Maroc: le « Hirak » du Rif à la 36 e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme

Une association dénonce à Genève les exactions commise contre le mouvement du Rif lors de la 36e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme

Le Hirak du Rif (mouvement protestataire du Nord du Maroc) a été au centre des débats interactifs qui ont eu lieu, jeudi à Genève, lors de l’examen du rapport national au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui tient sa 36e session ordinaire du 11 au 29 septembre.

Intervenant dans le cadre de l’examen des résultats de l’examen périodique universel (EPU), le président marocain du Centre des jeunes pour les droits et les libertés (CJDL), Aziz Idamine, a fustigé les violations des droits de l’homme que connaît le royaume ces derniers temps, notamment, dans la région du Rif secoué depuis bientôt un an par un mouvement de protestation inédit.

« Nous venons de présenter une déclaration orale au Conseil des droits de l’homme dans laquelle nous avons tiré la sonnette d’alarme à propos de l’utilisation excessive de la force lors de la dispersion des manifestations à Al Hoceima (Nord du Maroc) », a-t-il déclaré à Anadolu.

Tout en mettant en lumière « les restrictions imposées aux défenseurs des droits de l’homme que ce soit en termes des poursuites judiciaires ou en ce qui concerne les agressions dont ils sont victimes lors des manifestations pacifiques », Idamine a mis en cause « l’usage disproportionné de la force par la police lors de la dispersion des manifestations pacifiques ».

« Outre la violence physique, le centre a dénoncé la violence morale, notamment les calomnies et les injures proférées lors des événements d’Al Hoceima contre des manifestants réclamant un hôpital, des routes et des emplois », a-t-il relevé.

Le président du CJDL n’a pas manqué de mettre en question la position affichée par le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, présent à la même occasion.

« Nous regrettons le fait que le ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, Mustapha Ramid, n’a pas répondu à aucune de nos questions lors de ses réponses aux interventions », s’est-il insurgé.

Et d’ajouter : « Il s’est contenté de parler de sujets généraux tels que l’élargissement des prérogatives de la Cour constitutionnelle et de l’instauration du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et d’un engagement « ferme » du Maroc à consolider et parachever les chantiers de réforme en matière des droits de l’Homme ».

En guise de recommandations, le CJDL a demandé, entre autres, « au gouvernement marocain de respecter les engagements volontaires (…) et de reconnaître les conventions internationales suprêmement sur la législation nationale et mettre un terme aux abus du pouvoir ».

A noter que cette séance s’est couronnée par l’adoption à l’unanimité du rapport du groupe de travail sur l’EPU , présenté le 2 mai dernier.

Lors de cette séance, le Maroc a pris note de 44 recommandations, dont il a refusé 18 partiellement et 26 autres totalement, et a rejeté 9 recommandations du fait qu’elles ne relèvent pas des attributions du Conseil des droits de l’Homme.

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