Maroc : debout contre l’emprisonnement politique

Depuis plus d’un mois, les populations de la région du Nord marocain descendent dans la rue pour réclamer de manière pacifique plus de justice et le respect des engagements pris pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Les réponses ne se sont pas fait attendre : bastonnades, arrestations… Malgré cette répression, le Mouvement Hirak continue à défier une politique de servitude et de non droit. Les arrestations systématiques des militants ne font qu’accroître la colère d’une population qui n’a fait que réclamer la justice et l’équité.

Une des militantes activistes, la chanteuse Sylia Zyani, arrêtée le 5 juin 2017 et toujours emprisonnée, a exprimé publiquement par la voie de son avocate son émotion et son ressenti face à sa région, le Rif. En voici quelques lignes :
« Je pense au Rif … Je sens sa tendresse… Comme je le disais toujours et moi au milieu de la protestation : le Rif est dans mes veines…(…)
Que le monde sache que nous n’avons rien fait d’autre que réclamer des choses justes et légitimes et que nous craignons pour notre patrie plus que quiconque
…(…) »

Ce mouvement de protestations avec son lot d’arrestations a gagné plusieurs villes du pays, relayé à l’étranger et particulièrement en France par des rassemblements en face de de l’Ambassade du Maroc à Paris, des meetings de soutien ainsi que, ce 2 juillet, une manifestation à la place de la Bastille pour mobiliser contre l’escalade liberticide au Maroc et soutenir tous(tes) les détenus(es) politiques.

Au Maroc, des femmes, constituées en mouvement «  Marocaines debout contre l’emprisonnement politique  » appellent à une manifestation ce vendredi 7 juillet à Casablanca et ont publié un communiqué [1] :
« Depuis quelques mois, le Maroc est secoué par un mouvement social historique : le « Hirak » du Rif. Né dans une région marginalisée, suite à la mort de Mohcine Fikri, pêcheur broyé alors qu’il essayait de récupérer sa marchandise confisquée par les autorités, le « Hirak » est un mouvement qui revendique plus de justice sociale et lutte contre sa marginalisation. Face à l’ampleur de ce mouvement, l’Etat marocain n’a malheureusement eu qu’une seule réponse : celle de la répression faisant près de 150 arrestations à ce jour.
Dans ce contexte, conscientes de l’importance que jouent les femmes dans le « Hirak » du Rif et suite à l’arrestation de la chanteuse du mouvement Silya, nous, femmes marocaines, appelons à faire du mois de juillet, un mois placé sous le signe de la lutte pour la libération des prisonniers politiques du « Hirak ».
Aujourd’hui, plus que jamais les voix de l’ensemble des femmes doivent porter la voix des femmes de Al Hoceima qui bravent les matraques quasi-quotidiennement en sortant dans les rues de la ville exprimer leur colère et demander la libération de leurs maris, leurs fils, leurs frères ou camarades aujourd’hui derrière les barreaux.
Nous femmes marocaines, demandons à toutes les femmes issues de la diaspora et de l’immigration de se solidariser à la cause des prisonniers politiques du « Hirak » et à la cause des femmes du « Hirak » qui aujourd’hui continuent à porter la voix de celles et ceux que l’Etat a décidé de bâillonner.

Ensemble soyons debout pour faire du mois de juillet un mois de lutte internationale pour la libération des prisonniers politiques du « Hirak ». »

par Hayat Bousta 

Rezo Citoyen, 4 juillet 2017

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