Le Maroc paye son soutien au régime raciste de l’Apartheid

Des blindés sudafricains récupérés par les guérrilleros sahraouis. Photo : Musée Militaire du Front Polisario

L’Afrique Australe est considéré comme le fief du Front Polisario. Ses soutiens les plus fermes se trouvent dans cette région d’Afrique.

Lors de leur lutte contre le régime raciste de l’Apartheid, ces pays ont bénéficié d’un ample soutien de l’Algérie. Le parti de Nelson Mandela, l’ANC, a reçu un large soutien diplomatique et logistique à un moment où le Maroc soutenait les racistes de Pretoria et achetait leurs armes pour combattre les guérilleros du Sahara Occidental.

En effet, de nombreux blindés légers fabriqués en Afrique du Sud, Panhard AML, ont été récupérés par les combattants sahraouis dans la guerre qui les opposait à l’armée marocaine. La majorité des ces armes récupérées dans le champ de bataille ont été offerts aux combattants de l’ANC.

Certains esprits bernés par la propagande du Makhzen ont l’instinctive tendance à pointer du doigt l’argent algérien, mais la réalité est là pour ceux qui veulent la connaître. Le principe de l’intangibilité des frontières est un principe sacré pour les africains.

Le régime marocain, à l’instar des autres monarchies arabe survivent grâce au soutien de leurs maîtres occidentaux. En échange, ces monarchies soumettent leur diplomatie aux intérêts géo-stratégiques des Etats-Unis et de la France. Dans le cas du Maroc, Hassan II, dans sa lutte contre les courants opposants l’a poussé à tous les extrêmes : soutenir l’Apartheid, Israël, les interventions françaises en Afrique… En échange de l’assassinat de Mehdi Ben Barka, le roi du Maroc n’a pas hésité à vendre la cause palestinienne et arabe à Tel Aviv.

Bataille de Kolwezi (3/3): une Afrique divisée par Mobutu (Article de RFI, 20 mai 2018)

Lorsque les parachutistes belges et français quittent le Shaba (ex-Katanga) à l’issue du raid sur Kolwezi, ils sont remplacés par une force africaine, que dirige le Maroc. Certaines capitales africaines voient en ces soldats l’embryon d’une défense panafricaine ; d’autres les considèrent comme de simples valets d’une France déterminée à jouer son rôle de « gendarme de l’Afrique ».

En pleine guerre froide, la logique des blocs exige qu’une capitale défende son camp. Les Etats africains n’échappent pas à la règle. Pourtant, l’intervention française suscite des réactions mitigées. Car, même dans le camp pro-occidental, on devine bien que l’opération française, certes humanitaire, permettra au président Mobutu de consolider son pouvoir, et le général n’inspire guère confiance, même dans les pays officiellement amis.

Certes, le Gabonais Omar Bongo, président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine, rebaptisée Union africaine en 2002, s’empresse de condamner l’incursion du Front national de libération du Congo dans la province minière du Shaba (ex-Katanga). Il appelle explicitement les États membres à se montrer solidaires du Zaïre.

Ce que beaucoup de capitales attachées au principe de l’intangibilité des frontières feront sans tergiverser : elles se méfient d’insurgés qui pourraient proclamer l’indépendance du Shaba. Comme Moïse Tshombe l’a fait, en 1960, à l’époque où cette province minière s’appelait le Katanga.

Cela ne veut pas dire que les pays qui s’opposent au FNLC soient de fervents supporters du général Mobutu. Au contraire. Paris en fera vite le constat…

La France, qui souhaite rapatrier ses légionnaires rapidement après la bataille de Kolwezi, n’a aucune intention de confier la sécurité du Shaba aux seuls militaires zaïrois. Ils seraient incapables d’empêcher les rebelles de reprendre la ville, selon l’ambassadeur de France à Kinshasa, André Ross : « L’armée zaïroise s’est signalée de tout temps par son absence de discipline, son manque de combativité et la nullité de ses services logistiques. Privée par les épurations des seuls officiers valables, divisée par ses querelles ethniques, n’ayant aucun esprit de corps, gangrénée par la trahison, elle a le plus souvent fui en laissant derrière elle armes, bagages et uniformes. »

Dans un premier temps, le président Giscard d’Estaing demande donc au roi du Maroc de renvoyer des soldats au Shaba, comme il l’a fait en 1977, lors de la première « guerre du Shaba ». Hassan II acquiesce vite à sa requête, déclarant qu’il volerait au secours de Mobutu une troisième fois s’il le fallait.

Quelque 1 500 militaires marocains débarquent donc à Kolwezi, début juin, moins de deux semaines après le parachutage des légionnaires. Aux yeux de Paris, cela ne suffit pas. Pour faire face à d’éventuels raids de représailles, le Shaba a besoin d’une force plus importante encore, une force que la France souhaite « interafricaine ». Plus facile à dire qu’à faire.

Une armée zaïroise « gangrénée par la trahison »

Trois jours après la bataille de Kolwezi, le président Giscard d’Estaing organise, à Paris, un sommet France-Afrique (le cinquième du genre). Les chefs d’État présents, dont Mobutu, appellent à la création d’une force africaine d’intervention d’environ 2 500 soldats.

Des contingents du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Togo, épauleront les Marocains qui sont déjà sur place ; c’est d’ailleurs un officier marocain qui dirigera les opérations au Shaba jusqu’au départ de ces hommes, en 1979. Des instructeurs égyptiens mettront eux aussi l’épaule à la roue.

Une telle force, l’Afrique « progressiste » ne veut pas en entendre parler. Pour le Congo-Brazzaville, elle est carrément illégale car elle porterait atteinte à la souveraineté de l’OUA. Le président congolais, le général Yhombi-Opango, le dira on ne peut plus clairement à l’ambassadeur de France à Brazzaville : « Nous le disons en toute amitié et sincérité, sans nous préoccuper d’éventuelles représailles. Nous préférons cette attitude à celles de ceux qui font des courbettes à l’Élysée. » (En 1978, le général Yhombi-Opango sera démis de ses fonctions et remplacé, à titre provisoire, par le ministre de la Défense, Denis Sassou-Nguesso.)

Le président Neto d’Angola va plus loin. Ces soldats africains, vitupère-t-il, ne sont que « la piétaille » des Etats-Unis et de la France ! Pas étonnant. Luanda, qui accueille les rebelles du FLNC sur son sol, appuie les « tigres » depuis le début. Lors de la première « guerre du Shaba », en 1977, l’Angola avait été le seul Etat africain à le faire à l’exception de la Tanzanie de Julius Nyerere.

La crainte des soldats zaïrois

Outre 1 500 Marocains, cette force sera au final composée de 585 Sénégalais, 150 Togolais, 45 Gabonais et quelques Égyptiens. Leur transport est assuré par les Etats-Unis, qui se réjouissent de leur déploiement – contrairement à la Belgique, qui refuse de participer à son financement…

Pour les soldats africains, les problèmes commencent dès la descente d’avion à Lubumbashi, la capitale du Shaba. Lorsque le premier contingent sénégalais débarque, aucun véhicule ne les attend !

Leurs tracas ne font que commencer, d’autant plus que les contingents ne s’entendent pas entre eux. Les Marocains qui chapeautent les opérations au niveau de la province n’emportent pas l’adhésion. A tel point que la responsabilité de la ville de Kolwezi leur sera retirée et confiée au contingent sénégalais. Ce qui n’arrange pas vraiment les choses. Mais le véritable péril est ailleurs…

Inquiet pour les hommes qu’il a envoyés sur place, le président Léopold Sédar Senghor craint le pire et s’en ouvre à l’ambassadeur de France à Dakar : « Toutes les éventualités doivent être envisagées, même celle qui consisterait à voir les forces zaïroises retourner leurs armes contres des forces amies. »

Dans la sphère d’influence française, toutes les capitales ne s’enthousiasment pas pour cette force africaine. Ndjamena a applaudi l’« opération-sauvetage » de Kolwezi. « Il est normal qu’on vole au secours de ceux qui sont faibles, déclare le chef de l’État, Félix Malloum. Je ne vois pas pourquoi on n’interviendrait pas pour donner secours à ceux qui sont en danger. »

Mais il ne fournira pas de troupes. Il est vrai que le général Malloum est lui-même « en danger ». (Goukouni Oueddei, chef des Forces armées populaires soutenues par la Libye, lui succédera l’année suivante.)

La Côte d’Ivoire ne déborde pas d’enthousiasme. A Abidjan, l’ambassadeur de France annonce au président Félix Houphouët-Boigny, le 18 mai, qu’un avion français doit atterrir à la base de Port-Bouët pour y prendre des militaires attendus au Zaïre. « Le Vieux » lui répond de façon sibylline : « A l’aéroport de Port-Bouët, on est très heureux d’accueillir des avions militaires français ». Cet ami de la France, fidèle parmi les fidèles, se gardera toutefois d’envoyer des militaires au Zaïre, se contentant d’y dépêcher des médecins et infirmiers.

Plusieurs capitales africaines, y compris « progressistes », reconnaissent au Zaïre le droit de faire appel à des forces étrangères, à plus forte raison si elles sont africaines. C’est la position du Ghana, qui souligne, cependant, que ces interventions étrangères doivent être de courte durée. Tant pis si elles ne correspondent en rien à la défense commune que l’ex-président Kwame Nkrumah appelait de ses vœux dès le début des années 1960.

Même le Mozambique, pourtant marxiste, n’est pas hostile à cette initiative franco-africaine. C’est le sauvetage des seuls « Blancs » ou « Européens » qu’un responsable mozambicain reprochera plutôt à Paul Blanc, ambassadeur de France à Maputo.

Ne se laissant pas démonter, le diplomate répliquera que les soldats français ont sauvé « ceux qui étaient menacés de massacre et pouvaient être rapatriés » par des « envahisseurs, racistes eux-mêmes (qui) s’acharnaient d’abord sur les Blancs ». Les Zaïrois, ajoutera-t-il, « ne pouvaient, du reste, être « rapatriés » nulle part. »

Un premier bilan mortel, publié par le Comité international de la Croix-Rouge, à l’issue de la bataille de Kolwezi, en juin 1978, fera état de 855 morts à Kolwezi, dont 136 Européens.

 

 

Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, Afrique du Sud, ANC, Nelson Mandela, Pamhard AML, Afrique Australe

5 Comments

  1. Que peut on attendre d une monarchie de vendue c est qui a vendues ses freres arabes sur tout les domaines celles qui a perpetrez des attentat terroristes pour le comptes du sionismes regnant en se bas monde la verite est la realites des choses depasse l entendement la monarchies marocaines est un virus guide par les juifs est la frances est d autres grande nation qui en ont faits sont obget d analyse sur la menthalites arabes mais un marocains na rien a voir avec un algerien fier de l etres la plus par des marocain ne se reconnaisse plus dans cette monarchie ils en ont reelement honte est je les comprend la fin de cette mascarade marocaine est arriver a sont termes est c est la fin est l eradication du virus marocain Vive la republique .

  2. Bonsoir, opérations bonite, shaba 1 & 2. La photo d’illustration de rfi est très explicite.
    saha ftourkoum.
    http://www.rfi.fr/afrique/20180519-bataille-kolwezi-afrique-divisee-mobutu-zaire-rdc-histoire-vge-giscard

  3. Pays de la misère ou celle -ci est de plus en plus grande grande Il suffit de se promener dans les villes tout part en co.. les bâtiments , les gens , la délinquance , la conduite ,on est envahi de migrants et j’en passe ….. J ai honte d être dans ce pays et je pense le quitté au plus plutôt
    Par contre pour acheter des armes il n y a pas de Pb
    L argent serait mieux placé a l Education et aux hôpitaux
    Le petit roi à peur pour sa place et pour son argent !!! Pays sans valeur industrielle qui compte que sur les entreprises extérieures qui leur donnent du travail , vivant de dons et de subvention de l Europe et des pays arabes seules richesses le phosphate et le tourisme . Mais vu ce qui se passe sans arrêt avec les méthodes de vie moyenne ageseuses les touristes hésitent a venir sur les plages infestées d islamistes et de frustrés du sexe ou l’on ne peut même pas être tranquille particulièrement les femmes

  4. Autour de ça, « pour monter une opération aéroportée (AOP) très audacieuse, à 5 000 kilomètres de la France. Le raid sur Kolwezi, c’est tout d’abord l’intervention française qui a redoré le blason des parachutistes, longtemps associés à la guerre d’Algérie à la défaite de Diên Biên Phu. Il a aussi marqué la détermination politique de la France alors que jusqu’au bout la Belgique a cru qu’il serait possible de négocier avec les rebelles »
    http://www.rfi.fr/afrique/20180518-kolwesi-40-ans-apres-retour-raid-legion-francaise-zaire

  5. L’alignement du Maroc sur les thèses du régime raciste d’apartheid de Prétoria a débuté quelques mois avant la mort de Mohamed 5. Le prince héritier, le futur roi Hassan 2 dirigeait les services de renseignements du royaume et été posté la plupart du temps à Oujda où pullulaient les combattants algériens de l’ALN. Nelson Mandela, fondateur de l’ANC était recherché par toutes les polices sud africaines… Ce qui ne l’empêcha de rendre visite aux camps d’entrainement du FLN au Maroc. Dès son retour, il fut cueilli comme un bleu par la police sud africaine qui venait d’être informée par le chef des renseignements marocain qui avait déjà à son actif le détourenement par l’armée françaie de l’avion des dirigeants du FLN..
    Libéré après 28 ans d’emprisonnement Mandela ne visita jamais le Maroc. Lors de ses obsèques, ses successeurs empêchèrent le roi du Maroc d’y assister, selon les voeux de Mandela. A la tribune officielle, le président américain, Barack Obama se dirigea ostensiblement vers le président de la RASD et lui serra la main.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*