Comment le Maroc a espionné des hauts responsables algériens à Paris

Une affaire d’espionnage éclabousse en ce moment la France. Un espion marocain dénommé Driss. A a été interpellé après avoir soudoyé et enroulé un capitaine de la police aux frontières de l’aéroport d’Orly à travers lequel il a obtenu illégalement des informations confidentielles. 

“Un capitaine de police à la dérive, un dirigeant d’entreprise matois et un agent de renseignement marocain. C’est l’étonnant attelage qui a permis au royaume chérifien d’espionner la France en récupérant des informations confidentielles, en toute illégalité. La justice française, qui travaille depuis un peu plus d’un an sur l’affaire, a établi un premier scénario : le fonctionnaire de la police aux frontières d’Orly, retourné par les services secrets marocains, leur transmettait des informations ultrasensibles en échange de voyages tous frais payés”, révèle ainsi dans une enquête croustillante le quotidien français Libération qui a fait exploser cette affaire.

Celle-ci nous apprend également que cet agent marocain a espionné également l’Algérie et plusieurs hauts responsables algériens qui ont séjourné à Paris. “À son domicile, Driss A. conservait des documents de la PAF sur le passage de frontière d’un ancien haut responsable algérien, ainsi que deux notes de l’ambassade algérienne à propos des passages de deux ministres en exercice dans le pays voisin et éternel rival du Maroc “, indique à ce sujet les journalistes enquêteurs de Libération.

Le média français ne fournit pas l’identité de ces hauts responsables. Mais un journaliste de Libération en charge de cette enquête a révélé à nos confrères de TSA que les deux dirigeants algériens espionnés par le Maroc sont  Hamid Grine, ministre de la Communication, et Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur, tous les deux de passage à Paris en 2016 lors de visites officielles.

Les autorités algériennes n’ont pas encore réagi officiellement à propos de ces révélations. En France, une juge d’instruction du tribunal de grande instance de Créteil a mis en examen le policier français le 31 mai, notamment pour corruption et violation du secret professionnel, et l’a placé en détention provisoire. Le directeur d’une société de sûreté travaillant à l’aéroport d’Orly, soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire entre le fonctionnaire et un agent marocain, est lui aussi poursuivi et maintenu en détention provisoire.

Soulignons enfin que le policier français a reconnu avoir transmis des informations sensibles aux services du royaume, via le directeur d’une entreprise de sécurité de l’aéroport. Le fonctionnaire de la police aux frontières (PAF) d’Orly a affirmé en dernier lieu que sa hiérarchie était informée de ses combines.

 Abdou Semmar

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