Algérie : Bouteflika et «la succession» de Bensalah (Wikileaks)

Algérie : Bouteflika et «la succession» de Bensalah (Wikileaks)

Premier message diplomatique sur l’Algérie sur Wikileaks – Bouteflika et «la succession» de Bensalah

Le premier «câble» confidentiel sur l’Algérie est mis en ligne sur le site de WikiLeaks. Il date de 2007 et se concentre sur les élections partielles du Conseil de la nation. On apprend que Abdelaziz Bouteflika a insisté pour que Abdelkader Bensalah soit reconduit à la tête du Sénat. «Le président a dit aux sénateurs qu’il voulait que Bensalah soit maintenu à son poste. L’élection au Sénat était devenue alors une simple formalité», est-il souligné.

Le message reprend les propos d’une journaliste et d’une sénatrice. Il est relevé aussi que Abdelkader Bensalah, ce militant fidèle du RND, est capable de «gérer le processus de succession à la présidence». Le câble relève que les images montrées par la télévision «d’un chef d’Etat actif» ont fait disparaître «dans l’esprit du public» l’idée d’un président malade.

Au Yémen, l’affaire du bombardement au sud du pays en décembre 2009 remonte à la surface. A cette époque, l’aviation américaine était soupçonnée d’avoir participé à ces raids qui auraient fait des dizaines de victimes parmi les civils. Cette opération était dirigée officiellement contre des activistes d’Al Qaîda dans la région d’Abyane. «Nous continuerons à faire comme si les bombes étaient tirées par nous, pas par vous», aurait déclaré le président Ali Abdallah Salah en janvier 2010, selon un télégramme de l’ambassade à Sanaâ.

Le président yéménite s’adressait au général David Petraeus, à l’époque chef des forces américaines au Proche-Orient. Petraeus avait proposé au responsable yéménite de ne plus utiliser des missiles de croisière, mais des bombes de haute précision pour «fructifier» l’action militaire.

«Ce télégramme semble confirmer les informations révélées par Amnesty International, montrant que le raid a été mené par l’armée américaine, pas par le gouvernement yéménite. Il faut qu’une enquête soit immédiatement ouverte sur la mort de dizaines d’habitants lors du raid aérien, y compris sur l’implication américaine dans ce raid», a déclaré Philip Luther, vice-directeur d’Amnesty pour le Moyen-Orient, repris par les agences de presse.

Autre scandale : Blackwater en Irak.

Selon un câble de l’ambassade US à Baghdad, le principe d’indemniser les victimes de l’attaque des agents de cette firme en septembre 2007 en plein cœur de la capitale irakienne. A cette date, des gardes de Blackwater avaient ouvert le feu sans raison apparente sur des civils désarmés tuant une vingtaine d’entre eux. Le gouvernement a demandé à ce que les familles soient indemnisées avec 8 millions de dollars pour chaque mort.

Les autorités américaines auraient accepté de payer 10 000 dollars pour chaque personne tuée. «L’ambassade estime que Blackwater doit aussi verser des compensations», est-il écrit dans le message. Des mois plus tard, Blackwater quittera l’Irak pour «le marché» afghan. Une partie de ses gardes reste en Irak malgré la demande du gouvernement de ne plus activer sur le sol irakien.

D’après un câble datant de janvier 2010, les éléments de Blackwater ont été repris par une autre firme, DynCorp. Par ailleurs, un dialogue toujours virtuel entre l’Iran et les Etats-Unis est mal perçu par la Jordanie, allié de longue date de Washington. «Le roi Abdallah II a indiqué à l’envoyé spécial George Mitchell qu’un dialogue américain avec l’Iran approfondira les schismes interarabes et que davantage de pays sans épine dorsale rallieront le camp iranien», est-il rapporté dans un câble datant d’avril 2009.

Cette discussion a eu lieu en février 2009 à Amman.Réagissant à ces révélations, la Jordanie a, dans une déclaration reprise hier par l’AFP, relevé qu’il s’agissait «purement» d’une analyse de responsables américains et pas jordaniens. «La position de la Jordanie est claire dans son refus de toute opération militaire contre l’Iran. Elle a mis en garde contre les effets catastrophiques d’un tel acte sur la sécurité et la stabilité de la région», a précisé un responsable jordanien.

Enfin, malgré l’apparence d’une alliance parfaite, Washington suspecte Islamabad de ne pas collaborer correctement en matière de lutte contre le terrorisme. D’après un câble de WikiLeaks, révélé hier par le quotidien français le Monde, l’ambassade américaine au Pakistan qualifie le pouvoir civil, dans un télégramme datant de février 2010, de «faible, inefficace et corrompu».

Fayçal Métaoui

Publié par El Watan le le 02.12.10

Tags : Algérie, Wikileaks, Abdelaziz Bouteflika, Abdelkader Bensalah,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :