L’officialisation de « Yennayer » en Algérie met le Maroc dans l’embarras!

La décision du président Bouteflika sur la consécration du premier jour de l’An Amazigh – journée chômée et payée- risque de raviver les revendications au Maroc afin de faire de même, sachant que de nombreuses associations réclament la promotion de l’identité amazighe.

Des activistes de l’identité amazighe au Maroc ont d’ailleurs lancé un appel à une grève générale samedi pour mettre la pression sur le gouvernement – qui s’obstine jusque-là à faire la sourde oreille à la revendication de « Yennayer » une fête nationale- pour emboîter le pas aux autorités algériennes.
Il convient de rappeler dans ce sillage que l’Algérie a décidé de revoir la loi définissant les fêtes nationale, d’y introduire « Yennayer » et de créer une académie de Tamazight en perspective de la généralisation de son enseignement sur l’ensemble du territoire national.
En parallèle, des activistes marocains ont lancé sur les réseaux sociaux une pétition visant à recueillir un million de signatures et de s’inspirer de la démarche algérienne avant de la soumettre aux autorités marocaines. Cette initiative qui n’en est évidemment qu’à ses débuts devrait trouver l’écho escompté chez la population amazighe.
Ces revendications font à coup sûr suite au rejet de ladite revendication par les officiels marocains, dont le ministre de la Fonction publique, Mohamed Ben Abdelkader a répondu sèchement à une question d’un député sur le nouvel an amazigh: « Nous avons une constitution et un Conseil national des langues et de la culture marocaines ainsi que la Loi organique sur le caractère officiel de l’Amazigh en mesure de traiter éventuellement cette question », avant d’ajouter que:  » Cette fête (Yennayer) correspond à un calibrage qui n’a aucune relation avec des calendriers comme le grégorien ou celui de l’hégire ».
Cette déclaration n’a pas été du goût des défenseurs de l’identité amazighe, à l’image de Rachid El Hahi – auteur du livre « L’Amazighe et le pouvoir »- UI n’a pas tardé à réagir: « C’est une décision frustrante. Elle ne correspond pas à la revendication, aux attentes et au statut de Tamazight proclamée comme une composante de l’identité nationale marocaine et dès lors qu’elle soit reconnue langue officielle de l’Etat dans la constitution de 2011 ».
Si l’Algérie avait réussi à contenir les manifestations qui ont éclaté au lendemain du rejet de l’amendement -portant généralisation d’enseignement de la langue amazighe-introduit par la députée PT, Nadia Chouiter, et de barrer la route à ceux qui seraient tentés de l’exploiter politiquement, elle aurait mis par là-même sa voisine ouest (Maroc) dans une situation embarrassante. Ce dernier n’est toujours pas parvenu à en finir avec la crise et les conséquences de l’agitation sociale qui a ébranlé le Rif, bien qu’il ne cesse de se targue d’être le seul pays de la région à avoir assuré un meilleur traitement à une question des plus sensibles, à savoir Tamazight.

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