L’adhésion du Maroc à la CEDEAO compromise

Les membres influents de la CEDEAO ont finalement obtenu gain de cause dans leur bras de fer engagé contre certains pays qui appellent à l’adhésion sans condition du Maroc à cette organisation des Etats de l’ouest de l’Afrique.

La demande d’adhésion définitive du Maroc à la CEDEAO vient d’être reportée au mois de décembre prochain, annonce faite par le président de la commission de la CEDEAO, Marcel de Souza, contredisant ainsi les pronostics des relais du Palais royal qui misaient sur une rapide conclusion de la demande chérifienne.

Le report quant à la demande marocaine signe une fois de plus un échec de la diplomatie de ce pays qui s’illustre, la plupart du temps dans les médias, à coup de dessous-de-table plutôt que sur le terrain où il est quasiment mis à nu.

A titre d’exemple, la Mauritanie qui a un statut de membre observateur a refusé de rejoindre cette organisation en tant que membre de droit malgré les supplications de cette dernière qui souhaite voir ce pays intégrer officiellement la CEDEAO. En réalité, ce refus qui ne dit pas son nom, est motivé par plusieurs raisons et non des moindres.

D’abord ce pays est connu par tous pour ses pratiques de corruption et de pots-de-vin. Ainsi le retour du Maroc dans le giron de l’Union africaine ne s’est pas fait par hasard.

Des experts et des chercheurs africains ont révélé que le Maroc a utilisé la corruption « à une grande échelle » arrosant au passage certains chefs d’Etat pour retrouver son fauteuil au sein de la famille africaine qu’il avait quitté il y a plus de 30 ans. En effet, des pots-de-vin colossaux ont été versés à des diplomates africains pour permettre au Maroc de rejoindre l’UA.


L’adhésion du Maroc à l’Union africaine a été le résultat d’une politique de lobbying dans laquelle une campagne de corruption de grande envergure a été la pierre angulaire. Comme le montrent les courriers électroniques, Moha Tagma, directeur des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères du Maroc, a informé son supérieur hiérarchique du ministère marocain des Affaires étrangères sur son plan d’action.

Dans une note qu’il a envoyée à son ministre le 5 mai 2014, il a présenté des « propositions pour les préparatifs entrepris pour le prochain Sommet de l’Union africaine » qui se tiendrait à Addis-Abeba.

Il suggère de donner des « enveloppes individuelles de 5 000 euros à chaque ami » et il énumère les « amis » qui représentent les délégations des pays suivants : Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Gabon, Burkina Faso, Bénin, Togo, Comores, Djibouti, Niger Cameroun, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Tchad, Sierra Leone, Libéria, Somalie, Soudan, Madagascar, Malawi, Maurice, Seychelles, Mali, Érythrée et Mauritanie (Président du Conseil de l’UA) ».

Dans une autre note datée du 4 juin 2014, Moh Tagma a proposé de donner à Jean-Baptiste Natama, du Burkina Faso, 2 500 dollars comme incitation « pour le faire continuer à travailler avec nous ». Jean-Baptiste Natama était le chef d’état-major de la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, d’octobre 2012 à février 2015. Il a été chargé de filtrer des documents confidentiels de la Commission africaine au diplomate marocain Moha Oualki Tagma, qui est actuellement ambassadeur du Maroc au Nigeria.

Le 29 juillet 2016, la nouvelle vision de l’Afrique du Maroc, nouvelle vision de l’Afrique (NOV AFRIQUE), a décerné à Jean-Baptiste Natama le « prix international PADEL 2016 pour le meilleur promoteur de la diplomatie en Afrique ».

Les visites du roi Mohamed VI sont à répétition dans presque toutes les capitales africaines et les nombreux accords de « partenariat » et les prises de participation dans les capitaux des sociétés de télécommunications en Afrique.

Malgré tous ces « efforts » déployés depuis l’accession de Mohamed VI au trône, le Maroc n’a pu changer le soutien inébranlable de la majorité des Africains à la cause du peuple sahraoui. Le rôle de l’Union africaine s’est plutôt intensifié et son envoyé personnel Joachim Chissano, désigné en 2014 et son intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU en 2016.

One Comment

  1. Tissus de mensonge monsieur de Souza a annoncé que le Maroc a accepté de d’adopter la monnaie de La cedeao

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