Macron perd 10 points de popularité en juillet : une chute record

Encore majoritaire mais victime d’une chute sévère, Emmanuel Macron traverse le premier coup de tabac de son quinquennat. Le chef de l’Etat perd dix points en un mois dans le baromètre de l’exécutif réalisé par l’Ifop pour le JDD. Hormis Jacques Chirac, qui avait perdu 15 points entre mai et juillet 1995, c’est la plus forte baisse d’un président après trois mois au pouvoir. La satisfaction des Français envers son action s’établit désormais à 54%. « Pour Emmanuel Macron, l’entrée dans l’atmosphère est brutale, observe Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. Il subit le contrecoup de griefs divers, provenant de secteurs différents de la société. »

De fait, si la crise de cette semaine autour du budget des armées semble avoir contribué à la disgrâce, d’autres causes sont invoquées par les sondés et transparaissent dans les chiffres : la hausse de la CSG qui inquiète les retraités (-11 points chez les plus de 65 ans, -14 chez les 50-64 ans), la future réforme du droit du travail et le rétablissement du jour de carence pour les agents publics qui déplaisent à l’électorat de gauche et aux fonctionnaires (-12 points chez les sympathisants du PS, -18 parmi les salariés du secteur public), la confusion autour des mesures fiscales qui a déstabilisé les classes moyennes et l’électorat de droite (-25 points chez les partisans du MoDem, -11 parmi ceux des Républicains).

« Com » et « autoritarisme »

Plusieurs de ces mesures ont en outre alimenté la crainte que les promesses du candidat Macron ne seraient pas tenues. « Certains sondés critiquent à voix haute une présidence fondée sur la com’ », signale Jérôme Fourquet. D’autres reprochent au Président son « autoritarisme » face au général de Villiers, même si une part non négligeable continuent de souligner la stature du chef de l’Etat et le rythme de son action, en soulignant le contraste avec son prédécesseur.

Avec cette dégringolade subite, Macron se situe encore à un niveau élevé par rapport à ses devanciers : Mitterrand ne ­recueillait que 48% de satisfaction en septembre 1981. Hollande (56% en juillet 2012) et Nicolas Sarkozy (66% en juillet 2007) ont fait mieux, mais la suite a été rude pour eux aussi. Après un été en pente forte, le chef de l’État doit s’attendre à un automne périlleux. De son côté, le Premier ministre Edouard Philippe perd 8 points à 56% de satisfaits.

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