Algérie : Virus, politique et finances

Algérie : Virus, politique et finances

En quelques heures d’intervalle seulement, l’OMS en est venu à qualifier de pandémie la propagation du Covid-19, et à resituer son épicentre, qui passe de Chine en Europe. Pour nous, donc, le danger s’est beaucoup rapproché. Ce qui rend d’autant plus nécessaire la suspension des vols vers et depuis la France. Il semble d’ailleurs que ce soit déjà le cas. L’Italie n’a trouvé que la Chine pour se faire livrer l’équipement dont elle commençait à manquer dans la lutte pour la survie. Cela fait maintenant des jours qu’elle est à l’arrêt. Elle n’en est pourtant qu’à seulement 11 000 cas de contamination.

Par ailleurs, ce n’est plus la France qui vient en deuxième position, pour le nombre des infections connues, mais l’Espagne, dont le gouvernement a réagi vigoureusement en décrétant l’état d’urgence, ainsi d’ailleurs que les Etats-Unis. Dans un pays comme le nôtre, où les écoles et universités sont fermées, où les compétitions sportives se déroulent sans public, il s’en trouve encore des gens pour manifester le vendredi, lesquels sans doute ne demandent qu’à faire de même les autres jours de la semaine.

En France, tout regroupement de plus de 100 personnes est interdit, où que ce soit et pour quelque motif que ce soit, quand ce serait à l’occasion d’un mariage ou d’un enterrement. Ailleurs en Europe, une décision de ce genre ne se prend même pas, parce qu’il semble inconcevable que des gens aient le cœur à défiler dans le contexte d’une épidémie dont la principale caractéristique est la rapidité de propagation.

On se demandait hier si face à celle-ci il fallait confiner, à l’imitation de la Chine et maintenant de l’Italie, ou contenir, à l’exemple de la France. On ne peut pas ajouter : et comme en Algérie, alors même que la méthode retenue par les autorités soit la même. Parce que chez nous, il s’en trouve des gens pour braver le virus en défilant, en contestant et en revendiquant. Un cas unique dans le monde ! Vendredi dernier, les forces de l’ordre portaient des masques de protection, mais pas les hirakistes, ou très peu d’entre eux.

Qu’on confine ou qu’on contienne, s’il y a encore des irréductibles pour manifester, ça ne servirait de toute façon à rien. Avant-hier, les bouchons ont refait leur apparition dans ces mêmes villes chinoises qui pendant des semaines avaient été des villes fantômes. A Wuhan même, d’où est parti le coronavirus, il semble même qu’aucun nouveau cas n’ait été enregistré ces dernières vingt-quatre heures. La Chine n’en serait probablement pas là où elle est à présent si elle avait contenu au lieu de confiner.

La proclamation de l’état d’urgence aux Etats-Unis dit assez que l’administration Trump est partisane elle aussi des méthodes sans concession. Notons tout de même la rapidité avec laquelle les Bourses se sont rétablies, ou du moins sont en voie de l’être, dès l’instant où les autorités monétaires se sont montrées à la fois généreuses et compatissantes.

Dans son discours à la nation, le président français a eu à dire trois fois « quoi qu’il en coûte », pour bien montrer combien la santé des Français n’a pas de prix. Il ne reste plus qu’au baril de pétrole à repartir à la hausse, ce qu’il a d’ailleurs commencé à faire, et le spectre de la récession se sera entièrement dissipé au-dessus de la planète finance. Libre au Covid-19 de poursuivre son tour du monde, maintenant que les Bourses et les entreprises sont à couvert.

Le Jour d’Algérie, 15 amrs 2020

Tags : Algérie, Hirak, coronavirus, confinement,

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