Algérie : Le FFS met en garde contre la tentation d’un « pseudo-dialogue »

Meriem Kaci (ReportersDZ, 15 déc 2019

L’annonce des résultats préliminaires du scrutin présidentiel, « marqué par un fort taux d’abstention », ne marque pas la fin du Hirak et de la mobilisation populaire en cours, a estimé hier Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle du Front des forces socialistes (FFS).

Le responsable du plus vieux parti de l’opposition a mis en garde les autorités contre la tentation d’organiser un « pseudo-dialogue ». Cette mise en garde du FFS intervient 24 heures seulement après l’offre de dialogue annoncée par le président élu.

« C’est une révolution populaire qui ne cessera que lorsqu’elle parviendra au changement radical du système », a-t-il souligné lors d’un point de presse, organisé au lendemain de l’annonce, par l’Autorité nationale indépendantes des élections (Anie), des résultats du vote.

Le conférencier a appelé dans la foulée les Algériens à « poursuivre et amplifier leur mobilisation pour instaurer un Etat civil et non militaire, en veillant à préserver son caractère pacifique et unitaire et à opposer une résistance déterminée et pacifique à toute épreuve qui entravera sa marche vers la liberté ».

« En ce lendemain de scrutin présidentiel, non démocratique et non transparent et rejeté massivement par les Algériens, avant, pendant et après sa tenue, car organisé par le régime pour se pérenniser en violation flagrante de la volonté populaire qui revendique le changement radical du système, l’instauration d’un Etat de droit démocratique et social et l’avènement de la deuxième République à travers un pouvoir constituant », a expliqué M. Laskri, accompagné du premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel. Le FFS a ainsi rendu hommage au peuple algérien qui n’a pas attendu les résultats de ce scrutin, qu’il ne reconnaît pas, «pour exprimer tout au long de ce 43e vendredi, dans une mobilisation pacifique et unitaire sur tout le territoire national, son indignation et sa colère à l’encontre d’un pouvoir en uniforme et de sa couverture civile, qui viennent à travers cette mascarade électorale de salir l’image de l’Algérie dans le monde ».

Alors que des pays du monde arabe se sont empressés de féliciter l’Algérie, à l’annonce des résultats préliminaires, le coordinateur du FFS trouve que les médias du monde entier ont rapporté « l’opposition du peuple algérien à cette élection, son abstention massive et l’illégitimité du président élu que la communauté internationale évite de féliciter », poursuit M. Laskri.

Le plus vieux parti de l’opposition a, dans ce sens, mis en garde le pouvoir «contre la tentation d’organiser un pseudo-dialogue sous son égide dans une conférence non souveraine visant à valider une feuille de route préétablie avec un ordre du jour déjà fixé et des participants de son choix ». Le parti appelle, à ce sujet, au « respect des règles universelles régissant les dialogues entre protagonistes ».

Le FFS a toujours considéré, et il l’a toujours proposé, que l’avènement de la deuxième République est une « exigence de sortie de crise », et que «seule» une véritable transition démocratique et un « dialogue national transparent et sérieux » avec tous les acteurs politiques représentatifs et ceux de la société civile mobilisés dans le mouvement populaire et associatif, pourra convenir d’une plateforme consensuelle de sortie de crise sur le plan politique, économique , social, environnemental et culturel avec un calendrier et des instruments de contrôle et d’exécution, en vue de l’élection d’une Assemblée nationale constituante », ajoute le coordinateur du FFS.

Tags : Algérie, élections, présidentielles, Abdelmajid Tebboune, Hirak, FFS, Kabylie,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :