Maroc : le qualificatif « séparatiste » ne peut s’appliquer aux sahraouis ni aux rifains

Le Makhzen a toujours voulu tromper l’opinion publique sur le concept de « séparatiste ». En fait, le séparatisme se produit lorsqu’un groupe qui vit dans un état décide de se séparer de la mère patrie et d’en sortir. Ceci s’applique aux communautés basques et catalanes en Espagne ainsi que les kurdes en Irak et autres communautés similaires dans de nombreuses parties du monde. Quant au Polisario, c’était un mouvement de libération constitué en 1973 dans une colonie espagnole alors que le Maroc y était totalement absent. Donc le Polisario était séparatiste par rapport à l’Espagne et cette description ne s’applique pas par rapport au Maroc qui est n’est devenu, maintenant, le remplaçant de l’Espagne et donc rien d’autre que le nouveau colonisateur.

Avant 1975, au moment où le Polisario menait une dure lutte de libération et consentait beaucoup de sacrifices, le Maroc était complètement désintéressé et n’a jamais manifesté le moindre geste de libération ou consenti le moindre sacrifice. Même que Hassan II avait refusé son aide lorsqu’il a été sollicité par les combattants sahraouis, ce qui dénote déjà de la perception royale du Sahara Occidental à cette époque et de son peu d’intérêt. Et si vraiment c’était un territoire marocain, alors où était caché ce royaume pendant toute la période de colonisation de cette contrée par l’Espagne de 1884 à 1975? Et surtout après son indépendance en 1956 et jusqu’en 1975. On n’a jamais entendu parler de soldats ou de citoyens du nord du Maroc qui se sont sacrifiés pour le Sahara Occidental ou qui se sont battus contre le colonisateur espagnol avant 1975. Comment peut-il en être autrement car le Maroc n’a jamais fait de guerre de libération digne de ce nom, à part le soulèvement du Rif traîtreusement réprimé par le Régime lui-même. A cette époque, une dépêche du journal Al Alam, organe central du Parti Istiqlal datée du 3 août 1973 saluait « la lutte armée des militants sahraouis contre le colonialisme espagnol au Sahara Occidental occupé », ce qui est en soi une reconnaissance de leur résistance propre mais pas de résistance marocaine.

Tout au plus, l’histoire retiendra que Hassan II avait organisé un simulacre de mouvement de libération appelé « marche verte » où il n’y avait plus rien à libérer car les « marcheurs », mus par l’intérêt matériel car on leur avait promis des lopins de terre et une nouvelle vie, avaient attendu à la frontière, plusieurs jours, le départ du dernier soldat espagnol pour ne prendre aucun risque. C’était une « libération gratuite » sans aucun péril ni aucun martyr ni aucune gloire. Et, après tout ça, le Polisario a été relégué au triste rang de « séparatiste » alors que le peuple autochtone avait fui, sous les bombes et le Napalm, documents à l’appui, vers le territoire algérien où ils sont toujours réfugiés mais qualifiés ironiquement par la propagande de séquestrés contre leur volonté.

 

Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, marche verte, séparatisme

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