A propos des Petits Etats Insulaires en Développement

Fiche sur les Petits Etats Insulaires en Développement

I / Définition des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID/SIDS) 

Il n’existe pas de définition internationalement reconnue d’un Petit Etat Insulaire en Développement (PIED). Toutefois, les PEID ont de nombreuses caractéristiques en commun avec les autres pays en développement, et font néanmoins face à des difficultés qui leur sont propres. Par ailleurs, le Comité des politiques de développement de l’ECOSOC a fait observer que, dans la pratique, ce sont les pays eux-mêmes qui décident d’en devenir membres. En effet, l’expression « petits États insulaires en développement » désigne les 381 États Membres de l’ONU, qui figurent sur le site Internet du Bureau du Haut-Représentant pour les Pays les Moins Avancés (PMA), les Pays en Développement Sans Littoral (PESL) et les PIED.

II / Caractéristiques des Petits Etats Insulaires en Développement (1) :

Les PEID souffrent tous d’une très grande vulnérabilité, en particulier aux chocs extérieurs. La grande vulnérabilité des systèmes naturels, économiques et sociaux des petits États insulaires en développement tient aux caractéristiques suivantes:

• Petite taille : Population peu nombreuse, dépenses publiques excessives, pénurie de compétence ;

• Eloignement : Coûts de transport et de communication élevés ;

• Vulnérabilité aux chocs extérieurs : Plus exposés aux catastrophes naturelles, fortement tributaires des échanges commerciaux sans pour autant être compétitifs, exposition à l’instabilité des cours des produits de base ;

• Insuffisance des ressources : Ressources naturelles en faible quantité ;

• Exposition aux crises écologiques mondiales : Elévation du niveau des mers, pollution, pénurie d’eau douce.

Les PEID ont, en général, des revenus plus élevés que ceux des pays les moins avancés et des pays en développement sans littoral.

Quels que soient les paramètres utilisés pour mesurer le développement durable, les PEID font partie des zones en difficulté dans le monde.

La vulnérabilité de ces pays a été aggravée en raison du réchauffement climatique, et elle est clairement apparue tout récemment lors de la crise financière mondiale de 2007-2010, des crises alimentaire et pétrolière de 2007-2008 et des importantes catastrophes naturelles de 2009-2010. Ainsi, la crise alimentaire a durement frappé les pauvres dans les PEID qui sont, pour la plupart, importateurs nets de produits alimentaires.

III / Chronologie :

Au nombre de 38, ces pays initialement regroupés en 1991 dans ce que l’on a appelé l’Alliance des Petits Etats Insulaires, ont été reconnus comme un groupe en juin 1992, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement. 179 pays avaient adopté alors « Action 21 » (ou “Agenda 21”), Plan d’action pour le développement durable, qui reconnaît que « les PEID sont un cas particulier à la fois en  matière d’environnement et de développement et sont considérés comme extrêmement vulnérables aux effets du réchauffement planétaire ».

C’est ainsi que le Programme d’Action de la Barbade vit le jour en 1994. Ce programme prévoit des actions et mesures très précises aux niveaux national, régional et international, au service des PIED. Le texte de ce Programme est global et détaillé, dans la mesure où il élabore des stratégies dans plusieurs domaines en vue de lancer un processus de développement socio-économique continu, ayant comme axe le développement durable.

Toutes les questions liées au développement durable sont abordés dans ce Programme, à savoir le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer, les catastrophes naturelles et écologiques, la gestion des déchets, les ressources côtières et marines, les ressources en eau douce, les ressources foncières, les ressources énergétiques, le tourisme, les ressources humaines, les transports et communications, les institutions nationales et les capacités administratives, les institutions régionales et la coopération technique.

En 1999, L’Assemblée générale a tenu une session extraordinaire afin d’évaluer les progrès réalisés durant les cinq années écoulées en matière d’application du programme d’Action de la Barbade. L’Assemblée reconnaît que ces progrès n’ont pas été égaux dans tous les domaines, et identifie six domaines prioritaires, dont notamment la mondialisation croissante, les inégalités qui s’accentuent en matière de revenus et la dégradation constante de l’environnement mondial.

En 2005, la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des PEID a été adoptée. La Stratégie énonce des mesures dans 19 domaines prioritaires, y compris les thèmes initialement proposés dans le Programme d’action de la Barbade. En outre, la Déclaration de Maurice reconnaît qu’il faut accorder une attention particulière au renforcement de la capacité de résilience des PIED, notamment par le transfert et la mise en place de technologies, le renforcement des capacités en général et le développement des ressources humaines.

En 2010, l’Assemblée générale a entrepris un examen, échelonné sur cinq ans, de la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, conformément à ses résolutions 63/213 et 64/199.

L’Assemblée générale a décidé, en décembre 2012, que 2014 sera l’« Année internationale des petits États insulaires en développement ».

De même, cette année connaîtra la tenue de la 3ème Conférence internationale sur PIED, qui se tiendra à Apia (Samoa), et se concentrera sur la question des partenariats.

La Troisième Conférence Internationale des PEID se tiendra du 1er au 4 Septembre 2014 à Apia et sera précédée, les 30 au 31 Août, d’un Forum sur la promotion des partenariats du secteur privé, sous forme d’une série d’ateliers en rapport avec la Conférence.

IV / Troisième Conférence Internationale des PEID (Samoa, 1er-4 septembre 2014 :

Thème de la Conférence: Le développement durable des Petits Etats Insulaires à travers des partenariats continus et véritables.

Objectif : Attirer l’attention du monde entier sur la situation d’un bon nombre de PEID dont les conditions requièrent d’importantes mesures de développement. Cependant, la Conférence a pour but de booster le progrès de ces Etats en travaillant sur l’application des lois ainsi que l’élaboration et la prise en considération de l’agenda post 2015 des NU pour le développement.

La Conférence vise la réalisation des objectifs suivants:

• Mesurer les progrès réalisés et les lacunes restant à combler ;

• Obtenir un engagement politique renouvelé mettant l’accent sur les actions efficaces permettant la poursuite des progrès ;

• Identifier les nouveaux défis, et les opportunités émergentes favorables au développement durable des PEID, ainsi que les moyens à privilégier pour y répondre ;

• Identifier les axes prioritaires afin que la mise en place du développement durable des PEID soit prise en compte dans l’agenda post-2015 des Nations Unies.

V / Forum des Partenariats du secteur privé  (30-31 août 2014) :

• Thème : Promouvoir les partenariats du secteur privé pour l’appui au développement durable dans les Petits Etats Insulaire en Développement.
Ce forum fournira une plate-forme sur laquelle de véritables partenariats durables peuvent être annoncés pour soutenir le développement durable des PEID, les partenariats seront focalisés; en particulier sur les six domaines thématiques à savoir : (1) Agriculture, (2) Connectivité (grâce aux TIC et transports, (3) Réduction des risques et catastrophes, (4) Pêche et ressources marines, (5) Energies renouvelables et (6) Tourisme durable.

• Le Forum sera également une occasion pour faciliter l’interaction et le réseautage entre les entreprises et les chefs de gouvernement à un niveau supérieur pour renforcer les partenariats du secteur privé et faciliter le partage des informations au sein des PEID concernant les politiques, les programmes et les pratiques visant à renforcer les entreprises et l’industrie dans la poursuite du développement durable .

VI / Coopération Maroc- PEID :

Le Maroc entretient des relations de coopération étroites avec les Etats Insulaires de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, notamment dans les domaines de l’éducation (octroi de bourses, formation), de la pêche maritime, de la marine marchande, du tourisme, de la médecine (campagne médico-chirurgicale) ainsi que dans les secteurs de l’eau et de l’électricité.

Le Maroc a toujours été sensible aux problèmes des PEID dont il partage les aspirations telles qu’elles ont été formulées dans le Programme d’Action de la Barbade et la Stratégie de Maurice.

En effet, les nombreuses initiatives marocaines à l’endroit des pays insulaires ont connu une dynamique importante au cours des dernières années, se traduisant par le lancement de nombreux projets en matière de développement humain, de transfert de technologies et de développement durable. Le Maroc a tenu également à partager avec ces  pays son expérience dans le domaine l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH). Il a organisé, dans ce cadre, les 6 et 7 avril 2007 au Maroc, la première Conférence africaine sur le développement humain couronnée par un plan d’action renforçant et favorisant la coopération et l’échange d’expérience dans ce domaine.

De même, le Maroc, qui a toujours fait du multilatéralisme un moyen de renforcement des liens de coopération pour le développement socio-économique, a abrité la Conférence ministérielle des Pays les Moins Avancés en 2003, et la première réunion bilatérale Maroc-Communauté des Caraïbes en 2007, couronnée par l’élaboration d’un cadre de coopération bilatérale entre les deux parties, ainsi que la 4ème Conférence Ministérielle des pays africains riverains de l’Atlantique en 2009.

En outre, le Maroc a toujours été attentif aux défis auxquels font face les pays Insulaires en Développement et a contribué, activement, lors de la 1ère réunion avec les Etats Insulaires du Pacifique tenue à Rabat le 13 décembre 2012, à l’élaboration des recommandations dont l’identification des domaines de coopération, l’établissement d’un mécanisme de suivi ou encore l’échanges de visites officiels.

VII / Lieu de la Conférence :

Apia est une ville du Pacifique, capitale des Samoa. Elle se situe sur l’île d’Upolu, l’une des deux principales îles de l’archipel. En 2006, la ville comptait 37 708 habitants.

Apia trouve son origine dans un petit village (304 habitants en 18001) d’où la ville actuelle tire son nom. Le village existe d’ailleurs toujours au sein de la ville moderne qui a grandi et s’est étendue en absorbant d’autres villages. Le village possède toujours son propre chef.

Fondée officiellement dans les années 18502, elle devient la capitale officielle du pays en 1959.

Tags : Maroc, Petits Etats Insulaires en Développement, PEID, SIDS,

(1) Source : Rapport du Secrétaire général [A/65/115]

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