Quand les médias du Makhzen voient problème pour l’Algérie là où il n’y en a pas

par Kharroubi Habib

La décision des autorités mauritaniennes de placer sous contrôle militaire la bande territoriale du pays jouxtant la frontière algérienne a donné du grain à moudre au détriment de l’Algérie à l’appareil de propagande et d’intox du Makhzen. Les médias à son service ont en effet exploité à l’unisson l’information pour en faire des analyses et commentaires qui tous se rejoignent dans l’affirmation péremptoire que la décision mauritanienne serait révélatrice des tensions que connaîtraient les relations algéro-mauritaniennes et pour présager qu’elles vont probablement s’envenimer encore plus du fait selon leurs commettants que l’Algérie aurait pris la « mouche » à son annonce.

Ce que font semblant d’ignorer nos confrères marocains c’est que la décision de Nouakchott de militariser la zone frontalière en question pour mieux contrôler ce qui s’y passe ne peut que satisfaire l’Algérie du moment qu’il va en résulter une sécurisation renforcée de sa frontière avec la Mauritanie. Il n’est un secret pour personne que dans la zone nord de la Mauritanie la contrebande et autres trafics y sont florissants et organisés et contrôlés par des réseaux pour la plupart en accointance ou sous la coupe des groupes terroristes qui sévissent au Sahel et que pour ces derniers elle est même devenue une zone de repli et de passage.

Tous les pays du voisinage et l’Algérie en premier lieu ne peuvent que se féliciter de la décision de Nouakchott qui répond à ce qu’ils ont attendu des autorités mauritaniennes qu’ils n’ont eu de cesse de pousser à la prendre pour rendre plus efficiente la lutte qu’ils mènent contre le trafic organisé et les groupes terroristes qui sont derrière. Que les autorités mauritaniennes s’y soient décidées suite à de diplomatiques interventions algériennes ou dans la foulée de la mise sur pied d’une force militaire du G5 à laquelle prend part la Mauritanie aux côtés du Mali, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso, ou encore suite aux remontrances que leur a récemment adressées le secrétariat d’Etat américain pointant ce qu’il considère être une attitude laxiste de leur part en matière de lutte contre le narcotrafic, leur décision de verrouiller militairement le nord de leur territoire répond indubitablement à une réclamation par l’Algérie. Elle crée dans cette zone une situation qui ne peut que réjouir l’Algérie dont le dispositif militaire déployé à sa frontière avec la Mauritanie peut désormais compter sur une vigilance sécuritaire accrue du côté mauritanien.

Il y a peu et comme s’il avait anticipé le tapage médiatique marocain auquel donne lieu la décision de Nouakchott, notre ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel avait d’Addis-Abeba où il prenait part au sommet de l’Union africaine et après son entretien avec son homologue réfuté toutes les allégations donnant à croire qu’il y aurait tensions dans les relations algéro-mauritaniennes. Une affirmation qui n’a pas dissuadé les médias du Makhzen à distiller leurs « fake news » sur le sujet pour entretenir le fantasme marocain de voir une Algérie isolée internationalement et en situation conflictuelle avec ses voisins.