Etat des relations économiques entre le Royaume du Maroc et le Royaume Uni

Etat des relations économiques entre le Royaume du Maroc et le Royaume Uni

I. Partenariat de Deauville

Dans le cadre du Partenariat de Deauville, le Royaume du Maroc poursuit son engagement et sa participation active aux différentes actions programmées par les Présidences successives du G8, depuis le lancement de cette initiative en 2011.

1. Coorganisation par le Royaume du Maroc du 2ème Forum Arabe sur le Recouvrement des Avoirs (Marrakech, 26-28 octobre 2012)

Le 2ème Forum Arabe sur le Recouvrement des Avoirs, tenu à Marrakech du 26 au 28 octobre 2012, a été coorganisé par le Royaume du Maroc et le Royaume Uni, en tant que Président du G8. Ce Forum a constitué l’élément phare de la coopération du Maroc avec la Présidence du G8 dans le cadre du Partenariat de Deauville en 2013.

En effet, ce Forum s’inscrit dans le cadre du «Plan d’action pour le Recouvrement des avoirs», élaboré suite à la demande de la Tunisie, de l’Egypte et de la Libye, en tant qu’objectif relevant de l’axe Gouvernance du Partenariat de Deauville.

Par l’organisation de ce Forum au Maroc, il importe de souligner les points suivants:

• La volonté du Maroc de donner un contenu au partenariat bilatéral avec le Royaume Uni à même de créer des facteurs de rapprochement et de renforcer la coopération;

• Le choix du Maroc pour abriter ce forum traduit une reconnaissance de la part des pays du G8 aux multiples réformes menées par le Maroc.

• Ce Forum organisé en en partenariat avec la Présidence du G8 a constitué une occasion très intéressante de coopération avec les pays du G8.

• Le Maroc a réaffirmé à cette occasion son engagement en matière de lutte contre la corruption et la restitution des avoirs, conformément à la Déclaration des Ministres des Affaires Etrangères des pays du Partenariat de Deauville (New York, septembre 2011) ;

• Le Forum a constitué une occasion appropriée pour le Maroc de réaffirmer son engagement constant et constructif aux efforts internationaux, en se positionnement en tant que pays agissant et responsable de la communauté internationale.

A cet égard, le Maroc, et depuis le 1er Forum, s’est positionné en tant que pays facilitateur disposé à apporter le soutien technique nécessaire aux pays arabes concernés qui le souhaitent.

Par ailleurs, il convient de rappeler que:

• L’organisation de ce Forum a été pilotée par le Ministère des Affaires Générales et de la Gouvernance avec le soutien et l’accompagnement du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, à travers la Direction de la Promotion et de la Coopération Economiques, ainsi que la Direction des Affaires Juridiques et des Traités.

• Le Forum a connu la participation d’environ 200 participants, Ministres, Haut fonctionnaires et experts, notamment des pays du G8, des pays du Golfe et des pays de la région MENA, ainsi que des représentants de la Banque Mondiale et de l’UNOCD.

• A l’issue des travaux de ce Forum, les participants ont endossé la Déclaration conjointe «Chair’s Statement » du Royaume du Maroc et du Royaume Uni, qui a mis en évidence l’importance de la coopération internationale en matière de recouvrement des avoirs, en particulier la coopération technique dans les domaines de recouvrement des avoirs, de lutte contre la corruption et contre le blanchiment d’argent.

2. Participation du Royaume du Maroc aux différentes réunions programmées en 2013, par la Présidence britannique du G8:

La vision de la Présidence britannique est basée sur la coopération avec les membres du Partenariat de Deauville, afin d’œuvrer pour une croissance économique inclusive, en particulier en faveur des femmes et des jeunes.

A cet égard, le Maroc a pris une part active aux différentes réunions organisées par le Royaume Uni en 2013, telles que :

• Réunion de hauts fonctionnaires consacrée au volet de la gouvernance (Londres, 19 mars 2013) ;

• Réunion de hauts fonctionnaires consacrée au volet financier (Londres, 19 mars 2013)
• Réunion des Ministres des Finances du Partenariat de Deauville (Washington, 18-19 avril 2013) ;
• Conférence sur « l’appui aux économies ouvertes et à la croissance inclusive: Rôle des femmes dans les pays arabes » (Londres, 25-26 juin 2013)

• Conférence du Partenariat de Deauville sur l’investissement (Londres, 16 septembre 2013).

• Réunion de hauts représentants portant sur le volet Gouvernance (Londres, 16 septembre 2013).

• Réunion de hauts représentants portant sur le volet Financier du Partenariat (Londres, 17 septembre 2013).

• Réunion des Ministres des Affaires Etrangères en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies (New York, 25 Septembre 2013).

II. Processus d’adhésion du Maroc au Partenariat pour un gouvernement ouvert :

Le Ministre délégué chargé de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration a participé au Sommet annuel du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (OGP), tenu à Londres du 31 octobre au 1er novembre 2013.

Ce Sommet a constitué une occasion pour présenter l’expérience du Maroc en matière de Gouvernement ouvert et son impact sur le renforcement du service public, le développement économique et la lutte contre la corruption, ainsi que pour promouvoir la candidature du Royaume à ce Partenariat.

Etant donné que le Royaume-Uni constitue un membre important au sein de Partenariat, l’appui qu’il pourrait apporter à la candidature du Maroc à l’OGP serait opportun.

Fiche sur le profil économique du Royaume-Uni

  1. Introduction :

Le Royaume-Uni occupe le 7ème rang dans l’économie du monde. Le pays est très affecté par la crise financière internationale accentuée par la prédominance du secteur financier dans son économie. Le pays a connu une récession en 2012 qui a atteint -0,4% du PIB. En 2013, il est prévu une croissance faible d’environ 1,1%.

La crise financière de 2009 a profondément dégradé les finances publiques du pays. Les aides au secteur financier et les mesures de relance budgétaire ont creusé le déficit public et alourdi le poids de la dette publique. La priorité du Gouvernement a été axée sur l’assainissement de la situation budgétaire. Le programme d’austérité lancé en avril 2011 n’a pas porté les fruits escomptés en termes de croissance, mais le Gouvernement poursuit sa politique de rigueur. Il mise sur l’investissement et les exportations pour stimuler la croissance économique.

Le taux de chômage, auparavant l’un des plus faibles d’Europe, est en forte hausse depuis la crise, atteignant 8,1% en 2012 et il restera stable en 2013.

L’économie du Royaume-Uni demeure, cependant, l’une des plus fortes d’Europe. Elle est la 2ème plus importante des pays de l’Union européenne, après celle de l’Allemagne. En outre, avec 0,9 % de la population, le Royaume-Uni réalise 3,8 % du PIB mondial.

  1. Indicateurs économiques du Royaume-Uni:

Principaux secteurs économiques du Royaume-Uni

  • Le secteur agricole représente 0,7 % du PIB et emploie 1,2% de la population active. Les principales productions sont les pommes de terre, la betterave, le blé et l’orge. L’élevage (surtout les ovins et les bovins) continue d’être une activité majeure. Le secteur de la pêche est aussi très développé, mais souffre actuellement de la diminution du volume de poisson dans les lieux de pêches traditionnels.
  • Le secteur secondaire représente 21,6% du PIB et absorbe 19,1% des emplois. Les activités principales sont les machines, le matériel de transport et les produits chimiques. Les secteurs clés sont les technologies de l’information et de la communication, la biotechnologie, l’aéronautique, la défense et les énergies renouvelables.
  • Le secteur des services emploie près de 78,9% de la population active et contribue à plus des ¾ du PIB. Ce secteur est la force motrice de l’économie. Londres demeure la plus grande place financière européenne.
  • Répartition de l’activité économique par secteur

• secteur de la pêche est aussi très développé, mais souffre actuellement de la diminution du volume de poisson dans les lieux de pêches traditionnels.

• Le secteur secondaire représente 21,6% du PIB et absorbe 19,1% des emplois. Les activités principales sont les machines, le matériel de transport et les produits chimiques. Les secteurs clés sont les technologies de l’information et de la communication, la biotechnologie, l’aéronautique, la défense et les énergies renouvelables.

• Le secteur des services emploie près de 78,9% de la population active et contribue à plus des ¾ du PIB. Ce secteur est la force motrice de l’économie. Londres demeure la plus grande place financière européenne.

Répartition de l’activité économique par secteur

Principaux produits exportés en 2011: voitures de tourisme et autres véhicules (6,8%), huiles de pétrole ou de minéraux bitumineux (6,1%), huiles bruts de pétrole (5,8%), médicaments (5,3%) et turboréacteurs et turbopropulseur (4,0%).

Principaux produits importés en 2011: huiles bruts de pétrole ou de minéraux bitumineux (7,1%), voitures de tourisme et autres véhicules (5,4%), huiles de pétrole (3,9%), médicaments (2,7%) et parties et accessoires de tracteurs (2,4%).

b. Investissements Directs Etrangers au Royaume-Uni:

  • Le Royaume-Uni est la 2ème destination des flux d’IDE en Europe, juste derrière la Belgique et la 7éme mondiale;
  • Le flux des IDE au Royaume-Uni a enregistré 53,95 MM USD en 2011, contre 50,60 MM USD en 2010, soit une augmentation de 6,62 % ;
  • Les stocks des IDE ont connu une tendance haussière, passant de 1056,37 MM USD en 2009 à 1198,87 MM USD en 2011, soit une évolution annuelle moyenne de près de 6,59%;
  • Les secteurs dans lesquels investissent les opérateurs étrangers sont: les services financiers, l’aéronautique, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les énergies renouvelables et l’agroalimentaire.

Atouts de l’économie du Royaume-Uni:

  • Un environnement favorable pour les investissements ;
  • Un marché très compétitif;
  • Un rang mondial important;
  • Une main-d’œuvre qualifiée et créative;
  • Un bon réseau informatique;
  • Une bureaucratie relativement simple.

Contraintes de l’économie du Royaume-Uni :

  • Une influence du secteur financier dans le PIB;
  • Une insuffisance de l’investissement en infrastructures de transports;
  • Un écart croissant dans la répartition des richesses;
  • Une mauvaise qualité des infrastructures;
  • Un haut niveau de compétitivité de la part des entreprises étrangères dans le secteur industriel.
  1. Coopération économique et commerciale : 
  1. Panorama économique:
    1. Echanges commerciaux :

Les échanges commerciaux entre le Maroc et le Royaume-Uni ont enregistré une valeur de 13,62 MM DH en 2012, faisant de ce pays le 11éme partenaire commercial du Maroc en 2012;

      • Les importations ont atteint 8,47 MM DH, soit une part de 2,2 % dans le total des importations;
      • Quant aux exportations, elles ont enregistré 5,15 MM DH, soit 2,8 % du total des exportations;
      • La balance commerciale est ainsi caractérisée par un déficit au détriment du Maroc, enregistrant un montant de 3,33 MM DH ; avec un taux de couverture des importations par les exportations de 61% ;
      • Le Royaume-Uni a occupé le 13éme rang en tant que fournisseur et le 9 éme rang en tant que client.

Pour le 1er semestre 2013, les échanges commerciaux ont connu une baisse par rapport à la même période 2012, soit 19,43% pour les importations et 9,59% pour les exportations.

    1. Les Investissements directs britanniques au Maroc

En 2012, les investissements directs du Royaume-Uni au Maroc ont totalisé 833 M DH, représentant 2,6% du total des IDE au Maroc.

Le Royaume-Uni a occupé en 2012 le 8ème rang en tant qu’investisseur direct étranger au Maroc.

    1. Les recettes MRE:

En 2012, les recettes des MRE ont totalisé près 1,42 MM DH, soit près de 2,5% du total.

  1. Evolution de la coopération économique entre le Maroc et le Royaume-Uni
  1. Evolution des échanges commerciaux :
  • La valeur des échanges commerciaux est passée de 14,39 MM DH en 2008 à 13,62 MM DH en 2012, soit une évolution annuelle moyenne de près de 2,53% entre 2008 et 2012.
  • Les importations ont enregistré 8,47 MMDH en 2012, contre 7,18 MMDH en 2011, soit une évolution de près de 17,97%. Celles-ci ont connu une évolution annuelle moyenne de 4,09%, entre 2008 et 2012 ;
  • Quant aux exportations, elles ont affiché une hausse de près de 5,32 %, passant de 4,89 MMDH en 2011 à 5,15 MM DH en 2012. Celles-ci ont connu une évolution annuelle moyenne de 0,93%, entre 2008 et 2012.
  • Le taux de couverture a enregistré 61% en 2012.

Principaux produits exportés en 2012 :

Machines, appareils électriques (27,73%), vêtements et accessoires de vêtement (17,59%), fruits comestibles, écorces d’agrumes (10,19%), légumes, plantes, racines et tubercules alimentaires (7,41%), engrais (4,86%), combustibles minéraux, huiles minérales (3,09%) et préparations de viandes, de poissons/crustacés/mollusques (2,56%).

Principaux produits importés en 2012 :

Combustibles minéraux, huiles minérales (31,82%), voitures automobile, tracteurs, cycles et autres véhicules (16,58%), fonte, fer et acier (8,66%), perles fines (8,27%) et  machines, réacteurs nucléaires, chaudières (7,84%).

  1. Evolution des investissements directs étrangers britanniques au Maroc

  • Le flux des IDE britanniques au Maroc a enregistré 833 M DH en 2012, contre 979,9 M DH en 2011, soit une baisse de 15%. Ce flux a enregistré une évolution annuelle moyenne de -8,57 entre 2008 et 2012.
  1. Le Conseil d’affaires maroco-britanniques :

Le Conseil d’affaires maroco-britanique a été créé en 2001 dans le but d’optimiser les grandes opportunités d’affaires existantes. En 2010, il s’est réuni sous la coprésidence de Mostafa Terrab, PDG du Groupe OCP, et de M. Robert Gray, de la HSBC, du côté britannique. Les secteurs de l’industrie automobile, de l’aéronautique et de l’agriculture ont été au centre des débats.

Plusieurs responsables et hommes d’affaires marocains et britanniques ont pris part à cette session, dont l’ouverture a été marquée par la présence S.A. Lalla Joumala Alaoui, Ambassadeur du Maroc en Grande-Bretagne, et M. Tim Morris, Ambassadeur britannique au Maroc.

  1. Recommandations :
  1. Exportations :

L’impact de la crise sur la valeur des exportations marocaines sur le Royaume Uni indique la fragilité de l’intégration économique avec ce pays. La nature des produits exportés, des produits traditionnels et de faible valeur ajoutée ne reflètent pas les nouvelles compétences industrielles du Royaume du Maroc, notamment les produits issus des métiers mondiaux du Maroc, notamment les produits électroniques, l’automobile et pièces automobiles, les pièces aéronautiques..

L’idée est de faire valoir plus agressivement ces produits à l’occasion de prochains forums économiques et missions d’hommes d’affaires spécialisées.

  1. Investissements :

La faiblesse des investissements britanniques et leur évolution au Maroc indiquent également que les agences de promotion marocaines, malgré la multiplicité des missions effectuées à Londres, n’ont pas réussi à convaincre les investisseurs britanniques.

Dans la perspective de positionner le Maroc comme plateforme d’investissement et d’export pour les investisseurs britanniques, il serait indiqué de les solliciter et de les intéresser à investir dans des secteurs dans lesquels ils détiennent une certaine expertise, notamment :

  • Le secteur aéronautique ;
  • Les énergies renouvelables et environnement ;
  • Le secteur financier et bancaire (Place Financière de Casablanca) ;
  • L industrie des technologies de l’information et de Communication ;
  • Les logiciels ;
  • La biotechnologie ;
  • L’agro-alimentaire.
  1. Conseil d’Affaires :

Créer les conditions favorables pour que le conseil d’affaires se réunisse de manière plus régulière. Sachant que la CGEM travaille actuellement à redynamiser l’ensemble des Conseils d’affaires marocains, il y’a lieu d’identifier des personnes disponibles et intéressées pour établir un plan d’action bilatéral qui intègre les priorités des deux parties et puisse en assurer effectivement un suivi minutieux.

  1. Coopération Economique :

La coopération économique adoptée par le Royaume Uni s’inscrit plus dans un cadre multilatéral, tel qu’à travers «Tthe Arab Partenership initiative ». Par ce Partenariat qui vise le soutien aux réformes politique et économique des pays de la région MENA, le Royaume Uni entend travailler avec des institutions internationales, le G8 et l’UE pour notamment :

  • Soutenir la croissance économique des pays concernés, notamment ceux du printemps arabe, avec un accent particulier accordé aux femmes et aux jeunes ;
  • Renforcer la Démocratie participative ;
  • Renforcer la liberté d’expression ;
  • Promouvoir la bonne gouvernance (transparence, reddition des comptes, lutte contre la corruption..)

Pour le Maroc, «The Arab Partenership » pourra constituer un outil important pour notamment encourager une intégration économique régionale, utile pour l’édification de l’UMA.

Cependant, il serait opportun d’inviter les britanniques à mettre en place un instrument de coopération économique dans un cadre bilatéral et pour ce faire, il convient de les approcher davantage et faire connaître aux mieux les opportunités offertes par le Maroc dans des secteurs pour lesquels le Royaume Uni possède un avantage comparatif.

Tags : Maroc, Royaume Uni, coopération,

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