Maroc : Le Roi des Misérables

par Naim

Le Roi des pauvres, fut un slogan levé les premiers jours de l’intronisation de Mohammed VI. Les Marocains semblaient avoir compris que le slogan résumait un programme politique du nouveau roi visant à l’éradication de la misère qui battait déjà des records au pays. L’optimisme était alors né dans la population balayant les sentiments crépusculaires, fruit du règne tyrannique de Hassan II.

Le scepticisme que des esprits chagrins exprimaient alors était encore neutralisé par des campagnes de charité impliquant le roi et son entourage dont sa femme Salma, scènes excessivement médiatisées dont on ignorait alors qu’il s’agissait de pures campagnes de relations publiques (propagande).

On filmait le roi distribuant des denrées alimentaires à des pauvres, ouvrant des orphelinats, embrassant et faisant des accolades à des enfants trisomiques, bref un roi incarnant l’image messianique du bienfaiteur. Et à chacune de ces occasions, en voix-off, le slogan « Roi des pauvres » est seriné.

Certains marocains, les plus naïfs surtout, et, ma foi, ils sont nombreux, pensaient que ces gestes qui inauguraient le règne de Mohammed VI, n’étaient qu’un hors-d’oeuvre d’un banquet prometteur de la bonne chère, et que le meilleur allait bientôt venir. Mais, après 19 ans et des flots d’eaux passés sous le pont, le rêve, insensiblement, cède le pas au cauchemar.

Alors que la misère envahit des pans de plus en plus larges de la population, et qu’une partie de la classe moyenne encore épargnée sombre dans une indigence complète, le roi des pauvres caracole dans le classement des hommes riches de la planète, sa fortune se multipliant à un rythme qui suscite toutes les convoitises.

Les chiffres concernant son patrimoine de richesse le place très loin devant l’émir du Qatar. Cette réalité anormale, pour ne pas dire amorale, tient au fait que le règne de Mohammed VI procède à rebours des normes fondatrice d’un gouvernement politique dans le sens abstrait et philosophique du terme. L’intérêt commun qui est à la base de tout consensus fondant un État fut subverti voir neutralisé au profit d’un principe, s’il en est, qui confond bien public avec bien monarchique.

Les ressources du royaumes furent alors mises au service du palais selon une ingénierie qui ne rentre dans aucune catégorie de la gouvernance sinon dans celle de la prédation économique. C’est ainsi que le slogan du « Roi des pauvres » semble en définitive prendre son vrai sens, celui d’un programme qui vise en réalité l’appauvrissement de la population en comprimant dans les budgets alloués aux services vitaux au profit du Palais.

En 19 ans, le roi du Maroc a donc tenu ses promesses. Il a promis d’être le « Roi des pauvres » et désormais il se trouve en effet à la tête d’un pays où le nombre des pauvres est le plus élevé dans le monde.

2 Comments

  1. « -Maroc : Le roi des misérables- » ?

    Il en était ainsi en Europe lorsque les rois y régnaient en maîtres absolus, à l’instar des sultans du Maroc, cruels et tyranniques. Les peuples du vieux continent étaient autant misérables sous la férule de leurs despotes que l’est le peuple marocain aujourd’hui. Bien entendu, il y avait des privilégiés qui se faisaient appeler « nobles » (par rapport au peuple qu’on appelait « vilain »), des aristochats, (aristocrates) qui possédaient terres et châteaux et disposaient du peuple comme de leur bétail. (Un peu comme l’oligarchie hypocrite au Maroc)
    Mais tout d’un coup, après la révolution de 1789 en France, toute cette société injuste et affreuse disparut comme par magie, et le peuple gaulois, après avoir été « vilain », exploité et méprisé pendant les siècles de la féodalité, devint subitement……….. « Souverain » ! : Le peuple souverain de France !..
    Ce n’est plus le roi qui est « Le souverain », régent de droit divin.
    La révolution mit fin à cette supercherie.
    C’est le peuple qui a su inverser le rapport des forces et prit sa destinée en main, l’arrachant des griffes de ses despotes exploiteurs qui auraient pu continuer leur escroquerie jusqu’à aujourd’hui, si ce n’était le déclenchement de la révolution libératrice.

    Mais c’est au Maroc que l’escroquerie et la supercherie continuent : Le roi des misérables.

    Il ne peut y avoir dans un même pays deux entités souveraines : Le roi et le peuple. C’est impossible.
    Ou c’est le roi, et alors le peuple est enchaîné et asservi, comme en Europe féodale, ou c’est le peuple qui est souverain et source de légitimité et de pouvoir, et le roi est reclus, à l’exemple de l’Espagne et des autres monarchies européennes.
    Mais au Maroc, étant donné que la monarchie a beaucoup de sang sur les mains et trop de crimes sur la conscience, elle va aller jusqu’au bout de son affrontement avec le peuple marocain pour éviter de rendre des comptes à l’histoire et de connaître son terrible châtiment. C’est donc un combat au finish. Mais, quelle force a déjà pu gagner la lutte contre un peuple ? Aucune force au monde !

    L’homonarque est aux Seychelles. Il a enfin trouvé un remplaçant à Bihmane, (son ami de c….euh…..coeur) en la personne de Zaitar qui est allé le rejoindre là-bas, pour l’entrainer au kick boxing. Mais c’est seulement le « kick » que la tantouse sollicite !!..

  2. Le Roi des misérables qui bénéficie du soutien de la France et de sa protection dans ses dérives ( TGV financé par la France – envoi de satellite dans l’espace – achat de jet privé pour son rejeton-train de vie somptueux, et sa paranoia ( guerre au Yemen, occupation du Sahara Occidental ) rejoindra bientôt les placards du Quai d’Orsay pour y retrouver d’anciens copains de la diplomatie française:
    Jean Bedel BOKASSA empereur ( pas moins ) de la République Centrafricaine et fournisseur de bijoux de l’ex président Français Valery GISCARD D’ESTAING, le Maréchal MOBUTU tyran sanguinaire et chouchou des démocrates occidentaux décédé en exil au Maroc, Sadam HUSSEIN et KHADAFI avec qui la France signait de juteux contrats d’armement.

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