MAROC – Les vieilles habitudes…

Tortures, disparitions forcées, menaces sur les familles des opposants… Les vieilles habitudes ont la peau dure au pays du Makhzen, et les révoltés du Rif en paient le prix.

La révolte du Rif a commencé en octobre 2016, dans la ville d’al-Hoceïma, dans le nord-est du Maroc. Un jeune vendeur de poisson à la sauvette, Mouhcine Fikri, dont la police avait confisqué la marchandise, a tenté de récupérer sa pêche dans la benne à ordures où elle avait été jetée ; le malheureux y a été broyé.

C’est cet événement qui a fait exploser la colère de la population du Rif, l’une des régions socio-économiquement les plus déshéritées du Maroc.

Les revendications des manifestants concernaient initialement le développement économique du Rif ; et la plupart des observateurs considéraient que la contestation était locale et pourrait être jugulée, comme d’ordinaire, par un tour de passe-passe constellé de promesses qui ne seraient pas tenues (c’est ainsi que le pouvoir avait dissipé les velléités du Mouvement du 20 Février, en 2011). Mais, après des mois de protestation, le mouvement s’est structuré politiquement (mouvement Hirak), il a dépassé les frontières du Rif et touche désormais les grandes villes du pays, dont la capitale, Rabat, et surtout les revendications ont évolué et visent à présent la monarchie dans sa forme actuelle. La contestation ne s’essouffle pas ; elle enfle au contraire.

Prenant dès lors plus au sérieux la menace d’un « printemps marocain » (certains comparent déjà Mouhcine Fikri et al-Hoceïma à Mohamed Bouazizi et Sidi Bouzid), les autorités ont cessé de jouer au chat et à la souris ; on ne rigole plus au palais et le masque est tombé.

Fini de discuter et de manœuvrer en tentant, d’un côté, de discréditer les contestataires par le biais des organes de presse du pays quasiment tous aux mains du roi et en promettant,  de l’autre, des réformes imaginaires, auxquelles les révoltés ne croient plus… Depuis juin 2017, le vrai visage du pouvoir se montre au grand jour et il répond par la répression, comme au bon vieux temps d’Hassan II.

Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi (un jeune chômeur d’al-Hoceïma), a été arrêté sans ménagement. Son « crime » ? Il a contesté le prêche d’un imam qui appelait les révoltés à mettre fin à leur mouvement. Il est vrai qu’au Maroc, les prêches des imams sont rédigés par le Ministère des Affaires islamiques, qui dépend directement du palais…

 

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