RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES Les raisons d’une rechute

Une expression bien connue des milieux initiés résume aujourd’hui l’état des relations algéro-françaises : «Je t’aime, moi non plus.» L’appréciation évolue naturellement au fil des évènements qui se succèdent et qui font qu’entre les deux pays, règne une situation qui peine à évoluer, en dépit des volontés affichées de part et d’autre.


Abla Cherif – Alger (Le Soir)
 – Dans l’agenda des échanges attendues au cours des prochains mois, deux évènements de taille : la visite d’Emmanuel Macron et la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CINH) prévue pour le 7 décembre à Paris.
Si la date du déplacement du Président français relève encore du domaine de l’inconnu, elle demeure néanmoins inscrite au programme des activités de haut niveau entre les des Etats, comme l’a révélé récemment l’ambassadeur français à Alger.
Des sources bien au fait de l’état des relations entre Paris et Alger confient que le retard observé dans la concrétisation de cette visite n’a pas de lien direct avec l’état de santé du Président Bouteflika, et ne peut être mis non plus sur le compte des conséquences du tweet de Valls. Premier ministre sous Hollande, il avait, on s’en souvient, publié une photo montrant le chef d’Etat algérien sous ses plus mauvais jours ce qui avait eu pour effet de jeter un grand froid entre les deux pays. Mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis, et tout a été entrepris afin de rétablir des relations qui en avaient pris un sacré coup.
De part et d’autre, des déclarations de bonne volonté pour aller de l’avant se font entendre. «Des souhaits pour un avenir harmonieux et amical» et des «désirs de se concentrer sur l’essentiel pour raffermir les liens entre Alger et Paris», «des tentatives aussi de mise en place de projets d’intérêt commun», mais «rien de vraiment palpable au bout», car entre les deux pays, la vision géostratégique diffère parfois profondément. Il en est ainsi pour le dossier du Sahara occidental, point d’achoppement essentiel et générateur de tensions aux répercussions inévitables. Soutien indéfectible du Maroc, le pouvoir français œuvre depuis de longues années pour la concrétisation des thèses marocaines au détriment du peuple sahraoui qui milite, avec l’aide de l’Algérie, pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination inscrit dans un plan onusien.
La récente visite du Président français (la seconde après son arrivée à l’Elysée) a d’ailleurs été perçue comme «un coup de main à un roi en perte de vitesse tant au plan interne qu’au niveau international». Depuis peu, un autre problème est venu «en rajouter».
Le dossier malien et la situation au Sahel. «L’Algérie n’a même pas été invitée à la toute récente réunion du G5 organisée à Bamako sous l’égide du Président français.
L’enjeu était pourtant de créer une force militaire au Sahel. En tant que pays frontalier, initiateur du processus pour la paix et la réconciliation au Mali, nous sommes principalement concernés par cette démarche», poursuivent nos sources ajoutant que Macron s’était contenté d’informer les hauts responsables algériens de cette initiative. «Une démarche très diplomatique qui ne change rien au fond du problème.
Aujourd’hui, nous nous sommes éloignés des belles promesses de Caseneuve», soutiennent nos interlocuteurs.
Lors d’un déplacement effectué au cours de l’été dernier, Bernard Caseneuve (Premier ministre) déclarait face à son homologue algérien (Abdelmalek Sellal) et aux journalistes venus couvrir l’évènement que de «belles perspectives s’ouvraient entre les deux pays (…) l’avenir sera fait d’amitié et de liens solides».
A la recherche de gestes concrets pouvant aider le pays à surmonter la crise, Sellal avait demandé clairement davantage d’investisseurs et des démarches d’intérêt commun pouvant soutenir la transition économique recherchée.
Peu d’échos s’en sont suivis. «Même l’affaire Peugeot ne peut être encore réglée en raison des exigences françaises.
A. C.

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