De comment le pacifisme du Polisario a déjoué les plans franco-marocains

Ne pouvant nullement se justifier en face de la communauté internationale qui s’est lassé de les entendre dire des sornettes à longueur des années, à défaut d’arguments pour justifier une occupation illégale, le roi Mohamed VI a perdu l’espoir de garder encore prisonnier tout un peuple et ses représentants légitimes et surtout de voir le rêve du grand Maroc de son défunt père, s’évaporer et s’effriter de jour en jour, en face des pressions d’une opinion mondiale qui ne désire guère se taire sur l’oppression du peuple sahraoui, et une communauté internationale attachée au principe universel d’autodétermination.

L’Amérique d’Obama, découvrant le jeu de l’Élysée visant à maintenir le monopole des entreprises françaises en Afrique du Nord (Maroc, Mauritanie, Tunisie, Sénégal, Burkina Fasso, Mali, Niger, Tchad, Côte d’Ivoire) et l’apparition d’une nouvelle puissance économique mondiale, la Chine, et constatant que ses intérêts sont menacés dans un continent qui regorge de ressources naturelles, a décide de se débarrasser des pions de la France, le Maroc en premier, malgré les pressions exercées par le lobby pro-marocain dans le pays de l’Oncle Sam. Par conséquent, son alignement inconditionnel avec Rabat a été remplacé par une politique équilibrée avec tous les pays du Maghreb.

Si la présence française se maintient  par des coups d’Etat (Mauritanie, Niger, Guinée) les USA portent leur espoir sur des changements démocratiques à l’instar de ce qui est arrivé en Tunisie.

Le président Sarkozy qui a vu son projet de l’union pour la méditerranée prendre de l’eau de partout, et qui ne parvient plus à convaincre personne, n’ayant pu rien obtenir, sur le plan politique et économique, de cette Algérie insoumise et jalouse de ses richesses, a décidé de défendre, coûte que coûte, ses pions à Rabat dans leur projet de déstabilisation de la région, à commencer par le maintien du statu quo au Sahara Occidental moyennant son droit au veto contre les propositions du Conseil de Sécurité visant à assurer aux sahraouis, après plus de 35 ans de souffrances, un minimum de droits : la levée de la répression exercée sur eux dans les territoires occupés du Sahara Occidental.

En panne sèche d’idées, l’argument de la lutte contre le terrorisme et le chantage deviennent pour la France et le Maroc le seul cheval de bataille. Première victime : l’Espagne, menacée au nord, dans ses frontières avec le pays des gaulois, par l’indépendantisme basque, et au sud par l’immigration et le narcotrafic, dont le royaume chérifien est devenu une plaque tournante. Au point, que les gouvernants espagnols doivent se rendre à Paris à chaque fois que le dossier du Sahara Occidental est discuté dans un Conseil de Sécurité désireux de mettre fin à un conflit qui n’a que trop duré.

Au moment où les câbles américains diffusés par Wikileaks ont révélé que le président algérien a déclaré que son pays ne permettra jamais des incursions militaires contre le Maroc à partir du territoire algérien, des informations qui restent à vérifier, le roi Mohamed VI annonce son intention d’attaquer les territoires sahraouis libérés et s’en prend violemment à plus de 20.000 sahraouis concentrés pacifiquement pour demander leurs droits sociaux légitimes, et cela quelques heures avant le départ des négociations entre les deux parties à New York. Des négociations appuyées par un Conseil de Sécurité qui n’a nullement l’intention d’imposer le plan d’autonomie proposé par le Maroc.

Pour les conseillers de Mohamed VI, ceux à Paris notamment, il ne reste plus qu’à étendre le mur de défense jusqu’aux frontières algériennes et forcer le Front Polisario à se replier en Algérie. Ainsi, Rabat participerait activement dans l’offensive que la France mène au Sahel pour défendre ses intérêts au nom de la guerre contre le terrorisme. Et pourquoi pas en provoquant un affrontement avec l’Algérie que le roi Mohamed VI ne cesse d’accuser d’être son principal ennemi? 

L’Hexagone n’a pas d’autre moyen pour maintenir sa présence dans la région et le Maroc a perdu tout espoir d’annexer le Sahara Occidental par la voix pacifique. Un éventuel boycott des négociations par les sahraouis aurait largement arrangé leurs plans.

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