Maroc : place à la ruse, la duperie politique et la répression

Au Maroc, le nuage commence à se dissiper sur le jeu flou du Makhzen. L’option sécuritaire vient de se mettre sur le dos une nouvelle victime. Après Mohcine Fikri, Imad El Attabi, El Ghazi Khelada, est mort il y a une semaine à Beni Mellal suite aux séquelles de sa grève de la faim entamée en avril dernier.

Les intentions de l’équipe de Mohammed VI sont trahies par l’attitude des forces de l’ordre lors de l’enterrement du premier martyr du Hirak rifain. La police a continué à pourchasser les manifestants pour éviter tout rassemblement autour du cimetière et le domicile des parents de la victime. L’enterrement a eu lieu sous haute surveillance policière.

Dans l’histoire du Hirak, même les avocats commencent à déranger et à être intimidés et menacés. Abdessadek El Bouchtaoui, l’un des avocats du collectif de défense des détenus du Hirak du Rif, a été convoqué par la BNPJ, les services d’Abdellatif El Hammouchi, l’homme qui a été décoré par le président français François Hollande.

Cependant, selon certains observateurs, la répression semble incapable de mettre fin aux protestations au Rif. Au contraire, la mort de Attabi pourrait avoir le même fait que celle de Mohcine Fikri, le jeune vendeur de poisson dont la mort a déclenché les manifestations d’Al Hoceima.