Maroc, pays en décomposition institutionnelle et éthique

Pays de la perversion, le Maroc sous le despote prédateur offre une panoplie de cas tragicomiques signalant une complète décomposition institutionnelle et surtout éthique. Le syndicat du patronat marocain vient d’élire à sa tête un énergumène, Salah Eddine Mezzouar, qui n’a ni entreprise ni participation notable dans le monde des affaires.

Ancien ministre des affaires étrangères et ami intime du conseiller et vice-roi du Maroc, Fouad Ali al-Himma, Mezouar avait suscité l’hilarité des journalistes quand, alors qu’il se rendait en Russie en 2014, il leur expliquait qu’il se rendait en Union en Soviétique missionné par son « sidna ».

Il est claire que dans la politique des chaises musicales dans laquelle excelle le régime ploutocratique de Rabat, la désignation de cet « esprit brillant » comme représentant du syndicat des affairistes marocains, soit une cooptation dictée en haut-lieu, c’est-à-dire par l’autocrate lui-même, première fortune et premier investisseur du pays. C’est que ce poste constitue une chasse gardée du roi prédateur qui tient à y placer ses obligés en vertu des contrats juteux émanant des investissements publics dont le holding royal est le premier prestataire et donc bénéficiaire sans oublier le lobbying que le syndicat exerce pour peser sur les institutions législatifs et gouvernementales. D’ailleurs, c’est la fameuse héritière des Ben Salah, dont la campagnie Sidi Ali fait aujourd’hui encore l’objet du boycott populaire qui vient de passer le témoin à Mézouar.

Le deuxième cas de perversion que nous offre le paysage politique marocain sous le roi prédateur concerne le titre de Président du Comité Al-Qouds. Encore une fois une aporie flagrante déroute l’observateur. L’autocrate est réputé pour son allégeance aveugle à l’entité sioniste. Pis encore, sous sa férule, le Maroc ouvre son marché aux échanges commerciaux avec Tel-Aviv. Et pour couronner le tout, il est l’unique importateur des armes israéliennes dans la région du Maghreb sans parler des récents équipements en fusils d’assaut IWI Tavor X95 destinés au corps de la police. Il semblerait que le régime ploutocratique s’est suffisamment inspiré des massacres des palestiniens par l’armée sioniste usant de ces fusils pour passer la commande, lui qui affronte désormais une colère populaire quotidienne propre à le faire tomber.

Enfin, l’apothéose du spectacle de la perversion du régime marocain est incarnée par les images médiatiques soigneusement préparées et diffusées à la télévision marocaine toutes chaînes confondues, du potentat de Rabat distribuant des paniers de provision à des figurants représentant les démunis marocains. Les marocains, pour la plupart, savent que leur misère est la conséquence du pillage et de la prédation entrepris par le roi et sa famille avec un cercle restreint de membres dits du Makhzen. D’autant que la pauvreté en tant que phénomène majeur au Maroc est le dernier des soucis d’un roi préoccupé surtout à siphonner davantage de richesses au point de recevoir le surnom de Midas chez les intellectuels et Houbal dans le peuple.
Quant aux scènes des paniers distribuées devant caméras, elle demeure ce qu’elles sont, des campagnes de relations publiques selon le jargon médiatique ou tout bonnement de la propagande comme la propagande qui diffuse les leçons ramadanesques diffusées ad nauseam tout le long du mois sacré de Ramadan.

 

Tags : Maroc, Mohammed VI, monarchie alaouite, Salaheddine Mezouar, Comité Al Qods, Israël

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