De plus en plus de revers pour le Maroc : En attendant la visite de Ban Ki-moon dans la région

Par Meriem ALI MARINA
L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, avait effectué en septembre dernier dans les camps de réfugiés sahraouis, dans le cadre des efforts de l’ONU visant à relancer les négociations entre le Front Polisario et le Maroc, dans l’impasse du fait de l’intransigeance de Rabat. La visite de trois jours de l’émissaire onusien, entamée samedi 5 septembre, à Chahid El-Hafed (camps de réfugiés), est la première du genre après le rapport sur le Sahara occidental, présenté au Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, en avril dernier dans lequel il avait appelé le Front Polisario et Rabat à «redoubler d’efforts» pour négocier une «solution politique». M. Ross qui s’est fixé l’objectif de renouer les fils de dialogue entre les parties en conflit, a eu des entretiens, au cours de son déplacement, avec des membres de la délégation sahraouie chargée des négociations et de hauts responsables sahraouis, selon l’agence de presse sahraouie. A l’issue d’une réunion avec l’envoyé personnel du SG de l’ONU, le membre de la délégation sahraouie de négociation, Ahmed Boukhari, avait une nouvelle fois souligné que l’«intransigeance» du Maroc est le «seul obstacle» devant les efforts de l’ONU pour parvenir à une solution au conflit sahraoui, appelant le Conseil de sécurité à «exercer des pressions» sur le royaume marocain afin de «se conformer à la légitimité internationale». Le diplomate sahraoui avait réaffirmé que la seule solution au conflit du Sahara occidental passe par l’organisation d’un référendum «libre, juste et impartial devant permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination». Renouvelant la coopération du Front Polisario avec l’ONU, M. Boukhari avait souligné que la visite de M. Ross s’inscrit dans le cadre des efforts de l’ONU pour relancer les négociations entre le Front Polisario et le Maroc pour la décolonisation du Sahara occidental. Le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU avait également souligné que la résolution du problème du Sahara occidental «contribuera dans l’établissement de la sécurité dans la région. «La situation sécuritaire dans la région a obligé l’occupant marocain et ses alliés à réviser leurs positions négatives qui empêchent une solution définitive au conflit du Sahara occidental», avait-il ajouté. En juin dernier, Ahmed Boukhari avait déjà souligné que les autorités marocaines cherchaient à «gagner du temps» pour maintenir les choses en l’état dans les territoires sahraouis occupés. «Le Maroc veut obstruer toute possibilité de progrès dans le processus de paix. Il cherche à gagner du temps en attendant l’arrivée, dans un an, d’un nouveau secrétaire général des Nations unies, avec l’illusion que cela entraînerait l’oubli et donc l’acceptation du fait accompli», avait-il averti.
Ross réitère la position de Ban Ki-moon
L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a réitéré le 08 décembre dernier, à New York la position de Ban Ki-moon pour une solution politique garantissant le droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination. »En guise de conclusion, je souligne encore que durant mes nombreux échanges, différentes interprétations sur l’objectif de ma mission et la portée de mon mandat ont été exprimées. Pour restaurer la clarté, le secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-moon) a réitéré sa compréhension du processus dans sa déclaration du 4 novembre», a indiqué M. Ross dont une copie du briefing présenté au Conseil de sécurité, a été obtenue par l’APS. »Il (Ban Ki-moon) a souligné que le but du processus est de parvenir à un accord sur le statut définitif du Sahara occidental et il m’a chargé d’intensifier mes efforts pour faciliter l’entrée des deux parties (en conflit, le Maroc et le Front Polisario) dans des négociations sans conditions préalables et de bonne foi pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable accordant au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination», a insisté M. Ross dans son briefing au Conseil de sécurité, qui a duré deux heures et tenu sous la présidence des États Unis. M. Ross a rappelé dans les conclusions de son briefing de cinq pages, lu devant les membres du Conseil de sécurité, l’appel lancé par Ban Ki-moon en direction des deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario) pour engager rapidement des négociations directes et véritables. Il a relevé que le secrétaire général de l’ONU accordait une intention particulière à la question sahraouie qui nécessite «une solution urgente», affirmant que la persistance de ce conflit pourrait constituer «une bombe à retardement», qu’aucun acteur n’est en mesure d’atténuer les effets à lui seul. Malheureusement, selon M. Ross, ses efforts déployés durant sa navette diplomatique dans la région pour ramener les deux parties à se réunir n’ont pas été fructueux en raison de la position de l’occupant marocain. En dépit de l’avis favorable exprimé par le Front Polisario pour reprendre des négociations directes même en absence de nouvelles idées, «le Maroc a campé sur sa position en refusant d’engager de nouveaux pourparlers, a regretté le responsable onusien. Le Maroc ne voulait pas entendre parler de négociations sur le statut juridique du Sahara, pourtant exigées par l’ONU, et «voulait se limiter à des discussions sur les détails de son initiative d’autonomie», a encore regretté M. Ross. Rabat voulait en effet torpiller les actions de médiation de M. Ross en lui imposant en novembre dernier la condition de ramener d’autres parties à la table des négociations comme une partie prenante ou du moins un acteur, alors que la question sahraouie, est une affaire onusienne inscrite au chapitre des territoires à décoloniser conformément aux règles du droit international en la matière. 
Ban ki-Moon dans la région dés janvier 
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, mènera des actions d’appui aux efforts de médiation pour le règlement du conflit au Sahara occidental occupé, en effectuant une visite dans la région dès janvier prochain, a annoncé à New York son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, Christopher Ross. »Il (Ban Ki-moon) m’a demandé d’intensifier mes efforts. Et pour ajouter son propre appui au processus (de paix au Sahara occidental), il prévoit de visiter la région dès janvier», a déclaré M. Ross lors de son briefing au Conseil de sécurité de l’ONU. Au cours de cette réunion d’informations de deux heures sous la présidence des États Unis, le médiateur onusien a expliqué la position du secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara occidental et qui a été réitéré dans la déclaration de M. Ban Ki-moon faite le 4 novembre dernier. Cette visite constituera un «autre élément de pression sur le Maroc pour l’amener à coopérer avec les Nations Unies concernant la cause sahraouie», affirmait le représentant du Front Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari. «La visite du Secrétaire général de l’ONU dans la région, prévue début janvier, sera la première du genre dans le cadre des efforts consentis par Ban Ki-moon pour trouver une issue à la cause sahraouie qui se veut une question de décolonisation», a précisé M. Boukhari dans une déclaration à l’APS en marge du 14ème congrès du Front Polisario qui s’était tenu pour rappel en décembre dernier à Dahla (Camps des refugiés sahraouis). Il a estimé que la visite du SG de l’ONU dans la région était un «élément de plus qui s’ajoute aux pressions exercées sur le Maroc pour l’amener à coopérer avec l’ONU notamment après le rejet par le Maroc de sa proposition concernant la reprise des négociations directes entre le Polisario et le Royaume du Maroc». Pour M. Boukhari, la «visite onusienne qui offrira une nouvelle opportunité à la paix trouvera la coopération qu’il faut de la part du Polisario» soulignant que «si des pressions fermes et effectives ne sont pas exercées sur le Maroc, on aura manqué l’objectif de la visite du SG de l’ONU», a-t-il martelé. La visite de Ban Ki-moon devra inscrire la lutte du peuple sahraoui comme question prioritaire sur l’agenda de l’ONU notamment celui du SG et du Conseil de sécurité, a-t-il enchaîné.
Des acquis diplomatiques et juridiques 
Cela fait déjà quarante ans depuis que des milliers de Sahraouis sont clochardisés dans des camps de réfugiés établis dans le sud algérien, dans la wilaya de Tindouf plus précisément. Ces années n’ont pas été du tout repos pour ces derniers qui vivent de ce côté des Hamadas, dans des conditions inhumaines faisant face chaque jour que Dieu fait, à de multiples contraintes. Malgré la guerre et les pires conditions d’exil du peuple sahraoui soumis depuis 1975 aux aléas de la nature, vivant dans un environnement inhospitalier et dans des conditions infrahumaines la RASD est une réalité que le Maroc expansionniste n’arrive toujours pas à admettre. En ses 40 d’existence, la RASD aura accompli des miracles, au cours de ce long parcours caractérisé par une guerre d’extermination et un génocide sans précédent. La lutte du peuple sahraoui, pour son droit à l’autodétermination et son indépendance, continuait vendredi sa percée diplomatique et juridique internationale, marquant des sauts qualitatifs et historiques confortant le Front Polisario dans son juste combat. Et cette année 2105 qui s’achève, comme rappelé dernièrement par Abdelkader Taleb Omar, le premier ministre sahraoui dans un entretien (en octobre dernier) à El Djazaïr.com, a été marquée par tant d’événements. Sur le plan politique, la cause sahraouie a marqué sa présence dans maintes occasions comme ce fut le cas lors des débats de l’Assemblée générale de l’ONU. La cause sahraouie a été aussi au centre des débats lors de la réunion du 30 avril du Conseil de sécurité de l’ONU. N’oublions pas aussi de rappeler que la cause sahraouie a été débattue aussi au Parlement européen. Dernier fait en date : La Suède reconnait officiellement la RASD. Une décision ayant suscité une panique généralisée au sein du Palais Royale. Le tout est perçu par le Maroc comme étant le début de la fin. Le discours, tenu ces derniers temps par les responsables du royaume, particulièrement celui de son représentant à l’Assemblée générale de l’ONU, démontrent que le Maroc se sent de plus en plus isolé sur la scène internationale, si ce n’est les traditionnels soutiens dont il avait tout le temps jouit. Autrement dit, la cause sahraouie avance, lentement peut-être, mais à des pas rassurants nous permettent de concrétiser notre objectif principal qu’est l’indépendance du Sahara occidental. Sur le plan diplomatique, l’engagement des Nations unies à intensifier leurs efforts pour la recherche d’une solution au conflit du Sahara occidental, conformément à la légalité internationale a été réaffirmé récemment après l’annonce de la visite du secrétaire général Ban Ki-moon dans la région dans les prochains mois, afin d’«apporter lui-même une contribution» à une solution durable. Egalement, cette volonté a été soutenue par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, qui a réitéré, lors de son briefing devant les membres du Conseil de sécurité à New York, la nécessité d’engager rapidement des négociations directes et véritables entre les deux parties en conflit au Sahara Occidental, conformément aux déclarations de M. Ban Ki-moon.
L’homme du consensus 
Plébiscité, mercredi 23 décembre, à Dakhla, pour un nouveau mandat à la tête du Front Polisario, lors de son 14ème congrès national, Mohamed Abdelaziz, unique candidat à sa propre succession, a été réinvesti de la confiance de la base militante de ce mouvement de libération avec, cependant, une nouvelle feuille de route et un Front réformé à travers sa dotation de plus de moyens de contrôle. Le congrès du Front Polisario qui a duré, exceptionnellement, huit jours, dans une conjoncture particulière, marquées par des «conquêtes» diplomatiques, sort, après un long débat renforcé par un Secrétaire général porté par un plébiscite franc et un Secrétariat national, dont les membres ont été élus directement par les congressistes. Le Front Polisario qui, pour la première fois depuis sa création en 1973, s’est vu obligé de prolonger ses travaux pour trois journées supplémentaires, sort, également, avec l’image d’un mouvement de libération qui, en dépit de son caractère d’organisation de résistance populaire au colonialisme, vient de réussir sa mue en un mouvement démocratique dans son fonctionnement. Ainsi, les amendements introduits dans le statut général du Front, adoptés par les congressistes, mettent en avant l’attachement de la base militante du Polisario au fonctionnement démocratique de leur mouvement. Quarante ans après la proclamation de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) et quarante deux ans après la création du Front de libération de la Seguia El Hamra et Rio de Oro (Front Polisario), ce congrès, qui est la plus haute instance de l’édifice institutionnel et politique sahraoui, vient de consacrer l’image d’un Front qui consolide ses fondements démocratiques et qui rénove ses modes de fonctionnement. La reconduction de M. Abdelaziz à la tête du Front conforte, aussi, le leadership du Polisario sur l’ensemble des instances de la République sahraouie proclamée en exil, comme elle exprime, selon de nombreux observateurs présents à ce conclave, l’attachement des Sahraouis à un règlement pacifique de ce conflit, à travers l’application de leur droit à l’autodétermination sous les auspices des Nations-Unies. 
Une position inchangée, «historique et courageuse» de l’Algérie 
Le Front Polisario a salué à la fin des travaux de son 14ème congrès, la position «de principe, historique et courageuse» de l’Algérie vis-à-vis de la cause du peuple sahraoui et son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Dans son communiqué final, le Front Polisario s’est félicité du soutien inconditionnel et indéfectible de l’Algérie au peuple sahraoui dans son combat pour l’indépendance, saluant la position «de principe, historique et courageuse» de l’Algérie, gouvernement et peuple, et à sa tête le président de la République Abdelaziz Bouteflika, à l’égard de la cause du peuple sahraoui. Un soutien qui reflète, a-t-il soutenu, «la fidélité de l’Algérie aux principes de la glorieuse révolution du 1er novembre». Le Front Polisario a salué également la participation distinguée de la délégation algérienne aux travaux du congrès. Auparavant, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), en marge d’une rencontre avec le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé qu’en « Algérie, il existe une conviction profonde de la légitimité de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance». «On a constaté l’admiration des délégations étrangères présentes au Congrès de la qualité de la participation algérienne à cet évènement», a poursuivi Saïd Ayachi. Le Président du CNASPS a également estimé que «le peuple algérien, qui avait longtemps souffert du joug du colonialisme, ressent profondément l’injustice subit par les Sahraouis». Le dossier sahraoui a connu ces derniers temps, selon lui, des «avancées notables», citant dans ce sens l’appel du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour relancer des négociations directes de paix entre l’occupant marocain et le Front Polisario sur des bases «sincères». Lors de son allocution à l’ouverture des travaux du congrès, qui a rassemblé 2472 congressistes, le ministre des Moudjahidines, Tayeb Zitouni, qui a conduit la délégation algérienne, avait indiqué que sa participation au congrès reflète l’attachement de l’Algérie aux principes de l’autodétermination des peuples. Le ministre avait, dans ce sens, affirmé que l’Algérie, qui a laissé son empreinte dans la décolonisation, «va continuer à soutenir le peuple sahraoui jusqu’à ce qu’il parvienne à exercer tous ses droits garantis par la légitimité internationale.»
M. A. M.

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