Algérie : Quelles menaces sur l’économie nationale ?

Face à la situation politique actuelle en Algérie, l’économie nationale se porte mal, car cette dernière est tournée vers l’exploitation des réserves gazières et pétrolières. Le pays est classé au 20e rang des exportateurs du pétrole dans le monde avec 12,2 milliards de barils de pétroles exploitable.

Aujourd’hui, près d’un quart du PIB algérien est porté par l’exploitation des ressources gazières et pétrolières, qui représentent 95% des exportations ainsi que deux tiers des recettes fiscales.

La très forte baisse des cours mondiaux du pétrole entre 2014 et 2019 a considérablement affecté les comptes nationaux algériens, entraînant une diminution de la consommation et de l’investissement. Le « système Bouteflika », dont la double fonction repose sur la « captation de la rente » issue du pétrole et la « redistribution » de celle-ci dans les mains d’hommes d’affaires proches du pouvoir et l’ex- président Bouteflika.

Ces ententes illégales entre les compagnies pétrolières et les milieux d’affaires éclatent parfois au grand jour. La situation socio-économique, principalement marquée par la chute du prix des hydrocarbures et la politique d’austérité marquant la fin de l’achat de la paix sociale, d’autres éléments, certains nouveaux, s’y ajoutent. D’abord, la longévité de la présidence de l’ex-président Bouteflika cristallise aujourd’hui la colère de la population et génère un sentiment de lassitude, voire d’humiliation en raison de son état de santé.

Ce n‘est pas tout, le progrès économique et social de ces 20 dernières années a fait émerger une classe moyenne qui fait désormais preuve de maturité politique, qui porte des aspirations et des revendications plus grandes. L’État algérien a souvent trouvé une solution lors de situations de crises. Le gouvernement doit d’abord apporter des réponses concrètes pour apaiser les tensions.

L’économie algérienne à la croisée des chemins ?

Certains spécialistes de la question, l’Algérie se trouve dans l’impossibilité d’actionner d’autres leviers de croissance, les secteurs industriels publics et privés étant aussi faibles que la dépendance aux matières premières est forte. Les entreprises publiques (hydrocarbures, transports, télécommunications), qui génèrent la moitié de la richesse industrielle du pays, connaissent une baisse structurelle de leur niveau de production.

En 2017, déjà l’affaiblissement de la production des entreprises publiques, directement lié au ralentissement de l’activité économique, entraîne une sous-utilisation des capacités de production : seule la moitié des installations productives disponibles était exploitée.

L’économie algérienne est faible face à la concurrence internationale, tant l’écart entre son industrie et les géants européens, américains ou chinois est colossal.

Reste à signaler, si les grèves auront lieu dans les jours avenir, l’économie nationale perdra environs 330 millions de dollars/jour c’est à dire un milliard de dollars pour trois jours. Même si le secteur pétrolier ne participe pas, on perdra environ 228 millions de dollars par jour, si la grève sera suivie par 60% des citoyens. Sans oublie encore, la politique d’austérité, qui a suivi parallèlement la chute du prix des hydrocarbures depuis 2014, fragilise l’économie algérienne de plus en plus.

L’austérité s’accompagne également d’une forte inflation notamment concernant les produits de bases qui diminuent fortement le pouvoir d’achat. C’est cet ensemble de critères qui contribue à la colère et au malaise social des Algériens.

Afrik Economy

Tags : Algérie, dialogue, Hirak,


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