Benchmark des relations commerciales avec l’Afrique

Benchmarks des stratégies africaines des BRIC

Brésil – Afrique 

La coopération entre le géant sud-américain et le continent africain repose sur la signature de plus de 250 projets de coopération techniques, en différentes phases de négociation et en exécution dans près de 34 pays. Les échanges commerciaux entre le Brésil et l’Afrique ont sextuplé en une décennie passant de 4 milliards USD en 2000 à 26.4 milliards USD en 2012. Les principales destinations des exportations brésiliennes, qui sont généralement des produits manufacturés, sont destinées à l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Angola et le Nigéria, et qui ont représenté à eux seuls 67% des exportations vers le continent durant la fin de la dernière décennie. Les importations, quant à elles, sont fortement concentrées autour des pays pétroliers, notamment le Nigéria et l’Algérie. Le Brésil cherche surtout à internationaliser la production de ses grands groupes et notamment Petrobas pour les hydrocarbures.

Inde – Afrique

A l’issue d’une longue période de stagnation, les relations commerciales entre l’Inde et l’Afrique ont pris une pente ascendante. Les échanges bilatéraux ont connu une hausse spectaculaire et sont passés de 967 millions USD en 1991 à 69.3 milliards USD en 2012. Au niveau des importations, l’Afrique du Sud demeure le principal partenaire africain de l’Inde (28% des importations), suivi du Maroc (17%) et de l’Egypte (8%). En ce qui concerne les exportations, l’Afrique du Sud, le Nigéria, et le Kenya absorbent une grande partie des exportations totales de l’Inde vers l’Afrique et elles concernent particulièrement les produits pétroliers raffinés, les médicaments et les véhicules.

Chine – Afrique

En 2013, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont dépassé la barre des 200 milliards USD. Ce chiffre place ainsi la Chine en tant que premier partenaire commercial du continent noir (avec une part de 13,5% des échanges commerciaux africains), une position tenue par le géant chinois depuis 2009 au détriment des Etats-Unis et de l’Europe. De manière générale, l’Afrique a brassé près de 108 milliards USD d’investissements chinois depuis 2005, en majorité dirigés vers les transports (34.31 milliards USD), l’énergie, dont le pétrole (31 milliards USD), l’immobilier (21.6 milliards USD) et les mines (16.3 milliards USD). Le Nigéria demeure la destination de premier choix de la Chine en Afrique en recevant 15.6 milliards USD d’investissements, suivi de l’Algérie (10.5 milliards USD), l’Afrique du Sud (8.6 milliards USD). S’en suivent dans l’ordre l’Ethiopie, la RDC, le Tchad, l’Angola, le Niger, la Sierra Leone et le Cameroun.

Benchmarks des stratégies africaines des anciennes puissances coloniales

France – Afrique

Sur le plan purement commercial, l’Afrique du Nord absorbe près de la moitié des exportations françaises vers l’Afrique, tandis que l’Afrique du Sud s’affiche comme un partenaire commercial d’envergure en Afrique subsaharienne. Les trois premiers partenaires commerciaux de la France sur le continent demeurent au Maghreb. L’Algérie arrive en tête avec des échanges en progression de 11.8%, suivie de la Tunisie en progression de 2.45%. En troisième place, le Maroc, dont les échanges enregistrent toutefois une baisse de 0.24%. En Afrique subsaharienne, le Nigéria reste un partenaire important pour la France, arrivant en 4ème position avec une progression des échanges de 5.27%. Les rapports économiques entre la France et l’Afrique s’articulent également autour de l’Aide publique au développement (APD) concernant principalement l’Afrique subsaharienne qui bénéficie de 45% de l’opération, soit 2.6 milliards €.

Royaume Uni

Après un désengagement prononcé de la présence commerciale britannique en Afrique à la fin des années 90, la Grande- Bretagne a été ainsi releguée au 5ème rang des partenaires commerciaux européens de l’Afrique et 8ème rang au niveau mondial avec un volume des échanges commerciaux avec l’Afrique s’élevant à plus de 50,6 milliards USD en 2012. Cependant, l’évolution de l’investissement mondial et la crise persistante de la dette dans la zone Euro ont incité plusieurs grandes économies, dont la Grande-Bretagne, à réorienter leurs activités d’investissement des marchés traditionnels européens et asiatiques vers l’Afrique. L’Afrique du Sud a toujours été et demeure, le premier partenaire commercial de la Grande-Bretagne en Afrique et a toujours compté pour plus de 30% du commerce britannique avec l’Afrique.

Allemagne – Afrique

Des relations qui datent des années 60, principalement avec l’Algérie, la Libye, le Nigéria et l’Afrique du Sud. En 2012, le volume des échanges commerciaux entre l’Allemagne et l’Afrique s’élevait à 58,8 milliards USD, plaçant ainsi l’Allemagne au 6ème rang en tant que partenaire commercial de l’Afrique. Cependant, les chiffres restent faibles. D’une part, le pourcentage de l’Afrique dans le commerce extérieur allemand ne s’élève qu’à 2.3% et les montants d’investissements directs allemands en Afrique ne progressent que très peu : en 2009, ils s’élevaient à 7.9 milliards €, en 2010, 10.11 milliards € et enfin, en 2011, ils représentaient 10.10 milliards €.

Pays Bas – Afrique

Au niveau des échanges commerciaux, le volume de ces derniers frôlait les 42 milliards USD en 2012 ; un montant supérieur à celui du Brésil, du Japon ou encore de l’Afrique du Sud. Même si le nombre d’entreprises néerlandaises actives sur le continent est plutôt limité, certaines se démarquent de plus en plus à l’instar de Heineken au Nigéria et au Rwanda, Rabobank au Mozambique et en Tanzanie mais également les géants Unilever et Shell, opérationnels dans plusieurs pays africains.

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Espagne – Afrique

Le plus grand partenaire commercial de l’Espagne en Afrique est le Maroc. En 2012, Madrid est devenu le premier partenaire économique du Royaume et ce dernier est devenu le second plus important client de l’Espagne, hors Union Européenne et après les Etats Unis. L’Espagne accroît également sa présence dans d’autres pays du continent. Ces dernières années ont vu la signature d’accords de coopération commerciale avec l’Egypte et la République Démocratique du Congo facilitant l’accès des entreprises espagnoles dans les deux pays. De manière générale, l’Espagne demeure un partenaire commercial de poids en Afrique avec des volumes d’échanges atteignant pratiquement les 55 milliards USD en 2012 plaçant l’Espagne au 7ème rang des partenaires majeurs de l’Afrique.

Portugal – Afrique

Les échanges commerciaux entre le Portugal et l’Afrique ont toujours représenté une part faible, (environ 3%), du commerce Europe-Afrique. De manière générale, le volume des échanges s’élevait à 14,2 milliards USD en 2012 et le Portugal entretient des relations étroites, surtout avec l’Angola.

Italie – Afrique

L’Italie compte 25% des importations européennes en provenance d’Afrique et 17% des exportations, équivalant aux montants de l’Espagne, du Portugal et du Royaume-Uni combinés. C’est l’Afrique du Nord qui bénéficie le plus de ces échanges en concentrant près de 60% du commerce entre l’Italie et l’Afrique. Mais aujourd’hui, l’Italie se tourne également vers l’Afrique subsaharienne. De manière générale, l’Italie occupe la 4ème place des plus grands partenaires de l’Afrique avec un montant du volume des échanges commerciaux s’élevant à 69,8 milliards USD en 2012 derrière la Chine, les Etats-Unis et la France.

La montée de nouveaux acteurs

Pays du Golfe – Afrique

Le volume des échanges commerciaux des 6 pays du GCC avec l’Afrique pour 2012 serait de 51 milliards USD, faisant des pays du GCC (Conseil de Coopération du Golfe)le 8ème partenaire commercial d’Afrique. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis sont les pays du GCC les plus actifs dans leur approche du continent africain. Sur les 39 milliards USD d’exportations des pays du Golfe vers l’Afrique en 2012, 41% sont en provenance des entreprises saoudiennes et 35% des entreprises émiraties. Le Qatar enregistre un retard important puisque sa part dans les exportations des pays du Golfe vers l’Afrique n’est que de 2.3%. Le total des importations de la région en provenance de l’Afrique est de l’ordre de 12 milliards USD (57% pour les seuls EAU).

Turquie – Afrique

Les échanges commerciaux entre la Turquie et l’Afrique était à l’ordre de 19 milliards USD encore à fin 2012 et Ankara table sur l’objectif de 50 milliards USD d’ici 2015. Les exportations turques vers Afrique seraient passées de 1.5 milliards USD en 2001 à plus de 13 milliards en 2012. Des chiffres qui font de la Turquie le 17ème partenaire commercial de l’Afrique. Par ailleurs, alors qu’en 2005, la balance commerciale des échanges commerciaux faisait apparaître un excédent en faveur de l’Afrique (+2,5 milliards USD), cette dernière est désormais en faveur de la Turquie qui dégage en 2012 un excédent commercial supérieur à 7.5 milliards USD.

Japon – Afrique

Le Japon est considéré comme le premier donateur sur le continent africain s’engageant à affecter 4 milliards USD en 5 ans à l’aide publique. Cependant, selon la CNUCED, le Japon ne représente que 2.7% des échanges commerciaux de ce continent pour un volume d’échanges commerciaux de 34 milliards USD, contre 15.9% pour la Chine en 2012. En effet, les entreprises japonaises se montrent réticentes à s’implanter en Afrique, sauf en Afrique du Sud, invoquant l’instabilité politique, l’insécurité ou encore les risques sanitaires.

Etats-Unis – Afrique

En 2009, les américains se sont vus détrôner en Afrique par la Chine. Ainsi, en 2012, les Etats Unis accusaient un retard important avec 100 milliards USD d’échanges commerciaux contre 197 milliards USD pour leurs concurrents chinois. Malgré l’entrée en vigueur de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), la part de l’Afrique dans le commerce extérieur américain reste minime. En effet, seulement 2.9% des importations américaines en 2012 sont en provenance du continent africain et pas plus de 2.1% des exportations sont à destination de l’Afrique. Au niveau de l’investissement, les Etats Unis restent le premier investisseur en Afrique en termes de nouveaux projets d’investissement.

Malaise – Afrique

La Malaisie ne représente pas un partenaire prépondérant pour l’Afrique, bien que les volumes soient en augmentation constante. En un peu moins de deux décennies, les échanges commerciaux de marchandises entre la Malaisie et l’Afrique sont passés de 1,2 milliards USD à près de 9 milliards USD en 2012. Ces échanges se concentrent principalement sur des produits de base, tels le cacao, les minerais, l’aluminium. Cependant, même si l’Afrique constitue une part de plus en plus importante des échanges commerciaux de la Malaisie (2.1% en 2012 contre 0.8% en 1995), la part de la Malaisie en Afrique a très peu évolué sur la même période (0.7% en 2012 contre 0.5% en 1995).

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République de Corée – Afrique

Le volume des échanges a été multiplié par quatre entre 1995 et 2012, passant de 5 milliards USD à plus de 22 milliards USD en 2012, soit un taux de croissance annuel moyen de 8.9% sur la période. La République de Corée représente ainsi le 14ème partenaire commercial de l’Afrique en 2012. Les exportations de la République de Corée vers l’Afrique concernent essentiellement des produits de transports maritimes et les véhicules automobiles et sont à destination des marchés du Libéria, d’Afrique du Sud et d’Angola. Les importations, quant à elles, portent principalement sur le pétrole, mais également sur des produits de base (fer, cuivre, minerais, argent, platine), achetés généralement de l’Afrique du Sud, de la RDC, du Nigéria, d’Algérie et d’Egypte. Cependant, la balance commerciale des échanges entre les deux pays reste en défaveur du continent noir, et le déficit commercial n’a fait que s’accentuer au cours des deux dernières décennies en passant de 0,7 milliards USD en 1995 à 6,4 milliards USD en 2012. De manière générale, les deux acteurs représentent toujours des parts minimes dans le volume des échanges (2% des échanges commerciaux des deux pays).

Afrique en Afrique

Afrique du Sud – Afrique

L’Afrique du Sud représente le 13ème partenaire commercial de l’Afrique, avec un volume total d’échanges de 25 milliards USD en 2012. Ainsi si la part des exportations sud-africaines vers les pays africains est élevée : elle se maintient depuis 1995 à près de 20% (essentiellement à destination de la Namibie, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe), les importations en provenance du continent sont en nette augmentation : 825 millions USD en 1995 pour 9.7 milliards USD en 2012. Par ailleurs, le Nigéria reste le premier partenaire de l’Afrique du Sud en Afrique de l’Ouest avec un volume d’exportations correspondant à 21% du volume total.

Nigéria – Afrique

Le continent africain représente 9.4 % des exportations du Nigeria et 5% des importations. Par ailleurs, le Nigeria est durant la période 2007-2012, le 16ème investisseur mondial en Afrique en termes de nombre de nouveaux projets et le 3ème au niveau africain derrière l’Afrique du Sud et le Kenya.

Algérie – Afrique

Très fortement dépendante de la rente énergétique (pétrole et gaz naturel) et souffrant d’un manque criant de diversification, la structure actuelle de l’économie algérienne ne favorise nullement des interactions économiques privilégiées avec le continent africain. Le commerce extérieur de l’Algérie avec le continent africain est ainsi très marginal : en 2012, seulement 2.29% des importations proviennent du continent (dont 1.31 % des pays de l’UMA) et 2.14% des exportations (0,2% vers l’Afrique subsaharienne) sont à destination du continent. Le Maroc n’est que le 15ème client avec 1,26% des exportations algériennes. Les autres principaux partenaires sont la Côte d’Ivoire, suivie de l’Afrique du Sud, du Nigéria puis du Cameroun. Pourtant, l’Algérie dispose d’un cadre juridique régissant ses relations commerciales et qui comprend des accords conclus avec 25 pays africains.

Egypte – Afrique

Bien que encore très faibles (6.4 milliards USD en 2012, soit 0,5% des échanges du continent), les interactions économiques de l’Egypte avec l’Afrique sont en constante progression depuis une dizaine d’années. Le secteur de l’agroalimentaire constitue 33% du volume des exportations égyptiennes en Afrique, soit le second poste après les produits pétroliers. De manière plus globale, en 2012, le continent africain représentait 13.7% des exportations égyptiennes (contre 5.6% seulement en 2005) et près de 3.4% des importations. Par ailleurs, membre du COMESA (Marché Commun d’Afrique Orientale et Australe), l’Egypte en a fait la pierre angulaire de sa politique de débouchés des exportations. Sont particulièrement visés les pays dits du Bassin du Nil, principalement le Soudan, la RDC, le Kenya et l’Ethiopie.

Tunisie – Afrique

Les recettes des exportations tunisiennes vers les pays africains, composées essentiellement de produits alimentaires, de matériaux de construction et de services informatiques ont atteint 2.7 milliards USD en 2012, soit 16.1 % du total des exportations du pays. La valeur des produits importés (coton, café, cacao, bois…) s’est située, quant à elle, à 2.2 milliards de dollars environ, soit 9.2% du total des importations de la Tunisie. Cependant, les bouleversements récents et les difficultés persistants empêchent le développement des investissements tunisiens dans le continent africain. Pour y remédier, la Tunisie s’est dotée en 2012 d’un ambitieux plan sur les opportunités et moyens d’accès aux marchés ouest-africains, et qui prévoit l’implantation, en quatre ans (2012- 2016), de 55 sociétés tunisiennes dans les 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre seulement 14 en 2010. Dans ce sens, les principaux fournisseurs africains de la Tunisie sont la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et le Cameroun, tandis que ses plus grands clients sont l’Ethiopie, le Sénégal et le Rwanda.

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