Maroc : «L’humiliation de trop pour Sanchez

Morocco's Prime Minister Aziz Akhannouch (R) and his Spanish counterpart Pedro Sanchez attend the 12th session of the Morocco-Spain High Level Meeting, at the Ministry of Foreign Affairs in Rabat on February 2, 2023. - Sanchez kicked off a visit to Morocco the previous day, on a trip aimed at mending ties following a deep diplomatic crisis between the two countries. (Photo by Jalal MORCHIDI / AFP)

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En vacances au Gabon, Mohamed VI lui a fait faux bond : «L’humiliation de trop pour Sanchez», selon la presse espagnole

Mohamed VI ne recevra pas Pedro Sanchez à l’occasion de la réunion de haut niveau que les gouvernements de l’Espagne et du Maroc tiendront aujourd’hui à Rabat, la première depuis 2015. Le monarque qui se faisait prier pour assister à la clôture de l’ordre du jour, encore moins pour une photo comme il est d’usage, n’était même pas dans son pays.

Le monarque a préféré poursuivre ses vacances qui durent depuis le 25 décembre, passant la majeure partie de son temps au cours de ce dernier mois dans sa résidence privée de Pointe-Denis, sur l’estuaire du fleuve Kuomo (Gabon), et à Zanzibar (Tanzanie).

Sanchez a certes tenté de minimiser ce fait. C’est que pour compenser, le roi a eu une conversation téléphonique, hier matin, avec Sanchez et l’a invité à une prochaine visite officielle au Maroc que ce dernier a acceptée, bien qu’à l’heure actuelle, elle n’ait pas de date. Mais en réalité, la nouvelle a fait l’effet d’une «douche froide» pour la délégation espagnole, car la Moncloa (gouvernement espagnol) insistait depuis des jours sur le fait qu’il s’agit d’un rendez-vous «historique».

Il n’en fallait pas plus pour faire réagir les médias espagnols, pour qui l’absence, dans un moment censé sceller la réconciliation entre les deux pays, est interprétée comme une humiliation pour Sanchez et un «outrage» qui ternit le sommet et remet en cause l’engagement réel du royaume chérifien à maintenir un «nouveau partenariat» comme indiqué dans la déclaration commune du 7 avril 2022.

Une série de défections
Mais la réunion de haut niveau n’a pas encore commencé que s’ajoutent d’autres défections, d’un certain nombre de ministres du gouvernement espagnol Sanchez pour exprimer leur rejet du revirement de la politique de Sanchez à l’égard du Sahara occidental.

Ainsi, le parti espagnol de gauche Podemos a mis à exécution sa menace de boycotter la visite du premier ministre Pedro Sanchez au Maroc à cause du Sahara occidental, et plusieurs de ses ministres étaient absents du voyage. Les médias espagnols ont cité la ministre du Travail, Yolanda Díaz, qui, comme les autres représentants de Podemos, sera absente en signe de protestation contre la nouvelle politique sur le Sahara.

Les médias espagnols ont cité les déclarations de la secrétaire générale de Podemos, la ministre des Droits sociaux Ione Belarra, affirmant que « les conditions ne sont pas disponibles » pour qu’un membre se rende dans le pays voisin avec le chef du gouvernement.

«Ni le respect des droits de l’homme à la frontière ni la liberté d’autodétermination du Sahara occidental ne semblent être sur la table», a-t-elle déclaré en outre.

Le revirement inopiné de la position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental a certes suscité une colère généralisée parmi les politiciens espagnols, non seulement en raison du parti pris flagrant du gouvernement espagnol en faveur du régime marocain du Makhzen, mais aussi parce qu’il s’agissait d’une décision unilatérale du Parti socialiste.

Le PSOE est aussi au banc des accusés pour avoir voté contre la résolution du parlement européen au sujet de la situation des droits de l’homme et de la liberté d’expression dans le royaume chérifien.

Une incartade que ne lui pardonne pas Alberto Nunez Feijoo, le leader du Parti populaire, qui lors d’une passe d’armes au sénat a lancé sa fameuse phrase en direction de Sanchez : «L’histoire vous jugera.»

«L’histoire vous jugera»
Et alors que Sanchez était déjà à Rabat, le chef du patronat espagnol brillera par son absence aussi.

Le président de la CEOE, Antonio Garamendi, a décliné en dernière minute pour des raisons médicales.

En fait, il est en colère contre le gouvernement pour avoir accepté une nouvelle augmentation du SMIG avec les syndicats et sans la négocier également avec les employeurs.