Compte rendu des travaux du 27ème Sommet ordinaire de la CEDEAO (Yamoussoukro, 27-28 février 2013)

Note à l’attention de M. le Ministre.

Objet : Compte rendu des travaux du 27ème Sommet ordinaire de la CEDEAO (Yamoussoukro, 27-28 février 2013).

J’ai l’honneur de porter à la connaissance de M. le Ministre que la 42ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO s’est déroulée à Yamoussoukro les 27 et 28 février 2013, précédée par une réunion ministérielle, le 25 février 2013 à Abidjan.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les discours du Président de la CEDEAO, M. Alassane Ouattara, du Président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Ouedraogo, le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et du Représentant de la Commission de l’Union africaine. Seuls le Royaume du Maroc et le Tchad ont intervenu en tant que pays invites, parmi l’Egypte, l’Algérie, l’UE, la France, l’Italie, la Guinée Equatoriale, la Grande Bretagne, les Etats Unis, le Burundi et la Mauritanie, et bien que ces deux derniers aient été représentés par leur Président respectif.

Les travaux ont essentiellement porte sur deux points: la crise malienne et la situation en Guinée Bissau.

S agissant du Mali, le débat s est articule selon deux axes, l’un politique, l’autre opérationnel de l’intervention armée. Sur le volet politique, les Chefs d’ Etat et de Gouvernement ont appelé à un dialogue inclusif ainsi qu’à la mise en œuvre rapide de la feuille de route récemment présentée par le Gouvernement de Transition, afin de tenir des élections, au plus tard, en juillet 2013. Concernant l’aspect opérationnel, tous les pays ont loue l’intervention française, recommande le maintien de ses troupes et salue la solidarité du Tchad a travers sa contribution en effectifs importants. Cependant et malgré l’accord tacite du Mali pour la transformation de cette intervention en force de maintien de la paix (lettre du 20 février 2013 adressée au Secrétaire General de l ONU), certaines parties comme le Niger, ont fortement insiste sur la nécessité préalable de pacifier les régions septentrionales du Mali.

Lire aussi:  Profil économique de la Guinée

Le débat sur la Guinée Bissau s est caractérisé des échanges francs et directs sur cette question qui demeure en suspens et au centre des préoccupations de la CEDEAO, depuis l interruption du processus électoral dans ce pays.

Le médiateur de la crise bissau guinéenne, le Président guinéen, Alpha Conde a ainsi clairement exprime sa frustration de n’avoir pu être écouté au début des tensions, bien que son pays ait été le seul a toujours intervenir dans les crises récurrentes de ce pays qui lui est frontalier. Les Chefs d’ Etat et de Gouvernement ont, a cet effet, préconise, a l’instar de ce qu’avait recommande le Président Conde, une gestion concertée de la crise bissau guinéenne, entre la CEDEAO, la CPLP, l’UE, l’ONU et l’UA et plaide pour la levée des sanctions de l UA contre ce pays et appelé au retour des bailleurs de fonds.

Outre le Mali et la Guinée Bissau, les Chefs d Etat et de Gouvernement ont également examine et adopte la Stratégie de Lutte contre le Terrorisme de la CEDEAO, pour faire face a ce phénomène dans la sous région.

Enfin et concernant les questions internes de la CEDEAO, le rapport annuel 2012 du Président de la Commission de la CEDEAO et reconduit a l’unanimité, pour une année supplémentaire, le Président ivoirien, a la tête de la Communauté.

Le déroulement de ce 42eme Sommet suscite les observations suivantes :

-La présence du Chef de Gouvernement du Maroc, représentant SM le Roi a été extrêmement appréciée et revêtu une signification particulière. La lecture du Message royal, en séance d’ouverture, première en son genre, a concrétise l’intérêt du Maroc pour son Continent d’appartenance et sa volonté d œuvrer pour la paix et la stabilité en Afrique. Il convient de souligner a cet effet que les autorités ivoiriennes ont réservé, et a leur plus haut niveau, un accueil extrêmement chaleureux et fraternel a la délégation marocaine. Le Président ivoirien a salue dans son allocution la coopération constructive du Maroc dans la gestion de la crise malienne.

Lire aussi:  Le personnel de l’ambassade du Maroc à Dakar appelle les Marocaines mariées à des sénégalais des prostituées

-Certains pays comme le Niger et la Guinée ont recommande que le Maroc renforce cette dynamique en Afrique de l’Ouest par une percée en Afrique Centrale par une présence au niveau régional.

-Les travaux a huis clos de la Conférence ont donne lieu a un débat franc et ouvert et laisse entrevoir d’une part l’atténuation du clivage pays francophones/pays anglophones mais d’ autre part un important différentiel entre l approche de la CEDEAO et celle des pays africains de la CPLP (Cap Vert, Angola, Mozambique).

-Sur le plan bilatéral, beaucoup de pays de la CEDEAO, dont particulièrement la Guinée, ont réitéré leur fort souhait de consolider le partenariat avec le Maroc, afin de préserver les acquis.

-Aussi et considérant la perception très positive de la présence du Maroc et de sa contribution a ce Sommet, il serait opportun de considérer l’échelle régionale en Afrique comme un axe de projection porteur pour l action de notre pays en Afrique.

-La reconduction du Président ivoirien a la tête de la CEDEAO, ainsi que la prochaine présidence de la CEN SAD par le Maroc, représentent deux vecteurs de déploiement qu’il serait souhaitable de coordonner et d exploiter.

Source : Document confidentiel de la diplomatie marocaine

Tags : Maroc, CEDEAO, Afrique, CEN-SAD, Union Africaine, UA,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *