Maroc : De Hassan II à Mohammed VI, la rancune en héritage

Tout en étant un politicien très rusé, Hassan II fut un abominable assassin, qui faisait torturer ses opposants dans les caves de la Sûreté à Rabat, et qui, après un attentat fomenté par son ministre de l’Intérieur, le général Oufkir, non seulement fit exécuter ce dernier – on dit même que c’est lui qui le flingua, au palais de Skhirat –, mais envoya au bagne toute sa famille : la mère, deux filles, deux garçons dont un de trois ans et demi, et une cousine. Puis il fit raser leur maison.

Qualifié de « petit fanfaron du crime » par l’écrivain français Gilles Perrault, qui raconta cette affaire dans un livre, Notre ami le roi, il eut le culot d’admettre tous ses méfaits le 13 février 1998, en recevant avec une grande publicité une délégation d’Amnesty International.

En effet, on critiquait peu Hassan II, car il invitait souvent les journalistes français, les hébergeant dans le plus bel hôtel d’Afrique, la Mamounia de Marrakech, dont il était propriétaire, et organisant pour eux de somptueuses fêtes (son fils continue dans cette voie). Reconnaissant tout, la sinistre prison de Kenitra, le bagne de Tazmamart, l’emprisonnement de la famille Oufkir…, il a eu le culot d’avancer ce mot lorsqu’on l’interrogea sur Oufkir et la famille innocente emprisonnée plus de vingt ans : « Tout chef d’État a son jardin secret ».

Hassan II était extrêmement rancunier au point de s’en prendre à la famille d’Oufkir, qui n’était en rien responsable des actes de son père. Même lorsque deux membres, le garçon le plus jeune et une de ses sœurs, réussirent à s’évader, parvenant à téléphoner à l’avocat de la famille,  maître Georges Kiejman, à Paris, lequel a révélé le scandale, il a envoyé la police à leur trousse, furent capturés renvoyés au cachot pour quelques années supplémentaires.

Mohammed VI semble avoir hérité ce caractère rancunier de son père sanguinaire. Il n’a pas digéré Le roi prédateur, le précédent livre des deux journalistes français contre lesquels il a porté plainte, Éric Laurent et Catherine Graciet, car ils ne l’y ont guère ménagé : incapable, accapareur, flemmard, se déchargeant de la conduite de l’État sur ses anciens copains de classe tous plus filous les uns que les autres, brutal, vulgaire, grossier…

Alors, bien sûr, quand il a été certain que les deux trublions s’apprêtaient à publier sur lui un autre livre contenant des révélations gênantes, il a fait monter un coup pour les en empêcher : leur donner à croire qu’il était prêt à leur graisser la patte afin qu’ils mettent leur livre dans un tiroir et n’en parlent plus, répandre le bruit qu’eux-mêmes lui avaient réclamé trois millions d’euros pour le prix de leur silence, puis leur expédier un émissaire avec quatre-vingt mille euros en guise d’acompte, tout en prévenant la police française, qui ainsi les prendrait en flagrant délit à leur sortie de l’Hôtel Raphaël, les poches pleines de billets. La vengeance est un plat qui se mange froid.

 

Tags : Maroc, Hassan II, Mohammed VI, Oufkir, Mamounia, Notre ami le Roi, Le Roi prédateur, Eric Laurent, Catherine Graciet, monarchie alaouite

4 Comments

  1. Même si le roi ne vaut rien, les 2 journalistes sont irrémédiablement discrédité, en cela, c’est un bon coup d’éponge. Quand ont montre la merde des autres, il faut avoir le cul propre.

  2. Azzouz Anouar

    Vous plaisantez! Les deux véreux journalistes ont reconnu qu’ils avaient besoin d’argent et ce qui leur a fait faire ce chantage ridicule; Ils sont indéfendables!!

  3. Je dis simplement pourquoi vous n’avez pas l’audace ( pour ne pas dire autre chose) d’écrire sur ceux qui tue des enfants du côtés d’Israël…. Ou vs avez déjà touché votre part d’avance. En carabiné.

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