Le Maroc, État-voyou même chez lui

mad Al Attibi, en état de mort cécébral depuis vendredi 21 juillet à Al Hoceima

Le Maroc a tout de l’Etat-voyou qui ne respecte que les limites et les règles qu’il se fixe. Pis, il se garantit l’impunité en usant de la corruption pour acheter le silence complice, l’indulgence et le consentement de la communauté internationale pour ses crimes, dérives, dépassements et injustices. Sinon, comment expliquer l’absence de réactions des puissants de ce monde face à la violente répression des manifestations pacifiques dans le Rif et au simulacre de procès des détenus politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, pour ne citer que les dernières flagrantes violations des droits international, de l’Homme et national dont s’est rendu coupable le régime marocain ? Rien, si ce n’est des «intérêts économiques», voire personnels, ne peut justifier ni même expliquer cette passivité devant le déferlement de la violence répressive sur des citoyens marocains dont le seul crime est d’avoir bravé une interdiction inique de défiler pacifiquement pour revendiquer leur droit à une vie décente.

Les dizaines de milliers de personnes qui ont répondu, jeudi dernier, à l’appel du mouvement Hirak, se sont heurtées à des milliers de policiers et militaires déployés à chaque carrefour, sur chaque place, à chaque entrée d’Al-Hoceïma, la ville rebelle du Rif, qui est surveillée et observée par les services comme le lait sur le feu. Pourtant, malgré l’arrestation de ses leaders et militants (plus de 200 ont été arrêtés) et l’interdiction de rassemblement, le mouvement renait de ses cendres et illumine la région, avec les mêmes slogans, pacifistes : «Le peuple veut la libération des prisonniers», «Liberté, égalité, justice sociale», «Non à la violence, mouvement pacifique», «Plutôt la mort que vivre sans dignité», «Vive le Rif», qui résonnent dans tous les recoins de la ville, et ailleurs.

Malgré le black-out imposé par le Palais qui a coupé les réseaux téléphoniques et internet pour isoler la manifestation, les citoyens marocains ont réussi à faire entendre leurs légitimes revendications, grâce aux médias, réseaux sociaux, ONG, mais pas aux capitales amies du roi qui, lui, ne pipe pas mot, laissant la bride sur le cou à sa police et son armée pour mater le mouvement.

La même passivité a accueilli l’annonce du verdict dans l’affaire des détenus politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, que l’occupant marocain a condamné à de lourdes peines dans un procès que l’organisation britannique Adala UK a qualifié d’inique, qui «montre que les autorités marocaines font fi de la législation nationale et du droit international», et que le système judiciaire marocain n’est «ni juste ni indépendant». La justice marocaine a montré son total mépris à l’égard des principes élémentaires des procès équitables, entachant sérieusement sa crédibilité, en utilisant des aveux extorqués sous la torture comme des preuves. Amnesty international et Human rights watch ont aussi dénoncé la mascarade judiciaire de Gdeim Izik. Mais pas les amis du roi, honte à eux et à lui.

H. G.

La Tribune

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