Confrérie Tidjania : les Marocains veulent détrôner l’Algérie

La lutte de leadership revient à la surface au sein de la confrérie Tidjania, entre le califat général dont le siège est à Laghouat, et ses représentants au Maroc qui s’apprêtent à organiser, du 14 au 16 mai, un rassemblement international des disciples de la Tariqa tidjania au siège de la zaouïa, à Fès. 
D’où la réaction au ton ferme du calife général de la confrérie Tidjania, Cheikh Ali Tidjani, qui a affirmé, aujourd’hui mercredi, à Aïn Madhi (siège historique de la confrérie, dans la wilaya de Laghouat) que les activités organisées sans la consultation du califat général «n’engagent en aucun cas la confrérie». «Toute activité organisée sans la consultation du califat général de la Tidjania et hors de sa bannière n’engage en rien la confrérie», a insisté le calife général de la Tidjania qui se prépare à accueillir, dans les prochains jours, une délégation composée de plus de 250 personnes du Sénégal, de Gambie, de Mauritanie et d’autres pays pour réitérer l’attachement et l’allégeance au règne du Cheikh et de ses petits-enfants, à Aïn Madhi. Cheikh Ali Tidjani a indiqué que «ces activités ne représentent pas la confrérie ni ses adeptes à travers le monde». 
Concernant la position du califat général de la confrérie vis-à-vis d’une activité de la Tidjania devant se tenir dans un pays voisin (le Maroc), Cheikh Ali Tidjani a dit avoir «décliné l’invitation à prendre part à une telle rencontre, adressée à titre personnel et non en tant que calife général de la confrérie». Ce colloque prévu à Fès est organisé sous le haut parrainage du roi Mohammed VI. Ce qui prouve l’existence, sinon d’une mauvaise foi, du moins d’une volonté politique de la part des Marocains, à la fois de s’approprier un héritage spirituel dont se revendiquent plusieurs pays d’Afrique du Nord et subsaharienne, et de déposséder l’Algérie de son rôle de précurseur et de sa place comme base historique de cette confrérie soufie. 
La confrérie Tidjania a été fondée par Ahmed Tidjani (1737-1815) à Aïn Madhi qui constitue un lieu de pèlerinage pour les milliers de fidèles qui viennent du monde entier.
R. Mahmoudi

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