Podemos: « le Maroc, enfant gâté de l’UE retourne aux années de plomb ».

La section Andalouse de Podemos en Espagne se joint au mouvement d’indignation contre les sentences affligées à 53 rifains du Hirak détenus pendant plus d’un an .

Nasser Zefzafi leader du Hirak et icone des protestations sociales d’Al Hoceima, a été condamné à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Les activistes Samir Ighid, Nabil Ahamjik et Ouassim Boustati ont écopé de la même peine. Cinq autres activistes des Hirak ont ​​été condamnés à 15 ans de prison. Le reste à des peines variant entre 10 et deux ans de prison.

La ville d’Al Hoceima a reçu la sentence comme un coup de massue. Jeudi, la plupart des commerces de la ville étaient fermés . Dans les maisons des condamnés des drapeaux noirs s’agitent sur les toits des maisons en signe de protestation . Les Rifains se sont indignés et n’ont pas hésité à descendre dans la rue le soir des sentences. « Des centaines de personnes sont sorties pour protester contre ces condamnations injustifiables, nous savons que la majeure partie du pays est avec nous », explique Khadija, la sœur de Karim Oumghar, l’un des activistes condamnés.

Le leader du Hirak, Nasser Zefzafi (39 ans), a été arrêté il y a 395 jours à la sortie d’une mosquée à Al Hoceima. Il y a un mois, il a annoncé une grève de la faim en pleine audience pour protester contre les conditions de sa détention. Ces jours-là, l’un de ses avocats, Naima el Gallaf, a écrit un message sur Facebook expliquant que Zefzafi avait souffert de « torture et de traitements inhumains » en prison . Un autre de ses avocats, Mohamed Ziane, qui était ministre des Droits de l’Homme sous Hassan II et dirige maintenant le Parti Libéral Marocain (PLM) souligne que la condamnation de Zefzafi aurait pu être pire. « On a même recquis la peine de mort, c’est un procès politique sans précédent au Maroc « , explique M. Ziane.

Des journalistes citoyens condamnés

Au total, 300 années de prison ont été prononcées. La majorité sont des militants qui sont descendus dans les rues du Rif l’année dernière pour réclamer l’amélioration des conditions sociales et des infrastructures dans la région. Six journalistes ont été condamnés pour avoir couvert les manifestations du Rif. Ils sont accusés de « répandre de fausses nouvelles » et d ‘ »usurpation de la profession de journaliste ». Abdelali Hud, Mohamed al Asrihi, Rabi al Ablak et Hussein Al Idrissi ont été condamnés à cinq ans de prison et à payer 2 000 dirhams d’amende; Foued Essaidi à trois ans et Jawad al Sabiry à deux ans. Souhaib Khayati, directeur de Reporters sans frontières,en Afrique du Nord, a porté plainte contre ces condamnations. «Les peines d’emprisonnement sont extrêmement sévères à l’encontre de citoyens-journalistes qui exercent simplement leur droit de couvrir un mouvement social qui secoue leur pays, et nous exigeons leur libération immédiate».

Plusieurs associations marocaines ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « peines disproportionnées » . Pour Ahmed El Haij, président de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), il s’agit d’un procès politique. « Nous pensions que grâce à ce processus, la justice serait indépendante, mais à la suite de ce verdict, nous ressentons une grande déception », dit-il.

Dans plusieurs villes, les Marocains sont sortis mercredi après-midi dans la rue pour réclamer la libération des détenus. À Rabat, des centaines de personnes ont manifesté devant le Parlement. Ils portaient des bannières avec les photos des 53 détenus. Même chose à Casablanca. Les Marocains de Paris ou Bruxelles sont également descendus dans la rue. Aux Pays-Bas, Lilianne Ploumen du Parti travailliste a appelé à la libération des prisonniers et demandé à son gouvernement « de contacter l’ambassadeur du Maroc pour garantir la sécurité des familles rifaines au Maroc. »

En Espagne Teresa Rodriguez , secrétaire général de Podemos en Andalousie a écrit sur Twitter : « les années de plomb reviennent au Maroc, un régime qui est l’enfant gâté de l’ Europe« . A Madrid, une manifestation a été annoncée samedi prochain à Atocha pour exiger la libération des détenus du Hirak.

Source : LiberiPresse

Tags : Maroc, rif, hirak, droits de l’homme, podemos, PSOE, Teresa Rodriguez

One Comment

  1. Podemos : « le Maroc retourne aux années de plomb ! ». s’écrit le mouvement politique espagnol.

    Mais qu’est-ce qu’on appelle avec désinvolture, « les années de plomb » ? La période du règne de Hassan II ? Voyons voir : Le massacre du Rif en 1959 sous Mohamed V dévoile que la machination préméditée et déterminée à écraser le peuple marocain est une volonté criminelle ferme et invariable, quel que soit le despote-exécuteur du moment.
    Mohamed V n’a éprouvé aucun remord à l’égard de ce drame effroyable. Un contingent de 30 000 soldats remontés, sous la main de son fils Hassan, se sont livrés à une boucherie contre une population civile sans défense, ces soldats, poussés par la hantise d’être à la hauteur des attentes criminelles de leur chef, le prince héritier en l’occurrence, ils s’adonnèrent à toute sorte d’outrage, aux étripages et même aux viols systématiques comme arme de guerre. De pénibles témoignages vivants de cette horrible période existent encore jusqu’à aujourd’hui. Mohamed V n’en a éprouvé aucune peine.
    Il n’est nul besoin de décrire l’épisode Hassan II..!
    Comment aurait-il pu être cet épisode ? Forcément destructeur après le carnage du Rif. Comment en aurait-il pu être autrement ?
    Hassan II s’était livré avec zèle à l’application stricte de la doctrine de l’asphyxie de peuple marocain, doctrine adoptée, approuvée et signée pendant les accords de La Celle-Saint-Cloud, le 6 novembre 1955, qui prévoyait l’accession du Maroc au « statut d’État indépendant, uni à la France par les liens permanents d’une interdépendance librement consentie et définie. »
    Le monarque avait disposé du voile de l’obscurité sur l’information de cette époque pour se livrer à toutes les exactions dans l’impunité totale.
    Aujourd’hui, la seule force capable de démasquer Mohamed VI et l’empêche de se laisser aller aux excès à tout berzingue comme ses prédécesseurs est : L’Internet !..
    En conclusion, le Maroc ne retourne pas aux « Années de plomb ».
    Ces années ne l’ont jamais quitté.
    Et tant que ce régime de brigands règne sur le Maroc, le nettoyage de ces années de leur plomb ne se fera que si le peuple marocain décide de nettoyer à fond la vie politique de son pays.
    Le boycott en est le commencement ……….مقاطعون …مقاطعون …مقاطعون

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