Maroc : Le triple coup qui a réduit El Othmani au silence

par Saïd Salmi

Depuis le lancement de la campagne de boycott, ont fait surface de nouveau les questions burlesques sur le secret derrière le silence d’El Othmani autour des questions les plus controversées de la scène publique en donnant lieu à des interprétations différentes. Ceux qui pensent que le premier ministre est un « fonctionnaire aux ordres qui n’a pas le choix», et le considèrent comme « le dernier à s’informer » et ceux qui attribuent son silence à un étrange genre « d’intelligence » devenue règle permanente qui guide la relation entre les politiciens marocains et les citoyens depuis la nuit des temps et qui fait qu’ils tournent le dos lorsqu’ils ils atteignent des postes de responsabilité. Leur règle d’or devient le silence.

Au milieu de ce consensus, il y a d’autres qui se sont intéressés au changement radical dans le discours d’El Othmani depuis son poste de responsabilité entre deux lapses de temps très proches: entre maintenant et lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères. Personne n’a oublié comment il multipliait à gauche et à droite les déclarations à Alger sur l’une des questions les plus sensibles de la diplomatie marocaine. Alors, qu’est-ce qui a changé depuis?

Selon les connaisseurs des secrets de la diplomatie marocaine, ce qu’El Othmani ignorait lors de son arrivée au ministère des affaires étrangères c’est que la structure de ce dernier est plus complexe dans la réalité malgré qu’elle n’est qu’un petit exemple de notre système politique régi par deux têtes à la fois: la DGED, qui est la tête dominante, et la deuxième est représentée par les bureaucrates chargés des questions administratives, les ressources humaines, les relations publiques et tous les services liés au sujet. Les politiciens censés représenter la voix du peuple n’ont aucune place dans l’engrenage des influences dans ce ministère en particulier et n’ont aucune autorité même sur leurs propres portefeuilles.

C’est la DGED qui nomme les ambassadeurs à des postes sensibles, comme l’Arabie saoudite, l’Algérie d’où El Othmani lançait ses déclarations, la France, les Etats-Unis, la Mauritanie et la Russie. Dans la plupart des cas, elle procède à ces nominations parmi ses cadres à l’instar du Colonel Abdelkrim Semmar qui a exercé en Arabie Saoudite pendant plus de 34 ans jusqu’à sa mort.

La DGED n’est pas seulement le prototype d’un « Etat dans l’Etat », un qualificatif qui décrit ce genre de services comme la CIA américaine et le DGSE française et autres, mais plus encore, dans ce cas-ci ils contrôlent l’entièreté de l’Etat pour ne pas dire qu’ils sont l’Etat-même, au grand dam des bureaucrates, bien que la première victime de ce conflit souterrain est la performance diplomatique et les intérêts stratégiques du Maroc.

Les politiciens, eux, ne peuvent jamais rêver d’un rôle important dans la prise de décision dans les bâtiments des affaires étrangères. Un des exemples qui prouvent cette réalité est ce qui est arrivé à Saad Eddine El Othmani qui a failli être une exception dans un contexte marqué par le réveil des peuples qui a rendu aux politiciens un peu de considération au sein du système du pouvoir avant que leur étoile ne s’éteigne.

Selon des sources fiables des coulisses du ministère, El Othmani a essayé de prendre l’initiative, non seulement à travers des décisions comme l’interdiction des jupes, à titre d’exemple, ce qui a mis en colère les bureaucrates qui considéraient la décision comme une dérogation aux règles de la profession diplomatique. Il ne les consultait que rarement, ce qui a été considéré par les directeurs des sections et le secrétaire général à l’époque, Nasser Bourita, comme une sorte de « dictature ».

Selon les mêmes sources, la DGED, étant crispée par les nombreuses sorties médiatiques d’El Othmani, en particulier en Algérie, la « tête » bureaucratique et celle des services secrets se sont alliés contre lui dans une opération concoctée par le trio Nasser Bourita Bourita, Fassi Fihri et Youssef El Amrani. Ils lui ont tendu le piège du sac rempli d’argent saisi par les autorités à l’aéroport du Koweït, et a été pris comme prétexte pour se débarrasser de lui. (L’hebdomadaire d’Al-Alaoui a déjà fait allusion à cet incident sans mentionner les noms ni les détails).

Ce qui est curieux et, ironie de l’histoire, est que Benkirane, lorsqu’il il a été contraint de laisser tomber El Othmani moyennant un remaniement gouvernemental, laissant son poste à MEZOUAR, a déclaré aux journalistes : « N’ayez crainte pour Saad, il va rebondir ». Et le voilà vraiment « rebondi » et il a probablement appris la leçon, en devenant un agneau beaucoup trop docile.

Le rappel de cette anecdote n’est pas fortuit. D’après Maghreb Intelligence, un site proche de la DGED, Mohamed Yassine Mansouri remplacera Nasser Bourita dans le poste de chef de la diplomatie, en raison des « erreurs accumulées par ce dernier dans ce secteur sensible ».

Malgré que le site attribue ce changement à la volonté royale de passer à la « vitesse supérieure dans la gestion du dossier du Sahara », la nomination de Mansouri, si elle est confirmée, reflète également la volonté royale d’exclure les bureaucrates de la scène et limiter leur rôle à la gestion des affaires administrative internes, ce qui est conforme à l’orientation générale de l’Etat depuis les deux dernières années, à savoir, davantage d’Etat policier. Sans oublier que Mansouri, lui, ne communique pas avec les médias nationaux et ne leur donne aucune considération bien que le citoyen est le premier et le dernier concerné par ce qui se passe! Nous nous plaignions de la mauvaise communication et le manque d’information sur les affaires qui concernent les marocains. Maintenant nous nous retrouvons dans un climat de silence total.

Source

 

Tags : Maroc, El Othmani, DGED, Makhzen, Bourita, Fassi-Fihri, El Amrani, Benkirane, diplomatie

One Comment

  1. meme cette dgse ne control plus rien peut etre elle control l administration est autres
    mais la volonte populaires elles ne la controlera pas meme pas en reves
    car cette une nouvelle eres l eres des sourd muets qui retrouve la voix
    est la parole, la sorcellerie a pris fin ses personnes cles qui changereons les regnes
    de se pouvoir en une egalites des droits est des peuples sont belle est bien la
    la dgse est ses nouveaux menbres savent que leurs fins est arrivees
    certes que mansouri est un homme intellectuel charismatiques
    mais tres discret pour le role qu ils joues
    mais cela ne lui suffirat pas pour proteger sont sont ancien camarades de classe royale
    le jeune M6, ils va leurs falloirs prendres les bonnes decisions avant qu ils ne soit decimees
    a jamais de se bas monde c est le temps de la grandes explosion revolutionnaires dans le monde arabes.

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