L’UA adopte le document et met le Makhzen en porte-à-faux

Hocine Adryen

Le roi du Maroc Mohamed VI a évité de se déplacer à Addis-Abeba pour y participer au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement afin de sépargner une gifle qu’il n’aurait pas oubliée de sitôt. Si le souverain marocain s’est permis le luxe de se présenter lors du sommet précédent -qui a vu l’adhésion automatique de son pays à l’UA après l’avoir quittée trente ans auparavant- cette fois-ci il, a préféré s’abstenir car il redoutait un camouflet à sa personne et à son pays. En effet l’UA, qui a inscrit à son ordre du jour la question du Sahara occidental, n’allait pas faire de cadeau au souverain. La délégation du Maroc, conduite par le chef du gouvernement, a vainement protesté contre le rapport « Paix et sécurité » au sommet de l’Union africaine, accusant le document d’être « en contradiction avec la position de l’ONU sur le statut du Sahara occidental ». Rabat a même demandé l’amendement de certains passages du rapport « Paix et sécurité » présenté par le Commissaire pour la paix et la sécurité, Smaïl Chergui, soumis aux chefs d’Etat dimanche 28 janvier 2018.

Les paragraphes 117 et 118 de ce rapport ont été rejetés par les Marocains. Lesdits paragraphes demandent aux chefs d’État africains d’exhorter le Maroc, pays membre de l’Union africaine, d’accepter le retour à Laâyoune de la mission de l’UA pour le Sahara occidental. Sauf que cette mission, dirigée par le Mozambicain Joaquim Chissano, n’est pas reconnue par Rabat

. Les mêmes passages demandent « l’instauration d’une mission de surveillance des droits de l’homme » dans le territoire du Sahara. Le Maroc incrimine un passage qui demande à la fondation suisse Crans Montana de ne plus organiser son forum annuel à Dakhla. De plus, le Conseil exécutif de l’Union africaine (CUA), réuni à l’occasion du 30e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, a appelé le Maroc à faciliter le déroulement de la mission d’établissement « des faits sur le territoire du Sahara occidental », en application de la décision 689 adoptée en 2012 par la 20e session du Conseil exécutif. L’Union africaine a, également, invité le Maroc à « signer et ratifier la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, outre les instruments pertinents de défense des droits de l’homme ». En janvier 2012, l’UA avait demandé à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) d’entreprendre une mission dans le territoire occupé de la République arabe sahraouie démocratique « en vue d’enquêter sur les violations des droits de l’homme » et d’en faire « un rapport à la prochaine session ordinaire » du Conseil exécutif en janvier 2013. En exécution de cette décision, la CADHP avait adressé, en avril 2012, une note verbale au gouvernement marocain lui demandant de « lui assurer la sécurité de passage » jusqu’au territoire occupé du Sahara occidental. Cette note verbale a été suivie d’une deuxième note en août 2012, « mais aucune réponse n’a été reçue » à ce jour de la part des autorités marocaines.

La Commission n’a donc pas pu se rendre dans le territoire occupé par le Maroc. Avant-hier, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) a adopté, par consensus, une « décision de soutien à la relance du processus de négociations entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) » en vue de parvenir à une solution durable au conflit du Sahara occidental, qui soit conforme à la lettre et à l’esprit des décisions pertinentes de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), de l’Union africaine (UA) et des Nations unies. Malgré le forcing marocain, qui se targue d’avoir le soutien unanime des Etats membres de l’UA, le document a été approuvé à une grande majorité sauf la voix du Maroc, qui a voté contre.

Les entreprises européennes montrées du doigt

L’eurodéputée Paloma Lopez a appelé l’UE à « prendre les mesures nécessaires » à l’encontre de ces entreprises européennes qui violent le droit international, qui par leurs liens économiques et commerciaux avec le Maroc qui, par leur présence au Sahara occidental occupé, « renforcent l’emprise économique illégale de la puissance occupante » sur ce territoire. Elle demande à ces pays de se conformer à l’arrêt de la CJUE. Dans des questions écrites adressées à la Commission européenne, Paloma Lopez a mis en lumière la participation d’entreprises européennes à l’exploitation illégale des ressources du Sahara occidental par le Maroc, citant, à ce titre, le cas de la société britannique Windhoist et de la finlandaise Wärtsilä. La députée a exhorté l’exécutif européen à « s’assurer que ces sociétés se conforment au droit international et aux décisions de la Cour européenne de justice » qui a conclu, en décembre 2016, que les accords d’association et de libéralisation UE-Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental, soulignant le statut « séparé et distinct » de ce territoire tel que défini dans la résolution 2625 de l’Assemblée générale de l’ONU. Windhoist, une société de construction d’éoliennes basée au Royaume-Uni, a décidé de construire 56 éoliennes Siemens au parc éolien d’Aftissat, situé à 45 km au sud de Boujdour, au Sahara occidental occupé. De même pour la compagnie d’énergie finlandaise Wärtsilä qui a conclu un accord avec le gouvernement marocain pour fournir une centrale électrique de 22MW à Dakhla, située également au Sahara occidental occupé.

L’équipement sera livré début 2018, et l’usine devrait être pleinement opérationnelle en janvier 2019. En 2010, le Comité finlandais de la Paix a interrogé Wärtsilä au sujet de son implication au Sahara Occidental occupé. L’entreprise a répondu que du point de vue de Wärtsilä, « il est difficile de considérer que ce projet est douteux ».

Tags: Maroc, Sahara Occidental, Polisario, Union Africaine,

5 Comments

  1. Il vaut mieux que la diplomatie marocaine dise la vérité pour que les marocains puissent croire en leur gouvernement et répondre aux avances et théories des autres. La Maroc doit toujours reproduire les choses telles qu’elles sont et donner leurs réponses pour qu’ils aient crédibilité de toute l’histoire et non des miettes qui sortent du politique non convaincu de ses activités….

  2. La diplomatie marocaine Est basée sur trois piliers ,le premier c’est de la propagande en forme de mensonges pathologiques, le deuxième c’est de la corruption ,ainsi soudoyer tous les sans scrupules ,et le troisième se sont les ruses. Mais le temps est l’antidote de ces ingredients utilisés dans la recette désastreuse de la démagogie marocaine, qui est vouée a l’échec, parce qu’elle Est concocter par l’élite française peu scrupuleuse, qui a les richesses du Sahara a l’oeil et Elle veut sa part du gateau par l’entremise du roi des pieuvres et sa mafia.
    https://www.republiquedumaroc.com
    https://www.moroccorepublic.com

  3. M6 s’ est fait piégé en adhérant à l’UA pensant naïvement que cette adhésion allait automatiquement exclure la RASD grâce au soutien de ces pays africains dits amis oubliant qu’il n’y a pas d’amitié entre pays mais uniquement des intérêts et le refus diplomatie à la demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO en est une preuve irréfutable.

  4. M'hamed Hamrouch

    Une autre gifle au Régime allaouite du Makhzen en ce début d’année 2018 apres :
    1/- la réunion de Berlin du 22 janvier 2018 entre Kohler et le Président de la RASD,
    2/- la proposition du procureur Général de la CJUE en date du 16 janvier 2018 pour l’annulation de l’Accord de Pêche UE-Maroc.

  5. momo le 6eme casse toi, mais pas en France.

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