Le festival de musique Mawazine ouvre sur fond de boycott au Maroc

Le grand festival musical annuel Mawazine Rythmes du Monde s’ouvre vendredi pour neuf jours à Rabat, avec sept concerts, dont un animé par le DJ néerlandais Martin Garrix, sur fond d’appels au boycott lancés sur les réseaux sociaux.
Les posts anti-Mawazine sont diffusés par les mêmes voies que ceux de la mystérieuse campagne de boycott contre la cherté de la vie qui agite le Maroc depuis deux mois malgré les efforts du gouvernement pour la juguler. Cette campagne affecte les ventes de lait du groupe Central Danone, de carburant du distributeur Afriqia et d’eau du groupe Oulmes, tous trois leaders sur le marché.

Des artistes marocains de renom ont décidé en solidarité de boycotter le festival. Ceux qui ont accepté de monter sur les scènes de Mawazine sont ciblés par les internautes, avec notamment des photo-montages mixant leur portrait avec des paysages du Maroc pauvre.

Le très populaire rappeur marocain Muslim a été particulièrement visé pour avoir dit début mai dans une vidéo postée sur Youtube qu’il était « resté à distance du boycott » parce qu’il préférait « se réserver pour des causes plus intéressantes que boycotter l’eau ou le lait ».

Créé en 2001, le festival Mawazine ouvre chaque année la saison des festivals musicaux du royaume, dont les plus connus sont le Festival de Fès des musiques sacrées et le Festival Gnaoua d’Essaouira.

Sa 17ème édition annonce plus de 1.500 artistes sur six scènes installées dans la capitale marocaine et la cité voisine de Salé. Des stars internationales, comme le Britannique Jamiroquai, les Américains Bruno Mars et French Montana, le Portoricain Luis Fonsi, la Libanaise Majida El Roumi, ou le groupe mythique marocain des 70’s Nass el Ghiwane figurent à l’affiche.

Les organisateurs attendent environ 2,5 millions de spectateurs -soit un peu plus que l’an dernier- pour cet événement sponsorisé par plusieurs grandes marques – dont le groupe Oulmes. Selon un des membres de l’organisation questionné par l’AFP, la campagne de boycott n’a pas eu d’incidence sur les ventes de billets du festival.

Le mystérieux boycott du lait, du carburant et de l’eau « constitue une source non négligeable de pression à la baisse sur l’activité économique » du pays, selon un récent rapport de la banque centrale marocaine cité par la presse locale.

Pour un collectif d’intellectuels marocains, ce « mouvement de protestation de masse sans précédent (…) exprime d’une manière collective les souffrances de larges pans de la société ».

« On ne veut pas de musique, on veut un pays où on peut vivre en paix, Mawazine sans public c’est le chaos », dit un des posts anti-festival les plus viraux sur les réseaux sociaux.

Tags : Maroc, Mawazine, boycott, musique, concert

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