Conseil de sécurité : Stratégie intégrée de l’ONU pour le Sahel.

Conseil de sécurité : Stratégie intégrée de l’ONU pour le Sahel.

Le Secrétaire Général des Nations Unies vient de soumettre au Conseil de Sécurité son rapport sur la situation dans la région du Sahel incluant la stratégie intégrée onusienne pour le Sahel.

Ce document, tant attendu par les membres du Conseil de Sécurité, a pris près de 12 mois pour être élaboré.

Dans son rapport, le Secrétaire-Général dresse un tableau de la situation au Sahel, les difficultés auxquelles se heurtent les Etats sur le plan sécuritaire, humanitaire et de développement ainsi que sur le plan de la gouvernance avant de présenter les différentes initiatives établies à ce jour, ainsi que l’action menée par l’Envoyé Spécial, M. Romano Prodi.

L’action de l’ONU au Sahel vise :

– à développer une approche globale dans la lutte contre l’extrémisme et la criminalité.

– à soutenir les pays de la région à combattre ces fléaux dans le cadre d’une approche régionale tout en veillant à une appropriation nationale de ce processus.

– à complémenter les initiatives sous-régionales, notamment celles de l’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union du Maghreb Arab (LIMA) et le CENSAD.

– à promouvoir une coopération régionale effective entre les Etats du Sahel, notamment

– à travers les bons offices du Secrétaire-Général.

– à soutenir une approche régionale sur le plan de la sécurité, du développement, et l’intégration régionale.

– à accompagner les programmes nationaux, mis en place, pour adresser les questions humanitaires et développer leur résilience, sur le court, moyen et long terme.

– à veiller à une meilleure coordination de l’action onusienne sur le terrain.

La stratégie intégrée de l’ONU pour le Sahel repose sur les 3 objectifs suivants :

1. Développement d’une gouvernance effective et inclusive à travers la région par le biais des actions ci-après :

– Renforcement des institutions nationales pour promouvoir les pratiques démocratiques.

– Soutien à l’extension des services de l’Etat sur tout l’ensemble de leur territoire.

– Renforcement de la gouvernance locale.

– Soutien au renforcement des mécanismes régionaux de gouvernance.

– Renforcement des mécanismes nationaux et régionaux des droits de l’Homme afin de lutter contre l’impunité et la mise en place d’une justice nationale indépendante.

– Mise en place de mécanismes d’alertes précoces nationaux et régionaux.

– Promotion d’une gouvernance du secteur de sécurité à travers la mise en place d’institutions de justice et de sécurité responsable.

2. Des mécanismes nationaux et régionaux capables d’adresser les menaces transnationales, par le biais des actions ci-après :

– Renforcer les capacités onusiennes d’analyse et de monitoring des questions de sécurité régionale.

– Soutenir les Etats de la région à établir des mécanismes de coordination nationaux dans la lutte contre le terrorisme et du crime organisé. Un mécanisme de partage d’information entre les mécanismes de coordination des Etats de la région sera développé.

– Renforcer les capacités nationales pour une meilleure gestion de leurs frontières.

– Renforcer les capacités régionales dans la lutte contre le terrorisme et du crime transnational organisé.

– Promouvoir la coopération et inter-régionale entre les Etats du Sahel et du Maghreb à travers le développement d’une approche harmonisée visant à combattre les flux illicites et le mouvement des groupes armés, criminels et terroristes.

– Organiser sur la base des conclusions de la réunion organisée par le DECT à Rabat, sur la coopération entre les Etats du Sahel et du Maghreb dans le renforcement de la sécurisation des frontières, des rencontres annuelles (officiers des douanes, de police aux frontières et de renseignements) en vue de renforcer l’échange d’information et une coopération dans la sécurisation des frontières.

– Soutenir les efforts visant à promouvoir les échanges de renseignements entre les aéroports d’Amérique latine, d’Afrique de l’Ouest, du Sahel, du Maghreb et de l’Europe afin de combattre les trafics illicites.

3. Des mécanismes nationaux et régionaux capables d’adresser les menaces transnationales :

– Soutenir les gouvernements de la région dans le renforcement de la résilience des Etats.

– Harmoniser l’action humanitaire et de développement en faveur des pays du Sahel.

– La mise en œuvre de cette stratégie sera assurée par le bureau régional des Nations Unies à Dakar (UNOWA). L’Envoyé Spécial du Secrétaire-Général pour le Sahel, M. Romano Prodi, pour sa part, continuera à mobiliser les ressources nécessaires pour le Sahel et à travailler avec les Institutions Financières Internationales ou régionales vers l’établissement d’un Fonds d’action pour le Sahel pour le développement des infrastructures région.

– Le rapport du Secrétaire Général sur le Sahel et la stratégie intégrée de PONU pour le Sahel ont considérablement évolué depuis le premier projet que cette Mission s’est procurée en septembre 2012.

Commentaires :

Globalement, la stratégie onusienne pour le Sahel présente des pistes intéressantes, favorables aux intérêts de notre pays, vers le renforcement de l’action de l’ONU, de la coopération régionale et interrégionale et des capacités des Etats concernés.

Il y a lieu de signaler que les préoccupations du Maroc ont été prises en compte par le Secrétariat, lors de la finalisation de la stratégie. Sur ce dernier point, la stratégie fait explicitement référence aux conclusions de la réunion de Rabat, et non de Nouakchott (UA), dans le cadre du renforcement de la coopération interrégionale entre les Etats du Maghreb et du Sahel à travers la tenue d’une réunion annuelle. La stratégie se réfère à la réunion organisée à Nouakchott seulement dans le cadre du renforcement des capacités régionales (CEDEAO et UA/CAERT et APS A).

Il est important de noter que malgré le « forcing » de l’Ambassadeur de l’Algérie au niveau du Département des Affaires Politiques (DPA) pour influencer le contenu du rapport, la visibilité de l’Algérie et de ses initiatives ont été considérablement limitées.

En effet, les références au Comité d’Etat Majeur Opérationnel Conjoint (CEMOC) ont été supprimées de cette version finale de la stratégie et le CEMOC et l’Unité de Fusion de Liaison (UFL) ne sont citées qu’en temps qu’initiatives prises par 4 pays de la région dans le rapport du SG.

Le Maroc, pour sa part, entend présenter une Déclaration Présidentielle pour endosser la stratégie onusienne sur le Sahel, encourager la coordination au niveau de l’ONU, clarifier les modalités de mise en œuvre de la stratégie et le rôle de l’Envoyé Spécial Prodi tout en appelant au renforcement de la coopération interrégionale.

En ce qui concerne la mise en œuvre de la stratégie, il y a lieu d’indiquer que le Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest (UNOWA) sera chargé de cette tâche. M. Prodi, pour sa part, veillera à la mobilisation des ressources et des fonds pour les initiatives en faveur du Sahel et la coordination des Institutions financières internationales et régionale.

Tags : Sahel, ONU, Maroc,

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