Sahara occidental : Horst Köhler, un envoyé spécial qui tarde à se manifester

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « demeure sans envoyé spécial au Sahara occidental », a fait savoir hier le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, en marge d’une conférence de presse qu’il a animée à Alger.

« Le Front Polisario a donné son accord aux Nations unies concernant la nomination de l’Allemand Horst Köhler comme envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental depuis avril dernier, alors que le Maroc tergiverse en ne donnant pas encore son accord définitif, mais sans toutefois s’opposer clairement à sa nomination », explique le ministre sahraoui des Affaires étrangères. Ce dernier réitère la volonté des Sahraouis à « coopérer avec le nouvel émissaire de l’ONU, avec l’instance onusienne et panafricaine dans le but de trouver une issue au conflit qui nous oppose au Maroc». En attendant, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a recommandé, dans son dernier rapport au Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, distribué lundi aux membres du Conseil, la prorogation de 12 mois, jusqu’au 30 avril 2018, du mandat de la Minurso.

Sommet de l’UA : «double échec pour le Maroc»
Sur les résolutions sanctionnant le rapport du 29e Sommet de l’Union africaine, qui s’est déroulé les 3 et 4 juillet courant à Addis-Abeba, en Ethiopie, M. Ould Salek a considéré que ce fut un « double échec » pour la diplomatie marocaine qui a tenté par tous les moyens « d’éloigner l’UA des normes internationales et de ses principes ». Pour lui, « le Maroc a échoué à faire renier à l’organisation panafricaine ses principes ou à la neutraliser », a-t-il affirmé. Les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont, en effet, adopté une résolution dans laquelle ils demandent au président de la Commission de l’UA, en concertation avec son Conseil de paix et de sécurité, de « prendre les mesures appropriées pour la revitalisation éventuelle du Comité des chefs d’Etat et de gouvernement. Il a également demandé de relancer « des négociations sérieuses entre nous et le royaume chérifien». La création de ce comité ad hoc a été en principe décidée en 1978 pour soutenir les efforts des Nations unies et d’encourager les belligérants à coopérer en vue du succès du processus du règlement du conflit. « Il s’agit de la première fois que l’UA adopte deux résolutions et mécanismes pour résoudre le conflit et même de travailler en parallèle avec l’ONU pour résoudre le dossier sahraoui », indique le ministre.
Des résolutions « engageantes » pour les deux parties, explique le chef de la diplomatie sahraouie, qui réitère le respect de son pays aux résolutions adoptées. Mais qu’en est-il du Maroc ? Selon M. Ould Salek, « l’isolement du Maroc va s’aggraver s’il fait fi des résolutions adoptées, parce qu’il irait ainsi à l’encontre du courant dominant ». D’ailleurs, souligne le conférencier, le royaume chérifien s’est contenté, à la clôture du sommet, de publier une liste de « 18 pays qui auraient émis des réserves sur les résolutions adoptées».

Reporters, 11 juillet 2017