à l’égard du boycott, Khalid Jamai a précisé que « les dirigeants du PJD n’ont aucune considération pour les attentes du peuple marocain et que leurs actions s’inscrivent uniquement dans le cadre de lutte intestine et de règlements de compte entre « le courant de Benkirane » et « le courant des ministres ».  Selon Jamai, « la « démission de Daoudi profite au courant de Benkirane et consolide les différends au sein du PJD. Mais « le plus grave », selon Jamai est que « les événements ont démontré que les deux courants au sein du PJD défendent l’investissement et le capital étranger qui exploitent les ressources marocaines ».

Par ailleurs, Jamai a expliqué le silence de Aziz Akhannouch face à la crise par le fait que le ministre et président du RNI  se trouve aujourd’hui sur « un siège éjectable après avoir perdu ses appuis politiques ».

La crise traversée par le Maroc aujourd’hui est étroitement liée à l’actualité au Moyen-Orient, notamment en Jordanie, ce qui ressemble un à effet à boule de neige ».

Pour conclure, Khalid Jamai a déclaré que « la crise traversée par le Maroc aujourd’hui est étroitement liée à l’actualité au Moyen-Orient, notamment en Jordanie, ce qui ressemble à un effet boule de neige ».

Source : LiberiPress

 

Tags : Maroc, boycott, makhzen, sidi ali, afriquia, danone, centrale, multinationales, spoliation

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*