Algérie : Le coronavirus et la politique

Algérie : Le coronavirus et la politique

Alors que les avis semblaient converger sur la conduite à tenir pour faire face à l’épidémie du coronavirus, il semble que le niveau de conscience du danger que ressentent les Algériens divergent d’un individu à l’autre. En effet, parmi la population, il y a des citoyens qui ont fait le choix d’observer minutieusement les conseils des autorités sanitaires du pays. Gel hydro alcoolique de rigueur, ils évitent les embrassades et les contacts tactiles avec les voisins, les collègues et même avec les membres de la famille.

Cette catégorie d’Algériens «poussent un peu trop loin la prévention », pensent un certains nombre de citoyens qui n’ont rien changé à leurs habitudes. Dans le lot, il y a ceux qui ont été jusqu’à prendre part aux manifestations hebdomadaires du mouvement populaire. Il est vrai que pareille attitude amène à réfléchir sur l’objectif qu’assignent les manifestants au Hirak.

La mobilisation citoyenne est un fait nécessaire pour provoquer le changement et en faire une donne pérenne dans les sphères politiques et sociale du pays. Mais cette nécessité, certes historique, permet-elle une énorme prise de risque ? La question est pertinente, lorsqu’on sait que des rassemblements de personnes des heures durant est de nature à faire propager le virus. Il suffirait qu’un seul manifestant soit porteur du coronavirus pour que des centaines d’autres soient contaminés après un laps de temps assez long. Il faut dire que des séquences comme celles qu’ont vécues plusieurs villes du pays, constituent un véritable appel à la propagation du virus.

L’interrogation est légitime, dans ce cas de figure : ces milliers de citoyens savent-ils que le système de santé algérien a ses limites, comme tout autre système de par le monde ? Ont-ils conscience qu’avec leur comportement, ils hâtent son effondrement, sachant que l’épidémie n’est qu’à ses débuts et qu’immanquablement, des centaines de nouveaux cas vont de toute façon se déclarer ? Il aurait été plus gérable que les contaminations ne soient pas exponentielles. Mais il semble que certains Algériens fassent involontairement en sorte à mettre la société en danger. Le pire dans l’histoire est le silence de personnalités de l’opposition qui ont peur de dire la stricte vérité au peuple. Cela s’appelle du populisme, au moment où il ne faut absolument pas en faire. Mais il faut croire que certains politiciens n’hésitent devant rien…

Par Nabil G.

Ouest Tribune, 14 mars 2020

Tags : Algérie, coronavirus, pandémie, épidémie, contagion, infection,

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