Le régime de Blaise Compaoré vu par les services secrets marocains

Climat au 20/04/2011

Selon plusieurs sources sécuritaires fiables actives dans la région consultées par G.I.P, la contestation actuelle au Burkina Faso serait en phase d’ « intensification », ce qui laisse à penser que nous sommes en présence d’un mouvement de fond, visant en fin de course à la destitution de Blaise Compaoré.

En effet, la contestation vient du cœur du pouvoir, et les réactions hésitantes de la Présidence jusque-là laissent à penser que nous sommes en présence d’une perte de maîtrise de la part du Chef de l’état, alliée à une grande fébrilité, ce qui montre une fragilisation de la colonne de pouvoir.

Les raisons structurelles de la crise sont connues : corruption des cercles proches du pouvoir, népotisme et clientélisme tribal constituent en effet le socle de gouvernance mis en place par Blaise Compaoré, malgré un vernis extérieur qui voudrait présenter le pays comme un bon élève régional et le chef de l’état comme un médiateur panafricain de premier plan.

En réalité, il apparaît de plus en plus que Blaise Compaoré – qui serait souffrant d’un cancer selon plusieurs sources fiables et concordantes- n’a pas l’épaisseur intellectuelle dont il s’est longtemps prévalu, notamment auprès des parrains occidentaux du Burkina Faso, au premier rang desquels se

trouve la France.

Les raisons conjoncturelles de la crise actuelle sont multiples, mais découlent en majorité de la combinaison de la crise ivoirienne et du « Printemps Arabe », ceci favorisant un triple effet :

• Augmentation des populations fuyant le conflit / accroissement de la pression sur le Burkina à travers l’exode en direction du sud-ouest du pays.

• Apparition massive de fonds et d’armes suivant un mouvement nord-sud (pro-Gbagbo) et sud-nord

(pro Ouattara), auquel s’est greffée une « industrie de l’enlèvement » et du trafic.

• Augmentation des revendications de la rue et des clientèles politiques délaissées par Blaise Compaoré, qui souhaitent désormais présidentielles avoir accès aux prébendes

Scénarios à court terme

Selon notre analyse, l’on peut raisonnablement estimer que le Président Compaoré sera poussé vers la sortie assez rapidement, dans une période allant de trois mois à un an, sous le double effet de la contestation et de son état de santé.

En tout état de cause, nous estimons qu’il ne terminera pas son mandat à la tête du Burkina Faso.

La manière dont il quittera le pouvoir aura un impact considérable sur le devenir de ce pays central pour la stabilité en Afrique, faisant la liaison entre l’Arc Sahélien et la zone UEMOA, et constituant un tampon sécuritaire important.

Néanmoins, étant donné le contexte géostratégique, nous en pouvons, à ce stade, exclure une intervention « discrète » des puissances occidentales (et notamment de la France), en soutien à Blaise Compaoré, afin de permettre une transition « douce ».

Une telle intervention ne constituerait cependant, selon notre analyse, qu’une manière de pouvoir gagner du temps et en saurait représenter une réponse durable à la crise dans le pays.

Or, une déstabilisation du Burkina Faso aurait des conséquences catastrophiques pour toute la sous-région, tant du point de vue politique qu’économique ou sécuritaire.

En seconde lecture, l’apparition d’une zone refuge pour les groupes liés à Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), se déportant du Mali vers le Burkina, constituerait un basculement du pôle de gravité de leur base arrière logistique, et fait légitimement craindre des risques de contamination régionale.

Il s’agirait alors du pire scénario envisageable pur le Burkina Faso, qui basculerait alors dans une instabilité durable.

::::::::::::::::::FIN DE LA NOTE D’ANALYSE :::::::::::::::::

Global Intelligence Partners

Tags : Burkina Faso, Sahel, terrorisme, France

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