Les révélations de Katlyn Tomas : « Les marocains usaient de menaces de mort »

Mme Katlyn Tomas, membre de la Minurso dans les années 1990, a indiqué lors de la quatrième commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation de l’ONU qui se tient actuellement à Genève, qu’elle était est venue parler de la situation du Sahara occidental devant la 24e commission il y a 15 ans. Elle a constaté qu’il n’y avait eu, depuis, « aucun progrès » dans la résolution du conflit.

Selon elle, les Marocains présents sur ce territoire « ont prospéré grâce aux ressources locales, tandis que les Sahraouis, à la fois au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf, continuent de croupir dans des conditions que personne ne voudrait connaître ». Elle a appelé à mettre en œuvre le référendum que les Nations-unies ont promis il y a 40 ans.

L’ex-membre de la Minurso a raconté que la Mission avait réussi à établir une liste d’électeurs, qui a été publiée en 1999. Elle a aussi avancé que le Maroc avait décidé de se retirer du processus de référendum juste après la publication de cette liste car la Minurso « avait rejeté la majorité des candidats que ce pays avait proposé ».

Selon elle, le Maroc a usé de « tous les tours » pour faire « retirer de la liste des candidats qui ne correspondaient pas à ses propres critères » : menace de témoins, corruption d’officiels, formation des Marocains sur la manière de se faire passer pour des Sahraouis et de répondre aux questions de la commission : « Quand ils ont réalisé qu’ils allaient échouer si un vrai référendum avait lieu, ils n’ont plus eu d’autre choix que de se retirer », a-t-elle indiqué, déplorant que les Nations unies « aient honteusement permis cette situation » plutôt que de « maintenir les droits internationaux » des populations sahraouies.

Selon elle, le Maroc « tente de faire croire que le référendum a été annulé » pour des raisons techniques ou des désaccords sur les critères d’éligibilité, mais « c’est un mensonge », dit-elle.

Lui succédant, une autre personnalité en l’occurrence Suzanne Scholte, lauréate du Prix de la paix de Séoul et directrice de la Fondation États-Unis-Sahara occidental, a indiqué que le peuple sahraoui « ne cherchait qu’à exercer ses droits face à la tyrannie qui règne dans le Sahara occidental occupé par le Maroc ».

Selon cette dernière, les partisans du Maroc « sont soit ignorants des faits, soit reçoivent des pots-de-vin de la part du roi du Maroc, ou alors ils ne croient pas en les valeurs de l’ONU », a-t-elle accusé. Elle a également affirmé que le roi « s’ingéniait à lier le Front Polisario au terrorisme ». Pourtant, les Sahraouis n’ont jamais recouru au terrorisme, a-t-elle affirmé.

Enfin, elle a qualifié de « tragique » l’échec de l’ONU dans la tenue d’un référendum. Quant à David Lippiat, président et chef de la direction de WE International Inc., ce dernier a demandé que la Minurso « puisse enquêter et faire des rapports sur les violations des droits de l’homme au Sahara occidental », en incluant cette question dans son mandat.

Il a également réclamé la mise en œuvre du référendum d’autodétermination promis depuis longtemps sur l’indépendance de ce territoire : « Le Maroc déclare croire aux droits de l’homme, mais ne les applique pas au peuple sahraoui », a-t-il souligné, qualifiant la création d’un conseil national marocain des droits de l’homme de farce, de honte et de mensonge ».

Cynthia Basinet a plaidé « la cause de la propriété intellectuelle des Sahraouis » et « contre la couverture médiatique biaisée dont ils sont victimes, notamment de la part de The Media and the Global Emergency Response Coalition ».

Pour elle, le peuple sahraoui a été privé de son droit à l’autodétermination et est devenu le symbole de cette lutte ainsi que des règlements pacifiques. Elle a revendiqué le droit des populations déplacées, comme les Sahraouis, d’être associées aux dialogues relatifs à la solution de leurs problèmes.

Janet Lenz, du Not Forgotten International, a rappelé que son organisation assurait une présence permanente dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf depuis plus de deux décennies.

Décrivant le paysage de dizaines de milliers de tentes en plein désert, elle a déploré une population ayant expérimenté l’horreur de la guerre et du déplacement forcé en raison de l’invasion militaire.

Elle a toutefois salué l’existence d’un esprit humain vibrant au sein de ces camps, décrivant les activités quotidiennes des hommes qui ont créé leurs emplois, des femmes qui élèvent leurs enfants, et de leur progéniture qui va à l’école : « Mais c’est dans les tentes que la vie prend réellement place, où les étrangers et les amis sont accueillis pour le thé : le cœur de la culture sahraoui », a-t-elle expliqué, insistant sur la vie et la dignité humaine qui existent dans ces camps, en dépit de la colère montante pour être contraints de survivre dans un lieu qui n’est pas leur pays d’origine.

En conclusion, elle a indiqué que le référendum d’autodétermination promis devait être organisé. « Le temps court, cela peut être fait, cela doit être fait. Ils accepteront le résultat du vote, alors respectez vos promesses, ils ont respecté les leurs », a-t-elle martelé.

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